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Covid-19 : « Je vais m’isoler mais il fallait me le dire plus tôt »

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Pour les personnes surveillées par le Bureau de Veille Sanitaire (BVS), notamment les cas contact ou possiblement porteuses du virus, c’est un peu le parcours du combattant. Plusieurs d’entre-elles que TNTV a contactées disent rencontrer des difficultés pour obtenir des informations claires du BVS et obtenir les résultats de leurs tests. « Je n’ai pas eu une seule fois le même son de cloche, ni le même interlocuteur », grogne l’une d’elles.

Publié le 17/08/2020 à 17:43 - Mise à jour le 17/08/2020 à 18:02
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Pour les personnes surveillées par le Bureau de Veille Sanitaire (BVS), notamment les cas contact ou possiblement porteuses du virus, c’est un peu le parcours du combattant. Plusieurs d’entre-elles que TNTV a contactées disent rencontrer des difficultés pour obtenir des informations claires du BVS et obtenir les résultats de leurs tests. « Je n’ai pas eu une seule fois le même son de cloche, ni le même interlocuteur », grogne l’une d’elles.

En une semaine, l’activité du Bureau de Veille Sanitaire et de l’Institut Louis Malardé a bondi avec l’explosion des cas de coronavirus et de personnes contact.

Il y a une dizaine de jours, Stéphane* a participé à une soirée dans un bar en présence de possibles porteurs de la Covid-19. Apprenant les choses le lendemain, il s’est empressé de contacter le BVS. Lundi, on le rappelle pour lui dire qu’il n’y avait finalement pas de cas dans le lieu où il se trouvait. Le lendemain, marche arrière : il y en aurait peut-être. Jeudi, il est donc dépisté.

« J’ai rappelé le jour même le BVS pour savoir quand j’aurai les résultats. On m’a dit que si je n’avais pas d’appel dans les 72 heures, c’est que j’étais négatif. Mais on m’a demandé de me mettre en quatorzaine alors qu’au début on me parlait juste des gestes barrières. Je vais m’isoler mais il fallait me le dire plus tôt. J’ai entendu tout et son contraire dans la même journée. Je n’ai pas eu une seule fois le même son de cloche, ni le même interlocuteur », témoigne-t-il.

Il restera donc confiné à domicile jusqu’au 24 août avec son épouse et leur enfant pour ne prendre aucun risque.

Moetia* a, elle, été en contact avec une personne porteuse. En début de semaine, elle a été orientée vers un dépistage. Et pour elle aussi, pas de résultat disponible.

« À Malardé on m’a dit que c’est le BVS qui les donnait. Mais le BVS m’a dit l’inverse. Finalement Malardé m’a expliqué que si je n’avais pas d’appel dans les 72 heures, c’est que c’était bon. Samedi j’ai quand même rappelé le BVS et là on m’a appris que je devais respecter une quatorzaine et voir mon médecin pour obtenir un arrêt. Mais on ne t’oblige à rien en fait. On te dit juste ‘reste chez toi ‘», soupire la jeune femme.

Ce lundi, le ministre de la Santé a éclairci ce point lors d’une conférence de presse : seules les personnes positives seront informées des résultats. « On ne peut pas prendre le temps de contacter des milliers de personnes pour leur dire que leur test est négatif. Qu’elles se rassurent », a déclaré Jacques Raynal.

Cette absence de trace écrite officielle, c’est ce qui pose pourtant problème à Mathieu. Il a fréquenté une personne porteuse il y a une dizaine de jours et lui aussi a été dépisté et s’est mis en quatorzaine. « Dans mon cas, la personne du BVS que j’ai eue a été très claire sur ce que je devais faire.  J’ai bien été pris en charge ».

« J’ai des clients qui refusent de me voir »

Mathieu, testé

Là où le bât blesse, c’est que lui aussi voudrait obtenir ses résultats ou tout autre document lui permettant de justifier de sa situation.

Car aux yeux de cet entrepreneur, ce vide peut avoir de lourdes conséquences juridiques : « Je n’ai rien au niveau de mes assurances pour justifier de mes absences sur des chantiers, ce qui est impératif dans mon métier. On pourrait au moins recevoir un mail ou un SMS pour nous dire qu’on est négatif et qu’on a effectué la quatorzaine. J’ai des clients qui refusent de me voir. Cela créé une problématique professionnelle importante », estime-t-il.

« En ce qui concerne les salariés, seules les personnes positives pourront bénéficier d’un arrêt de travail pour une durée de 10 jours » et elles seront « les seules à obtenir une attestation de sortie », a indiqué Jacques Raynal. Mais interrogé sur le sujet par la suite, il a assuré que les personnes qui auraient besoin d’un justificatif dans le cadre de leur travail l’obtiendraient.

In fine, les tests de Stéphane, Moetia et Mathieu se sont révélés négatifs. Tous sont en effet parvenus à obtenir les résultats… sous le manteau, grâce au copinage, donc sans trace écrite.

« Ça, c’est le bon côté de Tahiti même si je n’ai toujours aucun document », sourit Mathieu.

*Prénoms d’emprunt

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