SOCIÉTÉ

Une maison caillassée à Taravao


Jeudi 7 Décembre 2017 à 19:11 | Lu 5875 fois

SÉCURITÉ - Elles se répètent chaque week-end, voire plus souvent : les nuisances et dégradations gâchent la vie des riverains de la Presqu’île. L’une d’entre elles s’est même fait caillasser son domicile, ce jeudi, après avoir témoigné dans la presse…


Elle a été réveillée par un gros caillou qui transperçait sa fenêtre. Une riveraine de la Presqu’île a vu sa maison caillassée par une bande de jeunes caïds tôt ce jeudi. Une mesure de représailles après un article paru en Une de la Dépêche du jour sur les nuisances dans le quartier du collège de Taravao.
 

La Une de la Dépêche du 7 décembre 2017
La Une de la Dépêche du 7 décembre 2017
Tôt ce matin, la locataire a vu une grosse pierre lancée sur la fenêtre de sa chambre, et tomber à quelques centimètres de son lit... le jour où la presse dénonce justement les méfaits d’une bande de caïds dans le quartier qui longe le collège de Taravao. 
Une situation qui perdure depuis des années mais qui a pris de l’ampleur ces derniers mois… La riveraine dont la maison à été caillassée vit avec un nunchaku à la ceinture pour se défendre…

Chaque week-end, des jeunes d'autres quartiers s'installent 
sous l'abri-bus qui jouxte le collège de Taravao. Ils se regroupent parfois jusqu’à 50 ou 60. L’ouvrage est très dégradé, et jonché de déchets. Tous les week ends, il abrite alcool, stupéfiants, boomblasters et violences. Il sera détruit.

L’autre point noir, le Fast food, a été sécurisé après plusieurs débordements. 

 


Lorsque nous arrivons sur place ce jeudi, nous rencontrons un bureau d'études qui dit avoir été appelé par la mairie après l'article de la Dépêche. Même refrain chez les forces de l'ordre que les riverains appellent pourtant régulièrement. 

"Nous avons été obligés de contacter la presse pour que ça bouge", s'exclament deux riverains. 
"Chaque samedi, c'est musique à fond, jets de projectiles, bouteilles... c'est arrivé à un stade où tous les voisins en ont marre!", poursuit l'une d'eux. "On a fait des pétitions, tous les voisins ont signé. On s'est adressé à tavana, au procureur, au ministre, au haut-commissaire... on ne savait plus où aller!"
"C'est tous les week end : bruits, cris...
j'ai même été volé", explique un voisin. "Les mutoi on  les appelle, la plupart du temps ils ne répondent pas... quand ils répondent c'est pour nous dire qu'ils ne peuvent pas venir, qu'ils ne peuvent pas tous les attraper. Les gendarmes m'ont même dit qu'ils ne se déplaçaient pas pour rien alors qu'ils étaient arrivés plus d'une demi heure après mon appel... les jeunes avaient eu le temps de décamper! 
Pour l'instant, il n'y a pas eu de mort, mais si les autorités ne font rien, c'est ce qu'il va se passer..."

"Ca n'est pas normal. Il y a une aggravation de la situation au niveau comportemental, et on est arrivé au caillassage. Il faut que l'on réagisse!" explique le maire, Anthony Jamet, pourtant plusieurs fois interpellé par les administrés sur cette question. 
"Il ne faut pas occulter le fait qu'il y a la précarité de l'emploi, aussi. Et peut-être, au niveau des parents, on relève un certain désengagement, parfois. C'est une voirie qui appartient au Pays, et il appartient au Pays d'apporter sa contribution dans la résolution de cette problématique." 

Après une table ronde organisée à la mairie entre les pouvoirs publics, la principale du collège et une représentante des riverains, une réunion de crise est prévue. Des mutoi supplémentaires seront aussi embauchés. 
 
Laure Philiber 

 







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