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Au moins 24 morts dans des affrontements tribaux en Papouasie-Nouvelle Guinée

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Au moins 24 personnes ont été tuées, dont des enfants et des femmes enceintes, dans un accès de violences tribales survenues au coeur d'une zone de non droit de Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Premier ministre promettant mercredi de rendre rapidement justice aux victimes.

Publié le 10/07/2019 à 10:46 - Mise à jour le 05/08/2019 à 9:21
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Au moins 24 personnes ont été tuées, dont des enfants et des femmes enceintes, dans un accès de violences tribales survenues au coeur d'une zone de non droit de Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Premier ministre promettant mercredi de rendre rapidement justice aux victimes.

D’après les autorités locales, les meurtres ont été perpétrés sur trois jours dans la province de Hela, région escarpée de l’ouest du pays, par des tribus rivales qui se disputent apparemment le contrôle de l’or enfoui dans ces terres riches en matières premières.

Les tribus des Hautes-Terres se livrent bataille depuis des siècles mais les affrontements sont devenus plus meurtriers avec l’afflux d’armes automatiques.

L’administrateur de la province de Hela, William Bando, a dit redouter un bilan supérieur. « Nous attendons toujours les informations du jour de nos responsables sur place », a précisé à l’AFP M. Bando, qui demande des renforts de 100 policiers pour épauler une quarantaine d’hommes sur le terrain.

Ces violences ont choqué dans ce pays pauvre du Pacifique, y compris le nouveau Premier ministre, James Marape, dont la circonscription électorale comprend le district où elles se sont produites. Il a annoncé l’envoi de forces de sécurité supplémentaires et prévenu les auteurs que leur temps était « compté ». « C’est un des jours les plus tristes de ma vie », a-t-il écrit dans un communiqué, déplorant les meurtres de « nombreux » femmes et enfants à Karida et Munima, des villages de sa circonscription.

À Karida, six femmes, huit enfants ainsi que deux femmes enceintes ont été tués à coups de machette et par armes à feu en 30 minutes de tuerie.

Pills Kolo, un employé des services de santé qui a publié sur les réseaux sociaux des images de dépouilles enveloppées dans des filets anti-moustiques en guise de sacs mortuaires, a déclaré qu’il était difficile de reconnaître certains morceaux de corps.

« La peine de mort est inscrite dans la loi »

Sur des images transmises par la police locale, on voyait les corps de deux enfants, dont l’un présentait des blessures à la tête. D’après les médias locaux, cette attaque semblait avoir un rapport avec le meurtre la veille de six personnes tombées dans une embuscade.

Le Premier ministre a imputé la responsabilité des violences à trois chefs de guerre alliés qui se sont affrontés à la tribu Tagali pour la possession de gisements d’or. « Aux criminels armés, je dis que vos jours sont comptés. Vous allez apprendre des leçons de ce que je fais aux criminels qui tuent des gens innocents. Je ne crains pas de prendre les plus fortes mesures contre vous », a ajouté le dirigeant, rappelant que « la peine de mort est inscrite dans la loi ».

Les violences tribales sont monnaie courante dans les Hautes-Terres, alimentées par des contentieux anciens découlant de viols ou de vols, ou par des conflits sur les frontières tribales et l’accès aux ressources. Mais il s’agit de l’incident le plus grave depuis des années et les autorités, qui ne disposent que de 40 policiers et 16 soldats dans la zone, d’après M. Bando, peinent à faire face.

Dans la province voisine d’Enga, un accès de violence similaire a entraîné la création d’une garnison militaire improvisée et le déploiement d’une compagnie comptant une centaine de soldats sous le commandement d’un major formé à l’académie royale britannique de Sandhurst. Mais là aussi, les forces de sécurité manquent de moyens dans un terrain difficile.

D’après M. Bando, 35 policiers chargés actuellement de la sécurité d’un projet gazier d’ExxonMobil voisin vont être redéployés « pour aider les gens sur le terrain à assurer la sécurité des familles ».

« Comment une province de 400 000 habitants peut-elle fonctionner dans le respect de la loi et de l’ordre avec moins de 60 policiers ? »

James Marape, Premier ministre de la Papouasie-Nouvelle Guinée

Le Premier ministre n’a pas fourni de détails sur les déploiements de sécurité mais semble exaspéré par la situation actuelle. « Comment une province de 400 000 habitants peut-elle fonctionner dans le respect de la loi et de l’ordre avec moins de 60 policiers ? », s’est-il agacé.

SourceAFP

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