Abandonné par ses parents en forêt, il survit seul 6 jours

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Publié le 02/06/2016 à 6:13 - Mise à jour le 02/06/2016 à 6:13

Le petit Yamato Tanooka, dont la disparition a soulevé l’émotion dans le pays et des critiques acerbes envers les parents, a été découvert par un soldat dans un camp d’entraînement militaire, selon les autorités japonaises, après avoir apparemment marché quelque 5 km et demi dès le jour de sa disparition samedi, à travers la dense forêt habitée par des ours.
 
« Il n’avait pas de blessure externe visible et il s’est présenté comme Yamato Tanooka », a confirmé un représentant de la police, Tomohito Tamura. « Pendant six jours il n’a pour ainsi dire bu que de l’eau », a déclaré un médecin qui l’a examiné, ajoutant qu’il était un peu déshydraté et que sa température était légèrement basse.
 
Les télévisions montraient des images d’une pièce sombre en forme de demi cylindre en tôle, avec des matelas étalés à même le sol. Le petit garçon a dit s’être glissé entre deux matelas pour se garder du froid, selon un responsable de l’armée interrogé sur la chaîne publique NHK. La température était descendue vendredi à l’aube dans la région à 4,6°C.
Selon Nippon TV, il a pu boire pendant tout son séjour grâce à un robinet à l’extérieur du local. 
 
L’enfant « avait l’air en bonne santé » mais a cependant été transporté à l’hôpital par hélicoptère, a raconté à l’AFP Manabu Takehara, un porte-parole des forces d’autodéfense. Il avait faim et le soldat qui l’a découvert lui a donné à manger, a raconté le militaire.
 
Une photographie prise vendredi et diffusée par les chaînes de télévision montre le garçon coiffé d’une casquette de baseball, vêtu d’un T-Shirt et tenant d’une main une boule de riz et de l’autre une boisson, le regard fermement planté dans l’objectif.
 
« Mon acte excessif a forcé mon fils à vivre des moments pénibles », a confié le père, Takayuki Tanooka, à la presse à la sortie de l’hôpital, les yeux baissés. « Je présente de profondes excuses à son école, aux secouristes et à tout le monde pour avoir créé tous ces ennuis ».
« La première chose que j’ai dite à mon fils est : « Je te demande pardon pour t’avoir fait souffrir par ma faute » », a-t-il relaté, ajoutant que Yamato avait hoché de la tête. 
 
« A quel point Yamato a-t-il perdu confiance en ces parents ? J’espère que des spécialistes vont apporter une thérapie adéquate et attentive à tous les membres de la famille », a commenté sur son blog Naoki Ogi, professeur spécialiste de l’éducation à l’université privée Hosei et un habitué des médias. 
L’affaire avait déclenché dès son début un déchaînement de critiques anonymes envers les parents certains parlant d’« abus ». 
 
Un débat sur l’éducation s’est fait jour dans un pays souvent perçu à l’extérieur comme très porté sur la discipline et le travail mais où, comme dans d’autres pays développés, les parents sont devenus plus indulgents.    
 
Certains évoquaient la difficulté d’être parent. « Cette affaire pourrait nous donner l’occasion de réfléchir sur notre relation avec les enfants », disait un tweet. Un autre se demandait si « toute forme de discipline stricte devrait être appelée abus ». Un internaute rejetait les insultes proférées ça et là contre le père, disant qu’il « n’avait pas voulu rentrer sans l’enfant ».
 
Juste après l’issue heureuse, l’on s’étonnait surtout de la capacité de survie du garçonnet. « Comment un enfant peut-il survivre avec seulement de l’eau ? », demande un internaute. Et un alpiniste de renom, Ken Noguchi, qui a conquis l’Everest, s’émerveille : « S’il a survécu tout seul, c’est un miracle incroyable ». « Ne ferait-il pas un bon candidat pour les unités d’élite de l’armée ? », s’interroge un tweet.  
Quelque 200 soldats, pompiers, policiers et bénévoles s’étaient mobilisés pour les recherches.
 
Le petit, sa soeur aînée et leurs parents se promenaient lorsque le couple a perdu patience face au comportement du garçon, qui jetait des pierres sur des voitures et des passants, avaient rapporté la police et des médias.
Sur le trajet du retour, les parents avaient fait sortir Yamato de leur voiture avant de poursuivre leur chemin sur une distance de quelque 500 mètres. Ils ont affirmé être revenus sur le site immédiatement mais le garçon n’était plus à l’endroit où ils l’avaient laissé. 

AFP

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