dimanche 13 octobre 2019
A VOIR

|

Sur les réseaux sociaux, les incendies en Amazonie et la désinformation

Publié le

Les importants incendies en Amazonie qui ont été la première tendance mondiale sur Twitter mercredi sous le mot-dièse #PrayForAmazonas ont donné lieu à la publication de nombreuses images n'ayant aucun rapport avec les feux en question.

Publié le 21/08/2019 à 17:16 - Mise à jour le 21/08/2019 à 17:34
Lecture 4 minutes

Les importants incendies en Amazonie qui ont été la première tendance mondiale sur Twitter mercredi sous le mot-dièse #PrayForAmazonas ont donné lieu à la publication de nombreuses images n'ayant aucun rapport avec les feux en question.

Des images impressionnantes de feux de forêt, apparemment en Amazonie, ont déclenché une tempête virale sur les réseaux sociaux, aggravée par les insinuations du président brésilien Jair Bolsonaro selon lesquelles des ONG auraient provoqué les incendies. Des internautes, y compris avec des comptes certifiés, ont publié des images anciennes ou prises loin du “poumon de la planète”, parfois même loin du Brésil.

Jair Bolsonoro s’en est pris aux ONG au lendemain de la publication de statistiques faisant état d’une progression alarmante des feux de forêt au Brésil, tout particulièrement en Amazonie. 

Lundi, Sao Paulo (sud-est), première métropole du pays, avait été recouverte en plein après-midi d’un nuage noir apparemment dû à des feux de forêt à des milliers de kilomètres de là. Sur Twitter, le mot-clé #PrayforAmazonas (Prions pour l’Amazonie) était la première tendance mondiale. De nombreux internautes s’indignaient en postant des photos et vidéos montrant des pans entiers de forêt dévorés par des rideaux de flammes. “Seize jours que la forêt amazonienne brûle et personne n’est au courant”, déplorait un internaute. “Notre maison brûle et nous regardons ailleurs”, s’indignait un autre. Mais certaines des images abondamment partagées étaient anciennes, montrant par exemple des feux en Amazonie remontant à 1989, ou concernant d’autres États brésiliens, ou même pays, tels l’Inde ou les États-Unis.

Animaux calcinés

L’image d’un singe enlaçant un bébé, apparemment mort brûlé, a été l’une des plus virales.

Mais elle a été prise par le photographe indien Avinash Lodhi à Jabalpur

La photo d’un lapin calciné figure dans diverses publications mais cet animal lui non plus n’a pas été victime des feux de forêt en Amazonie.

Il a été photographié alors qu’il fuyait les flammes à Woolsey, en Californie, en novembre 2018.

Incendies ravageurs

Une photo sur laquelle on voit une forêt presque entièrement carbonisée avec en son milieu un arbre solitaire a bien été prise en Amazonie mais il ne s’agit pas des feux de forêt actuels. Elle a été prise le 4 août 2017 par un photographe de l’agence Reuters, Bruno Kelly, pendant l'”Opération vague verte”, un incendie contrôlé de l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables, l’Ibama.

Une autre image montre une vaste forêt et de grandes colonnes de fumée. Mais la photographie date de 1989. L’acteur Jaden Smith, par exemple, l’a partagée mercredi sur son compte Instagram, où elle a eu plus de 1,2 million de “likes”. L’image a été prise par un photographe de Sipa Press et publiée par The Guardian en 2007 dans un supplément sur la déforestation en Amazonie. 

Une photo, prise au niveau du sol, où les flammes dévorent des arbres a été réalisée en Amazonie… mais le 22 novembre 2014.

L’image a été prise dans l’État brésilien de Maranhao (nord-est) par le photographe Mario Tama, de l’agence Getty Images.

Une autre image d’une forêt en feu a été prise par le photographe John McColgan le 6 août 2000 dans le Montana, aux États-Unis, dans la zone de la rivière Bitteroot. Deux orignaux tentent de fuir les flammes.

“C’est la guerre”

Le mot-dièse était également en haut du classement sur le réseau social au Brésil, suivi du hashtag “ONGs”, suite aux déclarations de Jair Bolsonaro.

Le président brésilien a insinué que des ONG pourraient avoir provoqué les incendies afin d'”attirer l’attention” sur la suspension par Brasilia des subventions à la préservation du “poumon de la planète”. “Il pourrait s’agir, oui, il pourrait, mais je ne l’affirme pas, d’actions criminelles de ces +ONGéistes+ pour attirer l’attention contre ma personne, contre le gouvernement brésilien. C’est la guerre à laquelle nous sommes confrontés”, a lancé le chef de l’État devant des journalistes à Brasilia.

