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Thierry Pageau dénonce un «dossier à charge»

Le 16/05/2018 à 13:44

JUSTICE – Personnage central de l’une des plus grosses fraudes présumées à la défiscalisation, Thierry Pageau a longuement été interrogé, ce mercredi, au troisième jour du procès dans lequel il comparait aux côtés de 12 autres prévenus. S’il a reconnu du bout des lèvres sa participation à l’élaboration de fausses-factures, il a minimisé sa responsabilité et dénoncé un «dossier à charge».

Thierry Pageau veut avoir réponse à tout, ce qui irrite souvent les magistrats du tribunal. Ce mercredi, l’intéressé était soumis à un feu nourri de questions au sujet des quelques 200 dossiers présumés frauduleux qu’il aurait constitués.

Jusqu’ici, l’homme pointait du doigt son principal associé, Jehan Morault, assurant que celui-ci avait œuvré dans son dos.
Ce mercredi matin, Thierry Pageau a finalement reconnu du bout des lèvres avoir parfois utilisé de fausses-factures pour constituer des dossiers mais aussi avoir été le gérant de fait de plusieurs structures de défiscalisation. Point sur lequel, il se montrait flou.

Mais il a aussi estimé que ses explications n’étaient pas prises en compte, dénonçant un « dossier à charge ». « Il y a des anomalies. Je ne le conteste pas. Mais j’ai demandé des expertises à la justice qui ont été refusées. On parle toujours des mêmes choses. S’il y avait eu ces expertises, on ne serait pas en train d’en discuter », s’est-il plaint.

« L’autre option, c’est l’Euromillions »

Et l’intéressé de plaider la « bonne foi » : « Il y a eu 10 000 dossiers réalisés en tout et 140 -environ 200 selon la justice, NDLR- litigieux. Croyez-vous que l’on soit capable de vérifier 10 000 dossiers en temps réel ? »

Ce mercredi après-midi, les avocats des parties civiles doivent entamer leurs plaidoiries. L’Etat, mais aussi le Pays, devraient réclamer plus d’un milliard de francs de dommages et intérêts pour le préjudice causé par la fraude.

Interrogé par l’un des assesseurs sur la manière dont il entendait rembourser ces sommes s’il était condamné, Jehan Morault a lancé, mi- effrayé, mi- amusé : « je peux éventuellement faire des mensualités. Et l’autre option, c’est l’Euromillions ».    
 
J-B. C.


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