SOCIÉTÉ

Vidéo : L'ECMO, une technique qui a permis de sauver 15 vies au fenua


Dimanche 11 Février 2018 à 07:00 | Lu 1057 fois

SANTÉ - L’ECMO, un système d’assistance cardiaque ou respiratoire, est utilisé dans les services de réanimation du Taaone depuis 7 ans. L’appareil, qui se présente sous forme de petite machine munie d’une pompe et de réserves d’oxygène, remplace le cœur ou les poumons défaillants. Cette semaine, deux spécialistes venus de la Pitié Salpétrière sont au Taaone. Ils partagent leur savoir faire avec les soignants locaux.


Charles-Edouard Luyt, professeur de réanimation à la Pitié Salpetrière, Thibault Schoell, chef de clinique, assistant du service chirurgie cardiaque de la Pitié Salpétrière, et Eric Bonnieux, médecin en réanimation au Taaone, et coordinateur de la formation
Charles-Edouard Luyt, professeur de réanimation à la Pitié Salpetrière, Thibault Schoell, chef de clinique, assistant du service chirurgie cardiaque de la Pitié Salpétrière, et Eric Bonnieux, médecin en réanimation au Taaone, et coordinateur de la formation
C'est une petite machine qui a sauvé la vie de 15 polynésiens passés par le service de réanimation de l'hôpital du Taaone….
Elle permet de pratique l’ECMO (Extracorporelle Membrane Oxygenation) : un système d’assistance qui assure le relais du cœur ou des poumons lorsqu’ils sont incapables de fonctionner normalement.

"Ce sont des patients qui sont en échec des traitements traditionnels, que ce soit sur le plan respiratoire ou sur le plan cardiaque, et on va faire une assistance respiratoire et/ou cardiaque, selon les cas, qui va permettre d'attendre la récupération des poumons ou du coeur", explique le docteur Eric Bonnieux, ancien chef du service réanimation du CHPF, et coordinateur de la formation. "Dans de très rares cas, il va falloir passer à une autre technique d'assistance qui demande un transport en métropole, ce que nous envisageons de faire dans les mois qui viennent. C'est une technique qui est assez lourde, complexe, qui a ses complications. On ne l'utilise qu'en dernier recours pour les patients pour lesquels seule cette solution est encore possible".

Deux spécialistes de la Pitié Salpétrière qui pratiquent chaque jour ce type d’interventions, forment, au Taaone, durant toute la semaine, 25 soignants polynésiens. 3 calédoniens participent également par vidéo conférence.
"L’idée est de leur montrer les différents aspects de la technique", indique Charles-Edouard Luyt, professeur de réanimation à la Pitié Salpétrière. "Il faut déjà sélectionner les malades. Qui peut en bénéficier ? L’un des enjeux est aussi de poser la machine au bon moment. Pas trop tard, sur des malades qui peuvent aller sur une défaillance de tous leurs organes, et malgré cette machine, décéder. Et pas trop tôt, parce-que quand il n’y a pas d’indication et que les malades n’en ont pas besoin, c’est posé à tort avec des risques de complications. On essaie de faire partager notre expérience pour essayer de mieux comprendre quel type de malades pourrait bénéficier de cette technique. On induit, avec cette technique, d’éventuelles complications, d’éventuels effets secondaires… et puis il y a toute la prise en charge du malade globale. C’est là qu’on a peut-être un apport intéressant qui est notre expérience, et la meilleure façon de régler tout ça".

Chaque année, entre 1 et 3 patients sous ECMO ont besoin d’être transplantés. Pour cela, il faut les evasaner. Des discussions avec Air Tahiti Nui sont en cours. Il faut 30 heures entre le moment où le patient quitte le Taaone et celui où il est admis à la Pitié Salpétrière. Les équipes de réanimation souhaitent lancer les evasans cette année. Il s’agirait du plus long pont aérien jamais réalisé pour cette technique : "L’une des particularités ici, c’est l’éloignement par rapport à Paris, si toutefois un patient devait bénéficier d’une greffe ou d’une assistance longue", précise Thibaut Schoell, chef de clinique, assistant du service chirurgie cardiaque de la Pitié Salpétrière. "Ces transports de plus de 24 heures n’ont pas encore été faits mais sont tout à fait envisageables avec le progrès des technologies et de la réanimation mobile. Si ce pont aérien se fait entre Papeete et Paris, ces patients pourront bénéficier de la greffe et auront les mêmes chances que les patients métropolitains".

Dans un second temps, les équipes de réanimation espèrent pouvoir créer une unité mobile capable d’intervenir dans les îles : "Ici, on peut imager la mise en place d’unités ambulatoires. Ca ne se fera pas dans un premier temps, mais peut-être que d’ici quelques années, on pourra envoyer des équipes assister des patients dans les îles", conclut le docteur Eric Bonnieux. 

Une seconde session de formation est prévue en juin. 
 
Laure Philiber 


Le reportage du JT du 11 février 2018







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