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Coronavirus : des personnalités d’Outre-mer interpellent Macron sur les conséquences de la crise sanitaire

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Des personnalités, en majorité d'outre-mer, interpellent le président de la République dans une tribune, "sur les conséquences de la crise sanitaire qui pourraient être dramatiques" pour les territoires d'outre-mer, "sous la menace d'une crise économique, sociale, morale et politique sans précédents".

Publié le 18/05/2020 à 11:19 - Mise à jour le 18/05/2020 à 11:30
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Des personnalités, en majorité d'outre-mer, interpellent le président de la République dans une tribune, "sur les conséquences de la crise sanitaire qui pourraient être dramatiques" pour les territoires d'outre-mer, "sous la menace d'une crise économique, sociale, morale et politique sans précédents".

Tout en se félicitant « que la catastrophe annoncée sur ces territoires n’ait pas eu lieu », ces personnalités, emmenées par l’ancien délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’outre-mer Patrick Karam (LR), soulignent « que les territoires d’outre-mer sont passés tout près d’une hécatombe (…), même si tout danger n’est pas écarté, comme le montre la situation à Mayotte ».

Les Outre-mer comptaient lundi plus de 2 450 cas déclarés, dont plus de la moitié à Mayotte, qui enregistre aussi 18 des 50 décès recensés dans l’ensemble des territoires. 

« Cette crise a joué le rôle d’un révélateur des carences structurelles et de la paupérisation dramatique de nos territoires d’outre-mer, dénoncées année après année », écrivent les signataires, dont la chanteuse du groupe Kassav Jocelyne Beroard, les acteurs Pascal Légitimus et Firmine Ricard ou la journaliste Christine Kelly.

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« Déjà largement touchés par la pauvreté, le chômage, les retards économiques et des carences criantes des systèmes de santé et d’éducation, les territoires d’outre-mer seront, à quelques exceptions près, très durement frappés par les répercussions de cette crise sanitaire, et le choc sera plus violent pour les territoires dépendant des échanges extérieurs et du tourisme, notamment international, comme la Polynésie » et pourraient « se transformer en une véritable poudrière », insistent les signataires, qui réclament une longue série de mesures économiques, et « pour répondre à la problématique immédiate du décrochage social », demandent par exemple « la création d’un chèque permettant d’acquérir des biens essentiels ».

Ils demandent aussi que l’État « dégage les moyens d’un plan d’investissements massifs » sur « les hôpitaux, l’accès à l’eau, au traitement des déchets, à l’électricité, à l’économie numérique, verte et bleue, mais aussi des moyens pour l’éducation avec une priorisation des crédits du plan d’investissement dans les compétences (PIC), la santé, la lutte contre la pauvreté et l’illettrisme ». « Le nombre de médecins est tout aussi problématique. En 2016, une enquête révélait que la Guyane ne comptait que 55 généralistes pour 100 000 habitants contre 104 pour la moyenne nationale. Wallis-et-Futuna, Mayotte et la Polynésie font partie des plus grands déserts médicaux » est-il par ailleurs indiqué. 

« Cette crise met en lumière le profond malaise des sociétés ultramarines » et « sur ce malaise, surfent des groupuscules qui s’interrogent sur l’appartenance à l’ensemble français », écrivent encore l’ancienne championne de France et d’Europe d’athlétisme Christine Arron, la journaliste Mémona Hintermann ou l’ex-champion du monde de boxe Jean-Marc Mormeck.

Parmi les personnalités qui ont signé cette lettre ouverte, on retrouve Théo Sulpice, président de l’association Tahiti Marquise.

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