CULTURE

Une mission sur les arbres sacrés de Polynésie française


Lundi 6 Février 2017 à 15:21 | Lu 2140 fois

PATRIMOINE - Le ministre de la Culture a autorisé une mission de recherche aux Marquises. Menée par l’archéologue Annette Kühlem, a ffiliée à l’Institut Archéologique Allemand, elle s'intéresse au contexte dans lequel certains arbres ont été implantés près des sites religieux.


Le programme de recherche de l’archéologue Annette Kühlem est inédit au fenua. Il s’intitule « Les arbres sacrés de Polynésie française : détermination de la contemporanéité des arbres sacrés avec les structures archéologiques à fonction rituelle et religieuse dans l’archipel des Marquises ».

De nombreux arbres sacrés (banyan, ‘ati, mape, miro, ‘aito…) poussent sur ou aux alentours des grands sites cérémoniels. L’objectif de cette étude est de déterminer d’une part, l’âge de ces arbres et d’autre part, si ces arbres ont été plantés par la main de l’homme (implantation anthropique) ou par l’action de l’avifaune (implantation naturelle).

Pour déterminer l’âge relatif des arbres, le diamètre de l’espèce était auparavant le seul paramètre indicateur. Aujourd’hui, Annette Kühlem propose d’obtenir des datations absolues plus précises au moyen de la dendro-chronologie, méthode peu invasive pour l’intégrité de l’arbre. Des prélèvements de carottes seront effectués pour observer les anneaux des arbres. Des analyses au carbone 14 à l’intérieur de l’arbre pourront en déterminer l’âge.

Sa première campagne de carottages sur des arbres sacrés implantés sur des sites archéologiques s’est déroulé en 2015 à Nuku Hiva et a révélé des résultats particulièrement intéressants. La datation par dendro-chronologie a donné des dates cohérentes avec l’utilisation pré-européenne des sites, certains arbres encore vivants remontant au 17ème siècle après J-C. Les premières analyses ont révélé que les arbres des sites archéologiques ont été, en grande majorité, plantés par les anciens Marquisiens, de façon réfléchie. Ces derniers ont façonné leurs lieux de culte tant au niveau architectural qu’au niveau environnemental.

Annette Kühlem poursuit donc cette année cette recherche pionnière en élargissant le champ à des sites sur l’île de Hiva Oa. En parallèle, un relevé détaillé et en trois dimensions des sites sera effectué. Certains de ces sites ont été inventoriés par le Service de la culture et du patrimoine, mais disposer de nouveaux relevés très précis de ces sites apportera des informations précieuses sur ce patrimoine culturel. Cette seconde mission s’effectue du 16 janvier au 14 février 2017 et sera accompagnée d’une équipe d’archéologues et de dendro-chronologues. L’ensemble de l’étude est financé par l’Institut Archéologique Allemand.
 
Rédaction web avec communiqué
 







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