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Vidéo - Marcel Tuihani : « La famille polynésienne est en danger »


POLITIQUE – Le leader de Te Ora Api o Porinetia était sur le plateau du JT ce jeudi. Il a défendu sa vision de la politique et son programme.


Vous êtes déçu de la politique menée depuis plus de 30 ans en Polynésie. Ce retour aux fondamentaux est pour vous essentiel ?

Oui c’est essentiel. J’ai fait un peu de parcours politique au sein du Tahoeraa Huiraatira. Lorsque je suis arrivé à l’assemblée, j’ai pu voir comment fonctionne la politique dans notre pays. J’en suis arrivé à constater que dans notre pays, il y a eu deux chocs qui sont venus bouleverser le comportement du citoyen. Le premier choc que toute le monde reconnait, c’est l’installation du CEP. Il est venu bouleverser le Polynésien dans son environnement social et culturel… Tout le monde le reconnaît.

Le second choc : c’est un choc aujourd’hui dans lequel nous nous enlisons. C’est un choc politique. C’est un choc politique, car aujourd’hui, les partis politiques historiques ne voient pas les véritables problèmes. En tous les cas, ils n’apportent pas les solutions attendues pour régler les véritables problèmes. Je parle de la famille et aujourd’hui la famille doit être la priorité de tous les partis politiques. J’ai passé l’après-midi à Tautira. Lorsque, ces derniers mois, je me suis déplacé, je suis allé à la rencontre des Polynésiens, j’ai entendu des choses qui me font peur, qui l’interpellent, qui m’attristent. La misère ! Il y a une véritable misère ! On parle de drogue, de dérives, de violences. La population de Tautira me l’a confirmé aujourd’hui : la prostitution se développe à Tautira, à la presqu’île. C’est choquant d’entendre ces choses aujourd’hui.

Lorsque la population vous demande de l’aide : que lui répondez-vous ?

il faut trouver des véritables solutions pour aider cette population. Le Pays dispose déjà d’outils pour venir en aide, faut-il les améliorer. Les aides que les affaires sociales mettent à leur disposition, il faudrait assouplir les règles, mieux les accompagner. Il faut également dire à la population en difficulté qu’il faut se responsabiliser… […] Il faudrait que ce soit une démarche gagnant/gagnant : la collectivité, le politique mais aussi le citoyen.

Votre slogan : la politique autrement. Comment comptez-vous vous y prendre si vous êtes élu ?

Si je suis élu, difficile de signer un chèque en blanc. Je reprends le bilan que j’ai un peu à l’assemblée. Je me permets de remettre un peu mon costume. Je mesure aujourd’hui l’efficacité des réformes que nous avons apporté au sein de l ‘institution. L’assemblée s’est enfin intéressée aux conditions d’évacuation sanitaire de nos malades : c’est une chose qui est remarquable ! Revenez deux ou trois ans en arrière, cela aurait été quasiment impossible. Il a fallu une reprise de conscience de nos hommes politiques. Il a fallu agir, agir en invitant l’ensemble des élus qu’il y z un intérêt commun : notre peuple. Je pense avoir apporté mes preuves au sein de l’institution. L’institution a progressé. C’est de cette manière que je veux travailler si demain le citoyen polynésien me fait confiance… Travailler avec tout le monde.

Dans votre programme, vous prônez la création d’une école des parents, ou de structure médico-sociale de proximité. Pour vous, la famille polynésienne est en danger ?

Oui, bien sûr. La famille polynésienne et en danger. Les familles sont en danger. L’école des parents, la mise en place de pôles médico-sociaux pour éviter que le citoyen se déplace dans tous les sens, ça fait partie de quelques mesures… mais également, pour pouvoir décohabiter les foyers surpeuplés, la politique du logement est une solution.  L’accompagnement du citoyen, pour pouvoir l’insérer dans l’économie au travers des secteurs primaires : l’agriculture, la pêche, l’artisanat… Lorsque j’entends certains leaders politiques dire que l’artisanat ne permettra pas à un Polynésien de trouver un travail…

Vous avez été ministre de l’Artisanat…

Bien sûr. J’ai été ministre de l’Artisanat et j’avais un projet pour justement porter notre culture dans une autre dimension mais à un niveau nettement supérieur. Prenez un exemple pas loin de chez nous : la Nouvelle-Zélande. La culture maorie est une véritable culture reconnue. […] Les maori sont de véritables hommes d’affaires… S’ils ont réussi pourquoi pas nous ?
 




Vendredi 13 Avril 2018 à 13:00 | Lu 593 fois






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