SOCIÉTÉ

Vidéo - Amendement à la loi Erom : "Il n’y a pas de quoi s’inquiéter", estime Edouard Fritch


Lundi 28 Janvier 2019 à 11:38

INVITÉ DU JOURNAL – De retour de mission à Paris pour défendre le toilettage du statut de la Polynésie française auprès des groupes parlementaires, le président du Pays Edouard Fritch était notre invité en plateau dimanche soir pour évoquer ce déplacement, mais aussi la lutte enclenchée contre l’alcool et la drogue, ainsi que le dossier du nucléaire.


Votre discours samedi soir face aux confessions religieuses était un appel à l’aide face aux nombreux fléaux qui rongent notre société tels que l’alcool, l’ice, le paka ou encore les violences intrafamiliales. Vous avez pourtant déclaré être en bonne voie pour redresser la situation économique du Pays, en quoi le problème de la famille polynésienne est si difficile à résoudre ?
"Je suis convaincu que même si l’on arrive à redresser ce pays, si dans les familles ça va mal, le pays ne se remettra jamais de cette crise. J’en fais un souci personnel. Il nous faut consolider le socle familial. Il nous faut tout faire pour que ces enfants qu’on retrouve aujourd’hui dans la rue, ces délinquants qui sont au tribunal, il faut que ces enfants reviennent dans leur famille. Donc c’est un appel effectivement que je lance aux confessions religieuses qui connaissent bien, mieux même que nous, la problématique de la famille. Donc je leur demande de travailler avec le gouvernement pour qu’ensemble nous trouvions les moyens pour mieux éduquer les parents, pour sensibiliser les parents sur la problématique de notre jeunesse."
 
Vous dites que le chômage n’explique pas tous les maux de notre société…
"Oui, car lorsqu’on regarde les condamnations -vous avez parlé des violences intrafamiliales-, bien souvent, à la base, vous trouverez que c’est l’alcool qui est le point de départ de toutes ces difficultés que rencontrent nos familles aujourd’hui. Donc il ne faut pas tout mettre sur le dos du chômage. Vraisemblablement le chômage est une des raisons, mais je crois qu’à côté du chômage, il y a ce vrai problème de l’alcool et ce vrai problème de la drogue."
 
Comment comptez-vous enrayer ces problèmes ?
"Nous avons pris un certain nombre de mesures déjà. Il y a deux ans, j’avais réuni un conseil de famille avec les confessions religieuses qui nous ont proposé des mesures, qui ont été validées par l’assemblée de la Polynésie française et que nous mettons en œuvre aujourd’hui. Le programme n’est pas terminé, mais nous estimons qu’aujourd’hui le problème de l’éducation dans les familles devient un problème critique. Et cette éducation, c’est une problématique qui touche les familles individuellement, et je compte effectivement sur les confessions religieuses, avec les Affaires sociales, avec les moyens dont dispose le Pays pour pouvoir aboutir dans nos objectifs."
 
Toujours concernant les stupéfiants, les propriétaires du Street Shop de Papeete sont jugés pour incitation à la consommation de stupéfiants, à cause de certains produits comme les graines de cannabis ou encore les pipettes, qui sont d’ailleurs vendus depuis longtemps dans d’autres commerces de la place. Quelle est votre opinion là-dessus ?
"Nous avons fait de ce combat contre ce fléau que représentent aujourd’hui la drogue et l’alcool une vraie préoccupation. S’il faut qu’on soit beaucoup plus précis dans les textes, oui, nous allons y venir. Mais que la population le sache, nous en faisons un vrai combat. Nous sommes au côté de la police nationale, nous sommes au côté de la gendarmerie, nous sommes au côté de la justice et nous œuvrerons tous dans le même sens car c’est un fléau. C’est ce qui détruit aujourd’hui les relations dans la famille, les relations dans la société. Nous ne pouvons pas le tolérer, c’est la raison pour laquelle j’ai invité en fin d’année et en début d’année toutes les personnes concernées par les produits alcoolisés. Je veux que rapidement nous prenions des mesures pour essayer de réduire les conséquences de ce fléau."
 
En réduisant par exemple l’importation de ces produits ?
"Même interdire s’il le faut, puisque effectivement ce sont des produits d’incitation. Comme pour l’alcool et la cigarette, tout ce qui est publicité aujourd’hui, des mesures strictes sont prises pour qu’il n’y ait pas d’incitation au grand public."
 
