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Animaux errants, divagants… que font les communes pour endiguer le problème ?

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Les animaux errants incarnent un souci permanent pour les Tavana à la recherche de solutions. À Bora Bora, une vaste campagne de stérilisation a été lancée en 2016, et cette année, l’île s’est aussi dotée d’un chenil géré par l’association "Bora Bora Animara".

Publié le 08/08/2019 à 13:52 - Mise à jour le 08/08/2019 à 13:54
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Les animaux errants incarnent un souci permanent pour les Tavana à la recherche de solutions. À Bora Bora, une vaste campagne de stérilisation a été lancée en 2016, et cette année, l’île s’est aussi dotée d’un chenil géré par l’association "Bora Bora Animara".

Depuis 2008, une loi impose aux maires de s’occuper des animaux errants, surtout s’ils représentent un danger. Mais à ce jour, très peu de communes se sont réellement penchées sur la question. Longtemps pointée du doigt pour des agressions canines et pour pollution visuelle, la commune de Bora Bora a décidé d’agir : “C’est vrai que Bora Bora a souvent fait l’objet des Unes concernant les morsures de touristes par les chiens…” déplore Gaston Tong Sang, maire de l’île.

En 2016, la commune a signé une convention avec l’association Bora Bora Animara et les vétérinaires de l’île pour lancer une vaste campagne de stérilisation des chiens ayant un propriétaire. Une subvention de 6 millions de Fcfp a été allouée pour cette opération -dont un million de Fcfp pour la stérilisation des chiens errants- reconduite chaque année.

“Le vrai objectif qu’on s’était assigné, c’était de faire en sorte de limiter la reproduction de ces animaux. Donc il n’y a pas de mystère, il ne faut pas tourner autour du pot : il faut faire la stérilisation” poursuit Gaston Tong Sang.

En 2019, Bora Bora a même investi dans la construction d’un chenil. Il est installé dans le district de Anau, sur un terrain de plus de 21 000 m2, mis à disposition de l’association.

La bâtisse compte quatre box, avec un espace de stockage, un local sanitaire et un congélateur pour y stocker si besoin, les cadavres d’animaux. Coût total des travaux : 10 242 000 Fcfp, financés à 80% par l’État et 20% par la commune.

Depuis l’ouverture du chenil, l’association est sollicitée tous les jours et voit son champ d’action s’élargir. En plus de lutter contre la prolifération des animaux, elle doit aussi faire face aux abandons répétés, un phénomène connu pour être l’une des principales causes de la présence des chiens errants sur l’île. “Durant les périodes d’exode, juin-juillet- août, ou alors novembre-décembre-janvier, les gens abandonnent leurs animaux, et déposent leurs chiots, leurs chatons au bord de la route ou devant des maisons, devant le chenil…” nous dit François Juventin,président de l’association Bora Bora Animara.

Une fois récupérés, les chiens sont transportés chez le vétérinaire avec qui l’association travaille étroitement. En 2018, l’établissement a permis la stérilisation de 323 chiens et 273 chats. “C’est vraiment très important que l’on travaille ensemble. Eux, ils sont énormément sur le terrain pour informer la population, les sensibiliser à l’importance de la stérilisation” explique Chloé Foubert, vétérinaire.

Avec la convention mise en place par la commune pour les chiens ayant un maître, le coût d’une stérilisation est moindre. L’association prend en charge un tiers du prix des soins, le propriétaire un tiers, et le dernier tiers est offert par le vétérinaire.  

Tatouage, stérilisation, sensibilisation… depuis 2016, les chiffres sont en tous les cas encourageants. Un changement de comportement des habitants a été observé. Les propriétaires de chiens sont de plus en plus nombreux à consulter un vétérinaire. “Quand tu adoptes un animal, il faut en prendre soin comme un être humain” confie Pierrot Taati, un habitant de Bora Bora.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les chiens errants ne sont pas si nombreux que ça. Ce sont surtout les chiens divagants qui s’attaquent aux piétons : “Les chiens divagants, ce sont des chiens qui ont été élevés chez les gens, mais qui ne reste pas chez eux car ils n’ont pas de clôture etc. Ces chiens, ils se baladent dans la rue” précise Christine Juventin, membre de l’association BBA. Par ailleurs, la divagation des animaux domestiques est interdite par la loi.

Errants, blessés ou abandonnés, le chenil ne fait pas de différence. Les arrivants sont soignés et nourris pendant 8 jours. Au-delà, si l’animal n’est pas réclamé, l’association se réserve le droit de décider de son sort. Ici, l’équipe favorise l’adoption. Depuis 2010, 32 chiens ont été adoptés à l’étranger. Une finalité que le maire de Bora Bora tient à préserver, surtout que le concept permet également de redorer le blason de la perle du Pacifique.

“Nous considérons que ce chenil, c’est un lieu de préparation de nos animaux pour être adoptés. On reçoit souvent des photos des États-Unis, de Hawaii… etc. de nos animaux. On veut développer cette filière, et si on parle de Bora grâce à l’action que nous menons, cela fera une belle promotion pour notre destination. On n’abandonne pas les chiens” déclare le tavana.

La communauté de communes Hava’i souhaite pouvoir mettre en place un chenil sur chaque île, moyennant un budget d’environ 2,5 millions de Fcfp par chenil. Une nécessité, car mis à part les chiens errants, un autre fléau apparaît clairement : la prolifération des chats. Une chatte met bas 3 à 4 fois par an des portées de 4 à 6 chatons en moyenne.

REPORTAGERony Mou-Fat

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