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Salon du livre : le reo Tahiti s'invite à Paris

Le 15/03/2019 à 16:04

LITTÉRATURE - La délégation de la Polynésie française a présenté la troisième édition de son concours littéraire dans le cadre du Salon du Livre de Paris. Pour la première fois, le concours est ouvert à la langue tahitienne.

La littérature polynésienne va cette année pouvoir s’exprimer en tahitien à Paris. Il y aura même deux lauréats : un en langue française, l’autre en langue tahitienne. Le thème choisi et imposé pour l’édition 2019 risque d’engendrer de jolis textes emprunts de nostalgie et de souvenirs. "Ça sera un jeune Polynésien qui quitte pour la première fois son fenua, qui vient en métropole. Et c'est aux futurs écrivains à décliner la suite" explique Caroline Tang, déléguée de la Polynésie à Paris.
 
Et l’exercice est compliqué, parler de Tahiti aux métropolitains n’est pas toujours chose facile. "J'ai quand même [mis] un certain nombre de termes polynésiens qui viennent naturellement dans un récit sur Tahiti ou sur les Marquises, et on m'a dit : 'mais tu n'as pas mis de dictionnaire'. Alors qu'il n'y en a que très peu en fait. Et tout ça est revisité par la mémoire, donc on n'est pas toujours certain de tomber juste, d'évoquer vraiment des choses qui vont intéresser les gens" déclare Dinah Desjardin, lauréate 2018.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
L’accompagnement des auteurs vers une publication est l’un des enjeux de ce concours. "Je pense que au-delà du process d'écriture, il y a cette vraie volonté d'aller plus loin. Et c'est en ce sens où les liens sont très forts, grâce au concours (...), grâce au fait d'assister au salon, et on l'espère, peut-être aller plus loin, et pourquoi pas éditer un livre, pourquoi pas une nouvelle, pourquoi pas un roman..." nous dit Lucille Brambridge, association des Editeurs de Polynésie française.
 
La protection des œuvres est aussi assurée grâce à une start-up qui propose de déposer les écrits en ligne. "Outre les dotations qu'elles soient physiques, dans le transport, dans le monoï ou dans la valorisation des propriétés intellectuelles, l'enjeu est pour moi typiquement culturel. C'est un enjeu de diffusion des cultures tahitiennes au travers du plaisir de la lecture"  explique Arnaud Cheyssal, fondateur d’Ipocamp.
 
Les manuscrits de quatre pages devront être envoyés à la Délégation de la Polynésie française à Paris avant le 15 juillet. Les deux lauréats, en langue française et en langue tahitienne, remporteront un billet d'avion Paris-Papeete-Paris pour se rendre au salon du livre qui aura lieu en novembre.
 
Rédaction web avec Christian Bonardel


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