Cette semaine à Paris, vous avez rencontré des groupes parlementaires mais aussi la ministre des Outre-mer Annick Girardin, avec qui vous avez évoqué le toilettage du statut de la Polynésie. Quels sont les changements que vous souhaitez apporter ?
"Ce qu’il faut savoir c’est que du côté du gouvernement de M. Macron, d’Edouard Philippe, nous avons l’entier soutien. De ce côté-là, nous sommes en phase. Il faut maintenant convaincre les groupes au Sénat comme à l’Assemblée nationale de l’importance pour la Polynésie française de ce toilettage statutaire. Nous ne demandons pas de nouvelles compétences, nous ne demandons pas de changement au niveau institutionnel, par contre nous réclamons qu’aujourd’hui la problématique des essais nucléaires soit inscrite dans le marbre. Et là-dessus, nous sommes pratiquement tous d’accord. Les groupes au Sénat en tout cas vont nous suivre sur cette modification. Il nous reste aujourd’hui à convaincre l’Assemblée nationale, mais je pense qu’on y arrivera, parce que c’est important pour les Polynésiens.
La deuxième chose est tout ce qui concerne la domanialité. Nous avons beaucoup parlé des terres rares. Il y a une suspicion sur nos compétences en matière de terres rares. Nous allons l’éclaircir dans ce statut. Et puis il va rester tout le reste, c’est-à-dire tout ce qui est lié au fonctionnement de l’assemblée de la Polynésie française, au fonctionnement du gouvernement. Même les communes, notre président du SPC, Cyril Tetuanui, était à Paris pour convaincre les groupes politiques de l’intérêt que nous avons à améliorer, à rendre plus efficient ce statut."

 
Vous demandez dans ce statut la pleine autonomie. Quelle est la différence avec l’indépendance ou l'Etat associé ?
"Je demande la pleine autonomie parce que j’entends mes adversaires politiques sur certaines mesures qui sont prises. Regardez le fonctionnement du gouvernement. On nous oblige à prendre tant de ministres, on nous oblige à prendre tant de membres dans les cabinets, on nous oblige à rester dans une certaine enveloppe… Il y a des obligations comme ça qui ont été introduites en 2007 et 2011, lors des différentes petites modifications apportées par le politique, qui font qu’aujourd’hui nous sommes quelque part un peu muselés et c’est vrai que là, nous avons besoin d’être vraiment autonomes."
 
Samedi soir, nous avons reçu sur ce plateau l’association 193 qui pointait du doigt les amendements à la loi Erom de la sénatrice Lana Tetuanui. Que leur répondez-vous ?
"Je voudrais rassurer tout le monde. Vous n’imaginez quand même pas que Lana Tetuanui, qui s’est battue pour que la loi Erom évacue cette difficulté que nous avons aujourd’hui sur la présomption de causalité, va réintroduire quelque chose qui nous fera revenir en arrière ! Moetai Brotherson et Nicole Sanquer, qui sont membres de cette commission, le savent très bien. Ce qui s’est passé jusqu’à présent, c’est que depuis que M. Christnacht préside le Civen, il a fallu qu’il prenne une référence parce qu’on ne peut pas traiter tout le monde et n’importe qui. La loi Erom l’a bien précisé, il faut aider nos vétérans qui ont travaillé à Moruroa, qui sont certains aujourd’hui d’avoir été irradiés. Ce sont des personnes qui étaient sur place, qui ont vécu en Polynésie française pendant une certaine date. Donc il a fallu une référence. Et depuis le début de l’année dernière, M. Christnacht et le Civen travaillent avec ce seuil qui est de 1 millisievert. Ce seuil de 1 mSv est défini par le code de la Santé, c’est-à-dire que le code de la Santé estime qu’en-dessous d’1 mSv, il n’y a pas de danger. C’est comme pour la température, lorsque vous êtes en-dessous de 37°C, vous n’avez pas de fièvre.
Donc il a fallu définir une référence et cette référence est aujourd’hui sécurisée. C’est sécurisant pour les malades, c’est sécurisant pour ceux qui ont besoin d’être aidés. Il n’y a pas de changement, il n’y a pas de nouvelle restriction sur l’application de la nouvelle loi Morin ici en Polynésie française. Donc c’est un faux problème, le problème n’existe pas, en tous les cas vu de ma part. Je crois que M. Christnacht et Lana Tetuanui devraient s’adresser au public. Ils feront une conférence de presse à Paris mercredi pour encore une fois préciser la méthodologie qui est aujourd’hui appliquée par le Civen et qui a dégagé quelques dizaines de dossiers qui ont été examinés et ont eu un véritable succès auprès du Civen. Donc il n’y a pas de quoi s’inquiéter."

 
Rédaction web avec Tauhiti Tauniua-Mu San







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