Les feux de forêt ont augmenté de 83% depuis le début de cette année au Brésil par rapport à l’ensemble de 2018, a annoncé mardi l’INPE, un institut officiel. La hausse a été particulièrement alarmante dans les États occupés en totalité ou partiellement par la forêt amazonienne, comme celui du Mato Grosso (centre-ouest), avec 13 682 départs de feu (+87%).

Jair Bolsonaro n’a apporté aucun élément pouvant étayer sa grave mise en cause des ONG, mais a expliqué que celles-ci “ressentent un manque d’argent”. “On a retiré l’argent aux ONG. Elles recevaient 40% des subventions venant de l’étranger. Elles ne les ont plus. On a aussi mis fin aux subventions publiques” aux ONG, a-t-il expliqué. “Même vous ne pourriez aller filmer dans tous les lieux où cela brûle, et envoyer (vos vidéos) à l’étranger”, a-t-il dit aux journalistes. “Parce que tout indique qu’ils sont allés là-bas pour filmer des incendies. C’est ce que je ressens”.

Avalanche de critiques

“Historiquement (en Amazonie) les feux sont directement liés à la déforestation puisque c’est une des techniques pour défricher”, a expliqué le Fonds mondial pour la nature dans un communiqué, au sujet des brûlis pour transformer des aires forestières en zones de culture et d’élevage ou pour nettoyer des zones déjà déforestées.

Selon l’INPE, la déforestation en juillet y a été quasiment quatre fois supérieure au même mois de 2018.

Jair Bolsonaro est la cible d’une avalanche de critiques de scientifiques, d’ONG de préservation de l’Amazonie et des populations indigènes pour son soutien au développement de l’agriculture et de l’exploitation minière, notamment dans des zones protégées.

Les deux contributeurs principaux du Fonds Amazonie, la Norvège et l’Allemagne, ont récemment suspendu leurs subventions à ce fonds qui permet de financer la préservation de la forêt, en raison des positions du président brésilien.

Bolsonaro a fait ces commentaires polémiques au moment où se tient à Salvador de Bahia la semaine du climat avec 3 000 délégués de 26 pays, une réunion régionale sur le changement climatique coordonnée par l’ONU. “Le nuage qui a recouvert Sao Paulo est un phénomène déjà constaté en 2010 et 2017”, a déclaré le ministre de l’Environnement Ricardo Salles, présent à Salvador. “Toutes les stratégies pour lutter contre la déforestation continuent d’être en place”, mais elles sont “hélàs entravées par la crise économique et les coupes budgétaires”, a-t-il concédé.

Il n’était pas possible d’évaluer mercredi l’ampleur des superficies affectées par des feux de forêt en Amazonie.

SourceAFP

La filière crevette veut faire décoller sa production

Dans le cadre de la fête de la science, l'Ifremer organise sa journée porte ouverte samedi à Vairao de 8h30 à 15 heures. Maintenant que l'institut a cédé ses droits sur la souche de la crevette bleue au pays, la filière en plein développement, ambitionne de doubler, voire de tripler sa production, face à une demande en hausse.

Quelles actions pour prévenir l’illettrisme en Polynésie ?

Facteur de décrochage scolaire, l’illettrisme fait l’objet d’une attention particulière des pouvoirs publics. Boîte à livre, ateliers lectures, ou remise à niveau : quelles actions sont déployées pour prévenir ce handicap ?

La petite fourmi de feu : un désastre écologique

Elle est l’une des 100 espèces les plus envahissantes au monde : la petite fourmi de feu ou fourmi électrique dévaste tout sur son passage. Originaire d’Amérique centrale et du sud, elle a été signalée pour la première fois en 2004 à Mahina. Elle est présente aujourd’hui à Tahiti, Moorea, Rurutu, Huahine ou encore à Bora Bora... Le dossier de la rédaction :

Toute l’actualité de Polynésie française et d’ailleurs en direct et en continu.

Contactez le standard
Contactez la régie pub

NEWSLETTER

Recevez l'actualité de la Polynésie, les temps forts de vos programmes et les jeux dans votre boîte mail.

CONTACTEZ LA Rédaction

Tel : +689 40 47 36 15 / Fax : +689 40 47 36 09
Numéro d’urgence : +689 87 78 14 01
Email : [email protected]

TNTV dans les îles
Tel : +689 40 60 00 75 / Fax : +689 40 60 00 76
Email : [email protected] / [email protected]

vidéos populaires