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"Ce sont les réfugiés, et non les psychiatres, qui doivent quitter Nauru"

Le 11/10/2018 à 18:26

PACIFIQUE - Médecins sans frontières (MSF) s'est élevé jeudi contre le fait que Nauru ait mis un terme à sa mission dans les centres de rétention de cette île abritant les réfugiés refoulés par l'Australie, décrivant une situation sur place "au-delà du désespoir".

Des psychologues de l'ONG lauréate en 1999 du prix Nobel de la Paix intervenaient depuis novembre sur la minuscule île du Pacifique proche de l'Equateur. L'organisation a annoncé samedi avoir reçu du gouvernement de Nauru l'ordre de cesser ses activités sous 24 heures. "Ce ne sont pas les psychiatres et les psychologues de Médecins Sans Frontières qui devraient quitter Nauru, mais les centaines de demandeurs d'asiles et de réfugiés que l'Australie a piégé sur cette île depuis cinq ans", a déclaré jeudi dans un communiqué Paul McPhun, directeur exécutif de MSF Australie.

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Plus petit pays insulaire du monde, Nauru s'est retrouvé sous le feu des critiques pour les conditions de vie des réfugiés, y compris des enfants, qui sont relégués sur son sol par l'Australie aux termes de sa politique draconienne d'immigration. Les migrants qui vivent dans les camps de Nauru affirment avoir un accès limité aux soins. Les services médicaux sont débordés car de nombreux réfugiés et demandeurs d'asile souffrent de problèmes psychologiques.

"La situation mentale des réfugiés détenus indéfiniment à Nauru est épouvantable", a expliqué de son côté le docteur Beth O'Connor, psychiatre de MSF. "Ces 11 derniers mois à Nauru, j'ai vu un nombre alarmant de tentatives de suicide et de cas d'automutilation parmi les réfugiés et demandeurs d'asile, hommes, femmes et enfants, que nous avons traités." Et d'ajouter : "Nous avons été particulièrement choqués par le nombre d'enfants souffrant du syndrome de résignation, une détérioration de leur état au point où ils sont incapables de manger, boire ou même aller aux toilettes".

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"Nos patients décrivent souvent leur situation comme étant pire que la prison, parce que quand on est emprisonné, on sait quand on sort", poursuit-elle. MSF indique Nauru compte encore environ 900 demandeurs d'asile et réfugiés, dont 115 enfants. La quasi totalité se trouvent sur l'île depuis cinq ans.

"Ce sont les réfugiés, et non les psychiatres, qui doivent quitter Nauru"
"Je crains que la fin des soins psychiatriques et psychologiques de MSF à Nauru ne se traduise par des décès, a estimé le docteur O'Connor, pour qui "il n'y a pas de solution thérapeutique pour ces patients tant qu'ils seront piégés sur l'île".
Les ONG ne cessent de dénoncer la politique d'immigration draconienne de l'Australie. Depuis 2013, Canberra, qui dément tout mauvais traitement, refoule systématiquement en mer tous les bateaux de clandestins, originaires pour beaucoup d'Afghanistan, du Sri Lanka et du Moyen-Orient.

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Ceux qui parviennent à passer par les mailles du filet sont envoyés dans des îles reculées du Pacifique. Canberra argue qu'il sauve ainsi des vies en dissuadant les migrants d'entreprendre un périlleux voyage. Les arrivées de bateaux, qui étaient quasiment quotidiennes, sont aujourd'hui rarissimes.
 

Rédaction web avec AFP



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