SOCIÉTÉ

Un manque cruel de bus scolaire


Mardi 22 Août 2017 à 11:25 | Lu 1546 fois

TRANSPORT SCOLAIRE - Depuis lundi, des témoignages affluent sur les réseaux sociaux pour dénoncer le transport scolaire. Élèves, parents, directions d'établissements, personnalité politique tirent la sonnette d'alarme sur les conditions rocambolesques dans lesquelles sont transportés les élèves. Le problème et la solution se résument en une phrase. "Il n'y a pas assez de bus."


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Surcharge des bus, retards, heure plus que matinale de ramassage etc …. Depuis le début de la semaine, la ligne Tautira / Taravao est particulièrement pointée du doigt par les parents  et les élèves qui déplorent qu'un seul bus desserve cette ligne, comme le souligne sur les réseaux sociaux une étudiante qui se rend chaque jour au Lycée Polyvalent de Taravao. "Pour le Sacré-Cœur il n'y qu'un seul bus pour ramasser les maternelles, les primaires, le collège et les lycéens de Tautira village, la campagne et Ahui".

Xavier Chung Sao responsable réseau de la zone presqu'île, qui comprend les lignes de bus, Teahupoo / Taravao, Tautira / Taravao et Hitiaa, fait le point. "Il est vrai que lundi, cela a été difficile. Nous ne savons pas exactement combien d'élèves il y a à ramasser. J'ai pu me rendre compte sur place où se trouvaient les groupes d'élèves, et avec les chauffeurs nous avons remanié le planning." Pour le responsable du réseau, cette situation est récurrente chaque rentrée scolaire, faute de connaître le nombre d'élèves qu'il y a à acheminer.

Xavier Chung Sao n'en démord pas, pour transporter les élèves dans de bonnes conditions, il lui faut connaître impérativement "les effectifs de chaque établissement par commune, car pour l'heure nous ne les avons pas encore." Pour appuyer ses dires, il explique. "Le collège de Taravao me l'a fourni vendredi dernier, ce qui m'a permis de travailler dessus, je viens de recevoir les effectifs du Sacré-Cœur, ainsi que celui de Hitiaa. Tout se cale durant la première semaine de rentrée."

Est-ce à dire qu'une fois la semaine passée, tout reviendra à la normale? "Cela ira beaucoup mieux. Que les parents ne s'inquiètent pas" assure-t-il.

Quant aux incidents qui peuvent survenir en cours d'année, "Il peut arriver que des bus tombent en panne, ce qui entraîne des retards." Quant aux bus surchargés, enfants debout dans le couloir, "Par rapport à cela, la surcharge est interdite. Du coup nous faisons des réunions avec les chauffeurs, et quand ceci nous signalent qu'il y a plein d'élèves, j'interviens pour revoir le planning."

Pour l'heure, sur la ligne Tautira, la société de transport indique avoir mis cinq véhicules, nombre fluctuant en fonction des besoins. "Le problème ne vient pas du manque de chauffeur. Nous en avons suffisamment. Le problème se situe surtout au niveau des véhicules. Nous en manquons". Quant au problème des abribus, sous dimensionnés et peu nombreux, "Cela est du ressort du Pays."

Afin d'apaiser ce début de grogne, Xavier Chung Sao conseille aux parents de ne pas hésiter à le contacter, concernant le planning des bus ou autres, au 40-54-81-81.

Du côté de la direction du collège et lycée du Sacré-Cœur, le transport est aussi en ligne de mire. L'on regrette "Le ramassage scolaire qui se fait très tôt le matin. Une insuffisance de bus, d'où une surcharge, et en fin de journée, on rencontre les mêmes soucis.",  explique Mme Hargous, directrice. Et chaque année, le problème est le même selon elle. En résultent des arrivées tardives à l'école, et après les cours, des retours tardifs au domicile.

"Si pour l'instant nous avons eu peu de retards, l'année dernière, c'était systématique. Les bus avaient 5 à 10 minutes de retard. Il suffit d'un chauffeur malade, d'un ou deux bus en panne pour que l'organisation vole en éclat."

Du coup, face à ces "impondérables" la direction du Sacré-Cœur s'organise. "Pour les retards, on tolère car cela ne dépend pas des élèves. Quant au retour, à la fin des cours, nous avons mis en place un système avec des indications de district, et les élèves à la fin de la journée doivent se ranger par colonne, en fonction de leur lieu d'habitation, et ils passent par différents portails pour monter dans le bus qui dessert leur domicile. Mais cela ne règle pas vraiment le problème des retours tardifs, par contre celui de la surcharge. Oui."

Le personnel du Sacré-Cœur compte les élèves qui grimpent dans le bus jusqu'à ce que celui-ci soit plein. Ce qui cause des mécontentements parmi les élèves, obligés d'attendre que le bus revienne pour y grimper à leur tour.

Autre point qui fâche, la vétusté des bus et le nombre insuffisant de ceux-ci vu le nombre d'élèves. "Nous avons environ 1600 élèves qui prennent le bus, sans compter ceux qui fréquentent les autres établissement, et avec un seul transporteur pour gérer tout ce monde".

Pour la directrice, il n'y a pas 36 solutions, "Il faut augmenter le nombre de bus. Tant que le transporteur ne pourra pas avoir de nouveau bus, ce qui dépend de la convention qui le lie au Pays, le problème perdurera." En ce point précis, transporteur et direction de l'établissement se rejoignent.

Pour que le transporteur puisse acquérir de nouveaux bus, il faut qu'une convention avec le Pays soit signée. Le dénouement de cette histoire interviendra peut-être ce mardi, lors de la session extraordinaire qui se tient à l'assemblée de Polynésie, où sera examinée l'octroi d'une subvention de 800 millions Fcfp au transporteur, pour l'achat de 20 nouveaux bus.

 
Rédaction Web avec Tauhiti Tauniua Mu San et Oriano Tefau







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