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Le drame des violences conjugales en Polynésie française

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La secrétaire d’État Marlène Schiappa a annoncé mettre en place un Grenelle spécifique aux territoires d’outre-mer le 25 novembre. Quel est le constat de cette violence en Polynésie et quelles sont les aides dont bénéficient les victimes ?

Publié le 12/09/2019 à 13:46 - Mise à jour le 12/09/2019 à 16:15
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La secrétaire d’État Marlène Schiappa a annoncé mettre en place un Grenelle spécifique aux territoires d’outre-mer le 25 novembre. Quel est le constat de cette violence en Polynésie et quelles sont les aides dont bénéficient les victimes ?

La création de 1 000 nouvelles places d’hébergement et de logements d’urgence à partir de janvier 2020, une caution locative gratuite pour les victimes, une plateforme de géolocalisation pour identifier les hébergements les plus proches… : ce sont les premières mesures d’urgences du premier ministre Edouard Philippe à l’ouverture du débat spécifique sur la violence conjugale dans les outre-mer.

Ajoutés à cela, la création d’un volet spécifique pour les territoires d’Outre-mer en novembre. Autant de leviers pour protéger le plus rapidement possible les victimes.

Mais en Polynésie, malgré un taux de violences conjugales de 14%, l’État et le Pays travaillent déjà le sujet. Et depuis quelques années, les établissements s’accordent à dire que le féminicide n’est clairement plus un sujet tabou. Le “téléphone grave danger” a été actionné. Mais le plus simple pour ces victimes, ce sont les associations ou le centre territorial des droits des femmes et des familles de Papeete où 1 500 dénonciations ont été déposées au cours de l’année 2016, dont une centaine ont abouti à des plaintes au tribunal.

“Si elles se sentent en danger chez elles, immédiatement, elles peuvent appeler le 17” explique Sandrine Noilou, juriste au centre d’information des droits des femmes et des familles (CIDFF). “Souvent, elles ne sont pas passées par la gendarmerie ou par le médecin. Le médecin doit la voir et fournir un certificat médical. Après, nous regardons aussi la partie hébergement. Parce qu’elle ne retournera peut-être pas dans le même local que son ‘bourreau'” ajoute Thilda Haerehoe, présidente du CIDFF.

À ce jour, c’est le Foyer de la Samaritaine et le Pu No te Hau qui accueillent ces femmes blessées. À Pirae, elles sont plus de 300 à avoir été hébergées dans le foyer depuis janvier, c’est deux fois plus que l’an dernier. Avec ou sans enfant, la reconstruction n’est pas facile. Certaines avouent vouloir renouer avec leur mari, malgré les blessures physiques et morales.

Le terrain qui pourrait accueillir les trois modules de Pu No te Hau.

Si les victimes sont soutenues, les dispositifs d’aides aux agresseurs sont encore infimes. La direction du Pu No te Hau en partenariat avec le Conseil des femmes, réfléchissent à son extension : trois modules supplémentaires pourraient voir le jour sur un terrain. Le projet est à l’étude. “Le premier module aura une capacité de 10 personnes, pour mères et enfants, le deuxième sera réservé à la construction de dix studios réservés à la location pour les femmes seniors, et enfin, le troisième module sera destiné à la location de salles pour y tenir des conférences etc.” précise Rowena Tuhoe, directrice du centre.

Hormis l’accompagnement et l’écoute dont disposent ces victimes conjugales au sein de ces foyers d’accueil, elles disposent aussi de l’aide précieuse des associations, telle que l’association Vahine Orama no Raromatai. En effet, depuis six ans déjà, Laurence Vaiho, présidente de l’association, vient en aide aux victimes de violences conjugales avec d’autres bénévoles. Un rôle qu’elle tient 24 heures sur 24 heures et 7 jours sur 7. 

Chaque année, une vingtaine de femmes sont violentées aux îles Sous-le-Vent, mais il y en a beaucoup d’autres qui n’osent pas dénoncer ces brutalités. “La plupart des violences ont lieu durant les jours de fête. En un soir, je peux recevoir deux victimes” a constaté Laurence.

Fautes de structures d’accueil et surtout de moyens, c’est ici que ces femmes de Raiatea et Tahaa trouvent refuge. Un séjour de trois jours maximum financé par l’association, pour récupérer et trouver une alternative. “Je les aide pour leurs démarches, à porter plainte, et à quitter leur île pour être dans des centres à Tahiti” poursuit la présidente de Vahine Orama no Raromatai.

Avec le temps, les relations entre l’association et la gendarmerie se sont consolidées. Un avantage puisque ce sont des partenaires essentiels pour contrer ce fléau.

Lire aussi : Une marche contre la violence samedi à Papeete

Outre une petite subvention de la commune de Uturoa, l’association doit multiplier les levées de fonds pour financer ses actions. Elle demande également qu’un centre d’accueil soit mis en place aux îles Sous le-Vent.

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