dimanche 12 juillet 2020
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Bahamas : une marée noire, l’autre malédiction de l’ouragan Dorian

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L'odeur du pétrole empeste l'air, les champs sont maculés d'une boue noire : une semaine après les dévastations de l'ouragan Dorian, l'île de Grand Bahama est confrontée à une marée noire qui complique davantage les efforts de reconstruction.

Publié le 12/09/2019 à 11:50 - Mise à jour le 12/09/2019 à 12:26
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L'odeur du pétrole empeste l'air, les champs sont maculés d'une boue noire : une semaine après les dévastations de l'ouragan Dorian, l'île de Grand Bahama est confrontée à une marée noire qui complique davantage les efforts de reconstruction.

Au cataclysme climatique s’est ajouté une catastrophe environnementale quand les vents violents se sont abattus sur le dépôt pétrolier de la société norvégienne Equinor, situé à six kilomètres à l’est du village de High Rock. Une partie des toits en aluminium de cinq des dix cuves du terminal se sont envolés et deux de ces cuves ont été transpercées, laissant s’échapper le pétrole, a indiqué à l’AFP Erik Haaland, un porte-parole de Equinor.

Le pétrole « est mortel, mortel », martèle à l’AFP Marco Roberts, 38 ans, un masque à la main. « La pollution rentre » dans le sol, polluant la nappe phréatique et « on ne peut plus utiliser l’eau pour se laver ou la boire », ajoute-t-il. Il évoque un « poison » en rappelant que du pétrole s’est déjà infiltré dans le sol, mélangé à la pluie qui est tombée la veille.

Entre les décombres de ce qu’étaient leurs maisons, une dizaine d’habitants du village de High Rock, sur la côte sud de cette île des Bahamas, ont monté une tente sous laquelle ils partagent l’aide d’urgence venue de Nassau.

50 morts, 2 500 personnes à localiser

L’ouragan a fait au moins 50 morts, et les autorités cherchent encore à localiser 2 500 personnes. Il a détruit les maisons et les vagues ont inondé le petit cimetière, ramenant à la surface plusieurs cercueils. Les champs alentours sont aussi gorgés d’eau salée.

Marco Roberts demande que les autorités des Bahamas évacuent toute la partie est de l’île ou qu’ils engagent des moyens pour empêcher le pétrole de se répandre. « Tout le monde sait ce qui se passe et nous avons besoin d’aide », supplie-t-il.

Le groupe pétrolier a assuré dans un communiqué qu’il « nettoiera la marée noire ». Des employés sécurisent la zone « mais la situation est complexe et difficile, les dégâts sur l’infrastructure ralentissant les secours » a-t-il souligné.

Deux navires transportant du matériel de dépollution sont en route depuis la Louisiane a ajouté la compagnie.

Près de son terminal pétrolier de South Riding Point, la terre est recouverte d’une pâte noire et visqueuse, et l’air est empli de l’odeur entêtante du combustible.

Les parois des cuves sont couvertes du pétrole qui s’est déversé sur le sol. L’étendue de la pollution est toujours inconnue, et on ne sait pas si le pétrole a atteint les eaux de l’océan Atlantique.

« Pas aussi idiots »

Sur la plage à proximité, Joseph Darville cherche à savoir si le pétrole a atteint la mer. Les eaux ont retrouvé leur calme et leur couleur turquoise intense, mais le paysage paradisiaque est gâché par la végétation endommagée et les débris laissés par l’ouragan de catégorie 5. Ce militant de l’ONG écologiste Waterkeepers Bahamas s’était farouchement opposé à la construction de ce terminal, sur une côte où les habitants sont dépendants du tourisme, de la pêche et où la nappe phréatique n’est qu’à un mètre sous la surface.

Les poissons qui nagent près de la plage sont un bon signe, pour le moment, dit-il. Ils viennent de la « magnifique barrière de corail », à cinq kilomètres de la côte, peuplée de vivaneaux, mérous, bananes de mer et autres homards, une industrie qui pèse 7 milliards de dollars selon lui.

La marée noire « est un signe pour que nous ne soyons pas aussi idiots dans l’avenir », conclut-il.

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