vendredi 4 décembre 2020
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Covid-19 : immense espoir après l’annonce par Pfizer d’un vaccin « efficace à 90% »

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Espoir mondial face au virus, le groupe pharmaceutique américain Pfizer a annoncé lundi que son candidat vaccin était efficace "à 90%" contre le Covid-19, au moment où le président élu des États-Unis Joe Biden met en place une cellule de crise pour tenter de juguler la pandémie dans son pays, de loin le plus affecté de la planète.

Publié le 09/11/2020 à 9:54 - Mise à jour le 09/11/2020 à 9:54
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Espoir mondial face au virus, le groupe pharmaceutique américain Pfizer a annoncé lundi que son candidat vaccin était efficace "à 90%" contre le Covid-19, au moment où le président élu des États-Unis Joe Biden met en place une cellule de crise pour tenter de juguler la pandémie dans son pays, de loin le plus affecté de la planète.

Une bonne nouvelle qui pourrait changer la donne sur le front du Covid : un vaccin développé par Pfizer et BioNtech apporte une preuve d’efficacité à « 90% » selon une annonce lundi de ces groupes pharmaceutiques, mais cet espoir reste à confirmer.

« Plus de huit mois après le début de la pire pandémie en plus d’un siècle, nous pensons que cette étape représente un pas en avant significatif pour le monde dans notre bataille contre le Covid-19 », a déclaré le président-directeur général de Pfizer, Albert Bourla, dans un communiqué.

Le président américain Donald Trump s’est réjoui sur Twitter : « la Bourse est en forte hausse, un vaccin arrive bientôt. Efficacité de 90%. Quelle excellente nouvelle ! ». Celui qui le remplacera à la Maison Blanche début janvier, Joe Biden, a vu dans cette annonce un signe d' »espoir » mais prévenu que « la bataille contre le Covid-19 » ne sera pas terminée avant « des mois ».

Dans son premier discours après l’annonce de sa victoire à la présidentielle, Joe Biden avait annoncé samedi soir qu’une cellule de crise, composée de scientifiques et d’experts, serait chargée dès lundi de bâtir un « plan qui entrera en vigueur dès le 20 janvier 2021 », jour de son investiture. Il a pris ainsi le contrepied de Donald Trump, qui a toujours minimisé la pandémie. Le port du masque « n’est pas une posture politique », a affirmé lundi le président élu, qui a « imploré » les Américains à se protéger et à protéger les autres de la pandémie.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué sur Twitter « les nouvelles encourageantes en matière de vaccin » provenant des deux firmes. « Le monde connaît une innovation et une collaboration scientifique sans précédent pour mettre fin à la pandémie ! », a-t-il ajouté. Il avait plus tôt appelé la communauté internationale à « ne pas fermer les yeux » face à la pandémie, même si le monde est « fatigué » du virus.

L' »efficacité vaccinale » du vaccin de l’américain Pfizer et de l’allemand BioNtech a été mesurée en comparant le nombre de participants infectés par le nouveau coronavirus dans le groupe qui a reçu le vaccin et dans celui sous placebo, « sept jours après la deuxième dose » et 28 jours après la première, ont expliqué les deux sociétés dans un communiqué conjoint.

Ces résultats proviennent de la première analyse intermédiaire de leur essai de phase 3 à grande échelle, la dernière avant une demande d’homologation.

L’essai de phase 3 du nouveau vaccin, BNT162b2, a débuté fin juillet et s’est appuyé sur 43 538 participants à ce jour, dont 90% ont reçu la deuxième dose de ce candidat vaccin le 8 novembre.

« Prudemment optimistes »

Pfizer a indiqué qu’il rassemblait les deux mois de données sur la sécurité après la dose finale exigée par l’autorité sanitaire américaine, la Food and Drug Administration (FDA), pour pouvoir se qualifier pour une autorisation d’utilisation d’urgence d’ici la troisième semaine de novembre.

Sur la base de projections, les entreprises prévoient de fournir jusqu’à 50 millions de doses de vaccins dans le monde en 2020 et jusqu’à 1,3 milliard de doses en 2021.

Le Dr Richard Hatchett, PDG de la coalition internationale pour le développement de vaccins, a qualifié d »historiques » ces résultats intermédiaires, « extrêmement positifs et encourageants ».   

« Nous pensons que ces résultats intermédiaires augmentent également la probabilité de succès d’autres vaccins candidats Covid-19 qui utilisent une approche similaire », a-t-il relevé. 

Le vaccin Pfizer est, comme celui de la biotech américaine Moderna, basé sur la technique dite de l’ARN messager, c’est-à-dire la molécule qui dit à nos cellules ce qu’il faut fabriquer.

« Sécurité et efficacité sont les deux priorités, et chaque candidat vaccin est rigoureusement évalué par rapport à ces critères », a rappelé le Dr Hatchett.

L’ensemble complet des données n’a pas encore été publié, pointe Eleanor Riley, professeur d’immunologie et de maladies infectieuses à l’Université d’Edimbourg. Elle souligne notamment qu’on ignore « la gravité des cas (de Covid) observés au cours de l’essai ». « Mais, je pense que nous avons des raisons d’être prudemment optimistes ».

Record de vitesse

Aucun vaccin n’a encore reçu d’approbation pour une distribution commerciale à grande échelle. Mais les autorités chinoises ont donné leur feu vert à une utilisation d’urgence pour certains de ces vaccins.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dix essais cliniques de vaccins sont actuellement en phase 3 dans le monde, dont ceux de la biotech américaine Moderna, de plusieurs laboratoires étatiques chinois et du britannique AstraZeneca, en collaboration avec l’université d’Oxford. Pfizer et BioNTech sont les premiers à rendre publics des résultats intermédiaires de ces essais.

En Russie, une grande partie de l’élite politique a dit s’être fait vacciner par le vaccin Spoutnik V, que le gouvernement espère le déployer massivement dans les prochains mois. Fin octobre, le pays a soumis à l’OMS une demande de préqualification de ce vaccin, « enregistré » par les autorités début août, ce qui correspond en Russie à l’étape préalable à la phase finale des essais cliniques. Un deuxième vaccin russe a été enregistré mi-octobre.

Pfizer devait initialement publier ces résultats fin octobre, mais son PDG avait appelé le 27 octobre à la « patience », expliquant qu’ils n’étaient pas encore prêts. Il s’agirait cependant d’un record de vitesse pour le développement d’un vaccin, moins d’un an après l’apparition du coronavirus Sars-Cov-2 en Chine.

Selon une source européenne, l’Agence européenne des médicaments (EMA) est en train d’examiner les données du vaccin développé par Pfizer et BioNTech, et l’UE envisage toujours qu’un vaccin puisse être disponible « début 2021 ».

La Commission européenne a conclu un accord en septembre pour obtenir 200 millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech, avec une option pour 100 millions de doses supplémentaires. Et le gouvernement américain, sous l’impulsion du président Donald Trump, a signé un contrat de 1,95 milliard de dollars avec Pfizer pour la livraison de 100 millions de doses, si jamais le vaccin était approuvé.

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