Tematai Le Gayic : « Nous avons entièrement confiance dans le président »

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Le député Tematai Le Gayic était l’invité des journaux de TNTV, jeudi soir, à la veille de l’ouverture d’un colloque sur la création d’une citoyenneté maohi, projet porté par le jeune parlementaire. Il estime celle-ci nécessaire pour assurer « la reconnaissance juridique » du peuple polynésien par l’État. Tematai Le Gayic est également revenu sur les dissensions apparues au sein du Tavini après la nomination de Yan Jambet à la tête de l’OPH, mais il assure que la majorité fait « entièrement confiance » au président du Pays. Interview.

Publié le 15/09/2023 à 14:50 - Mise à jour le 15/09/2023 à 14:55

Le député Tematai Le Gayic était l’invité des journaux de TNTV, jeudi soir, à la veille de l’ouverture d’un colloque sur la création d’une citoyenneté maohi, projet porté par le jeune parlementaire. Il estime celle-ci nécessaire pour assurer « la reconnaissance juridique » du peuple polynésien par l’État. Tematai Le Gayic est également revenu sur les dissensions apparues au sein du Tavini après la nomination de Yan Jambet à la tête de l’OPH, mais il assure que la majorité fait « entièrement confiance » au président du Pays. Interview.

TNTV : Monsieur le député, l’enseignement protestant dit ne pas avoir suffisamment de moyens. En tant que parlementaire, que pouvez-vous faire pour lui ?

Tematai Le Gayic : « Je tenais à remercier l’enseignement protestant de Uturoa et l’ensemble des écoles qui m’ont accueilli depuis que je suis député, pour qu’on puisse discuter, que ce soient les responsables des écoles, les enseignants, les parents d’élèves, et les remercier chaleureusement de leur accueil et de leur écoute. L’objectif de cette rencontre avec le lycée protestant de Uturoa, c’est la mise en place d’un BTS dans la continuité du BAC Pro hôtellerie/restauration. Il faut savoir que le lycée Tuteao a Vaiho enregistre de bonnes réussites dans ce BAC professionnel. Mais la poursuite vers un BTS est compliquée pour ces enfants des Raromatai, car le lycée hôtelier manque de places. Il y a aussi la crainte d’aller au lycée hôtelier ou encore le manque de moyens. L’ouverture d’un BTS sur Raiatea peut être intéressant, à la fois pour la proximité des familles, mais aussi pour les partenariats avec les différents hôtels, notamment les hôtels de Bora Bora ».

TNTV : Votre colloque sur la citoyenneté débute vendredi soir. Vous avez lancé une pétition sur Internet qui dépasse à peine les 1300 signatures. Avez-vous également fait signer cette pétition lors de vos différentes rencontres ?

Tematai Le Gayic : « Depuis une semaine et demi, j’organise une tournée parlementaire tous les soirs dans les différentes communes de notre pays. Je suis également allé sur Rangiroa, Raiatea, Moorea pour informer les gens de cette proposition de loi constitutionnelle pour la mise place d’une citoyenneté maohi. Encore une fois, la citoyenneté maohi, ce n’est pas pour rendre maohi quelqu’un, c’est la reconnaissance de l’existence du peuple maohi et des droits du peuple maohi dans notre pays. La pétition vient en complément de cette proposition de loi constitutionnelle pour que les responsables politiques français, notamment le président de la République, entendent cette revendication du peuple maohi d’être reconnu juridiquement et que les droits du peuple maohi soient reconnus dans la Constitution française. Aujourd’hui, comme vous l’avez souligné, 1300 personnes ont signé en ligne, mais l’on en a beaucoup plus par écrit tous les soirs. On attend samedi, lors de ce colloque, pour comptabiliser le nombre de signataires ».

TNTV : Avez-vous une idée précise des droits et devoirs qu’implique cette citoyenneté ?

Tematai Le Gayic : « La citoyenneté maohi repose sur 4 droits fondamentaux. Le premier, c’est la dignité du peuple maohi par la reconnaissance juridique du peuple maohi. Faire la distinction entre le peuple français et le peuple maohi. Pareil pour les langues. Elles ne seront plus des langues régionales de la langue française, mais des langues à part entière qui seront distinctes de la langue française parce que ce sont des langues officielles au vu de la Constitution. Le deuxième point, c’est le pouvoir politique. On va définir un corps électoral, le corps électoral maohi, qui pourra décider de l’avenir institutionnel de ce pays, mais également participer aux différentes élections municipales et territoriales ».

TNTV : Comme ce qui se fait en Nouvelle-Calédonie…

Tematai Le Gayic : « Oui, du même type, parce que l’objectif, c’est que ce soit le peuple, qui vit sur ce pays, qui décide de l’avenir institutionnel dans le cadre d’un processus de décolonisation. Il y a aussi la protection de l’emploi. Aujourd’hui, on a une loi qui ne protège pas assez l’emploi pour nos jeunes maohi. La citoyenneté vient donc conforter la protection de l’emploi. Enfin, il y a la protection du foncier parce qu’on connaît ce lien qui existe entre le peuple maohi et sa terre ».

TNTV : Dans un tout autre domaine, la nomination de Yan Jambet a créé beaucoup de remous dans le milieu politique. Au sein du Tavini également, et l’on entend parler de motion de censure. Est-ce à l’ordre du jour ?

Tematai Le Gayic : « Le groupe Tavini Huiratira à l’Assemblée s’est bien réuni pour discuter, notamment de la nomination de monsieur Jambet à la tête de l’OPH. On a pris une décision en demandant, soit que ce monsieur, comme le président du Tavini Huiratira l’a dit, démissionne, soit que le président du Pays prenne la décision de démettre monsieur Jambet des fonctions de directeur de l’OPH. Aujourd’hui, il n’est pas question de motion de censure. C’est un travail qui est collégial entre le gouvernement et l’Assemblée. Dès lors où l’on voit que le gouvernement souhaite que l’Assemblée puisse se positionner sur un sujet, comme c’est le cas, alors nous faisons notre part et nous donnons nos propositions au président du Pays ».

TNTV : Faut-il s’attendre à une déclaration de Moetai Brotherson ce vendredi ?

Tematai Le Gayic : « Le Président a dit qu’il allait statuer sur ça. Nous, nous avons entièrement confiance dans le président pour qu’il prenne les bonnes décisions. L’OPH est une grande structure qui est attendue par beaucoup de nos concitoyens. On a confiance en notre Président ».

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