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Street shop : les gérants devant la justice

Le 24/09/2018 à 17:58

JUSTICE – Leur procès se tiendra mardi au palais de justice de Papeete. Les trois prévenus seront jugés pour trafic et provocation à l’usage de stupéfiants. Pour leurs avocats, ils étaient pourtant bien en droit d’ouvrir ce commerce même si la loi interdit la consommation de cannabis.

Quelques jours à peine après l’inauguration de leur Smoke shop, rebaptisé Street shop, les gérants de la boutique ont été contraints de la fermer. Mardi, c’est devant la justice que les gérants du fumeux commerce sont attendus. Ils vont comparaître pour trafic et provocation à l’usage de stupéfiants.

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Selon Maitre Millet, l’un de leurs avocats, ils agissaient pourtant dans un cadre légal et même pour ce qui concerne la vente de graines de paka. L’avocat des prévenus explique : "Les graines de cannabis ont reçu les autorisations d’importation qui étaient nécessaires pour être commercialisées en Polynésie française par l’administration locale, ont fait l’objet d’un paiement de droit de douane. Subitement, sous l’impulsion manifestement de la DSP (NDLR : Direction de la sécurité publique) qui s’est auto-saisie de ce dossier. L’administration, le 8 mars, a publié un arrêté qui a classé les graines de cannabis en stupéfiant, ce qui est, à priori, une première mondiale. Le jour-même un arrêté de la municipalité de Papeete a ordonné la fermeture du street shop."

Plusieurs autres commerces de Tahiti, comme un grand nombre en métropole, proposent pourtant aussi à la vente pipettes et pipes à eau, ou encore objets marqués de feuilles de cannabis. Ce qui sème un peu plus la confusion dans les esprits. Maitre Millet reprend : "Certains sont poursuivis et d’autres non, ce qui génère une incompréhension sur l’encadrement et la légalité de ce genre d’activités. Clairement, il y avait une volonté plus politique que juridique d’empêcher ce commerce."

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La France reste actuellement l’un des pays d’Europe les plus répressif en matière de consommation de cannabis. Plusieurs de ses voisins ont dépénalisé, voire légalisé son usage. Cette tendance s’étend dans le monde. De nombreux états américains, dont la Californie, l’ont aujourd’hui légalisé. Il en sera de même au Canada le mois prochain.

En métropole, la question n’est pas à l’ordre du jour alors que le pays compte le plus grand nombre de consommateurs en Europe. Le conseil des mis en cause s’insurge : "Il y a une hypocrisie à la base de toute manière en France, sur les stupéfiants et en particulière sur le cannabis. Ce qu’il faut savoir c’est qu’il n’y a pas de définition des stupéfiants en France. C’est l’infraction qui est, probablement, la plus réprimée, et elle n’est pas définie. N’importe quelle définition des stupéfiants engloberait de fait le tabac, l’alcool et les anti-dépresseurs. Cela poserait des difficultés, ensuite, pour accorder des dérogations donc on a décidé de ne pas définir et ça pose un flou juridique."

Les gérants du Street shop, qui espèrent obtenir la relaxe du tribunal correctionnel, encourent sur le papier, dix années de prison et une amende de plusieurs millions de Fcfp.

J-B Calvas et Sam Teinaore 


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