SOCIÉTÉ

Vidéo - Ericka Bareigts, ministre tout-terrain


Samedi 18 Février 2017 à 11:18 | Lu 2268 fois

INTERVIEW - Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer était l'invitée de notre journal télévisé. Elle est revenue sur les intempéries qui ont frappé la Polynésie au mois de janvier, sur les aides débloquées par l'Etat et aussi sur la suppression du risque négligeable concernant l'indemnisation des victimes des essais nucléaires.


Crédit photo: M.Leyral
Crédit photo: M.Leyral
Arrivée quasiment en même temps qu'une dépression sévissant actuellement sur la Polynésie française, la ministre dès son arrivée a été se rendre compte sur place des dégâts provoqués dans les quartiers par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la Polynésie en janvier dernier. En jeans et bottes de pluie, c'est en toute simplicité qu'elle s'est rendue, accompagnée par le gouvernement et les services de l'Etat, dans les communes sinistrées.

"J'ai tenu a être dès mon arrivée parmi eux, pour leur exprimer ma solidarité". La ministre s'est déplacée à Pirae et Mahina, deux communes fortement touchées par les intempéries du mois de janvier. "J'ai vu une solidarité extraordinaire, un Territoire extrêmement mobilisé, des maires complètement investis dans leur mission, et des services de l'Etat mobilisés."

Concernant le montant des aides débloquées par l'Etat, la ministre a précisé : "Il y a eu 36 millions Fcfp d'aide en extrême urgence qui ont été débloqués afin que les personnes puissent racheter des biens matériels, frigo, matelas etc... Puis maintenant nous ouvrons la période d'indemnisation, que je veux la plus rapide possible. (...) Le montant global de l'aide de l'Etat, dépendra du nombre de dossiers d'indemnisations."

Concernant l'interruption des ondes AM qui diffusait dans les îles éloignées des bulletins d'informations bien utiles à la population en cas de cyclone et dépressions comme cela était le cas lors de son arrivée, Ericka Bareigts s'interroge. "Je ne comprends pas que l'on soit dans une situation où une partie de la population est coupée des moyens de communication. J'ai pris contact avec la présidente de France Télévision pour lui dire de travailler très rapidement sur une solution de rechange et je dois la revoir en mars."

Sur la Loi "Egalité réelle Outre-mer", loi cadre qui arrive en toute fin de quinquennat, donnant l'impression d'une opération séduction de dernière minute, la ministre s'explique. "Ce n'est pas une opération séduction, c'est un travail qui nous a mobilisé durant une année".

Concrètement, "on veut prendre en compte la situation de la Polynésie : sa vulnérabilité, son isolement et sa vulnérabilité au changement climatique. L'aide au rapatriement des corps des Polynésiens décédés en métropole, et, bien évidemment la suppression du risque négligeable qui fait avancer une cause extrêmement douloureuse."

Avec ce texte, le risque négligeable disparait de la loi Morin. Pourtant, une commission sera créée pour veiller à ce que l'indemnisation soit réservée aux personnes dont les maladies ont été causées par les essais nucléaire. Cette nouvelle commission donne l'impression aux Polynésiens qu'on a abattu un écueil à l'indemnisation, pour en mettre un autre en place.

"Si les Polynésiens pensent que l'on a créé une commission pour ne pas faire disparaître le risque négligeable, ils se trompent. ce n'est absolument pas cela. (...) Ce que je souhaite, par le biais de cette commission c'est que nous puissions suivre l'efficacité et la réalité de ce que nous venons de créer. Cette commission sera constituée de parlementaires qui se sont battus pour supprimer cette notion de risque négligeable. Ils veilleront à ce que les victimes en attente d'indemnisation soient enfin satisfaites par ce nouveau dispositif"

Quant aux accords de Papeete, sur lesquels, visiblement la Polynésie et l’Etat n’arrivent pas à se mettre d’accord : "Il nous reste à affiner certains points dans la discussion qui devrait reprendre lundi."

Sur la déclaration d'Emmanuel Macron qui considère que "la colonisation est un crime contre l'humanité" la ministre explique, "il y a une belle loi, la loi Taubira, qui a posé très clairement les choses. (...) nous faisons un travail avec le gouvernement qui est un travail mémoriel. (...)"

Pour Ericka Bareigts, "il ne sert à rien de mettre sous le tapis l'Histoire, même si elle ne nous fait pas plaisir, et c'est pour cela que nous devons avoir les bonnes instances pour ne pas se laisser guider par des paroles que l'on n'aurait pas contrôlées. C'est bien que des historiens fassent ce travail, (...) car cela contribue à apaiser les choses, et faire que nous puissions mieux vivre ensemble."

Rédaction Web







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