SOCIÉTÉ

Yolande Vernaudon: "Moi aussi je suis une victime des essais nucléaires "


Lundi 18 Septembre 2017 à 17:47 | Lu 1459 fois

NUCLEAIRE – La réunion du Conseil d’orientation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (Coscen) s'est tenue ce lundi à la Présidence, sous la houlette d'Edouard Fritch. A l'ordre du jour, le nucléaire dans l’Accord de l’Elysée, le suivi de la Loi Morin et la situation du Civen, et le devoir de mémoire avec la création d’un Institut des archives.


Crédit photo: P.Bastianaggi
Crédit photo: P.Bastianaggi
Le Coscen ne s'était pas réuni depuis plus de quatre années, et pour Yolande Vernaudon, dont c'était la première apparition en tant que déléguée au suivi des conséquences des essais nucléaires (DSCEN), "C'était vraiment un besoin. Cette réunion a permis à tout le monde de s'exprimer et de définir les priorités à aborder. Et nous avons convenu aussi d'une méthodologie de travail."

Dans cette méthodologie, il a été créé un groupe de travail intermédiaire, dont la composition n'est pour l'heure pas complètement arrêtée, avec des gens qui ont plus de disponibilités que les gens du Coscen et qui préparerons les dossiers prioritaires. "Bien sûr, on est toujours dans la thématique de l'indemnisation des victimes et des questions sanitaires, et aussi, le devoir de mémoire", précise Yolande Vernaudon.

Quant au reproche de Roland Oldham de Mururoa e Tatou, qui estime "que les choses piétinent un peu, beaucoup de discussions, mais pas beaucoup d'avancement", Yolande Vernaudon partage un peu cet avis.

"J'ai un peu la même impression, sauf que je ne trouve pas que l'on piétine. On fait de tout petits pas. On aimerait bien avancer plus vite.", assure-t-elle, confiant, "Moi aussi je suis Polynésienne, moi aussi je suis une victime des essais nucléaires, comme tous les gens qui étaient autour de la table aujourd'hui, même si je n'ai pas la même casquette. Cela fait cinquante ans que cette histoire dure et j'aimerais bien que cela aille beaucoup plus vite, notamment pour la génération qui est en train de s'en aller, ne serait-ce que par l'âge."

Concernant la situation du Civen, dont beaucoup s'interrogeaient sur sa mission, maintenant que la notion de risque négligeable a été rayée de la Loi Morin, la déléguée au suivi des conséquences des essais nucléaires fait le point: "Le Civen est une autorité administrative indépendante, et décide donc de son fonctionnement. (…) Le Civen va reprendre tous les dossiers qui ont été précédemment rejetés au titre du 'risque négligeable', les réexaminer et à partir de là traiter les dossiers dés instruits et prévenir la victime, ou ses ayants droits, de la suite qui est accordée au dossier."

La prochaine réunion du Coscen devrait se faire rapidement avant que la commission consultative, mise en place par la Loi Morin, se réunisse à Paris courant octobre. "Le président Edouard Fritch souhaite une réunion du Coscen avant cette commission consultative pour accorder les positions du Pays."

 
Pascal Bastianaggi

Présidé, depuis 2016, par le président de la Polynésie française, le Coscen est actuellement composé de 20 membres. Aux côtés du président du Pays siègent le vice-président, en charge de l’économie, le ministre en charge de la santé et celui en charge de l’environnement, le président de l’assemblée de Polynésie française, trois représentants désignés chacun par leur groupe politique, le président du CESC ainsi qu’un autre membre désigné par ce dernier, tous les parlementaires, sénateurs et députés, la fédération des associations de protection de l’environnement, les associations "Moruroa e Tatou", "Tamarii Moruroa" et "193", et une personnalité désignée par le président du Pays.








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