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Sept listes déposées, 57 représentants, un président


ELECTIONS - Sept listes devraient s’affronter au premier tour des Territoriales, ce 22 avril. Le dépôt des candidature s’est achevé ce lundi, à midi.... et quatre autres sont arrivées en retard ! Quelles sont les chances des forces en présence ? Eléments d’analyse.


Qui franchira les portes de la présidence, après les élections des représentants à l'assemblée de la Polynésie française ? - Photo : Mike Leyral
Qui franchira les portes de la présidence, après les élections des représentants à l'assemblée de la Polynésie française ? - Photo : Mike Leyral
Après l'heure, ce n'est plus l'heure. Le jeune mormon Tevai Haumani, qui voulait valoriser la jeunesse et l’esprit d’entreprise, l'a appris à ses dépens en arrivant hors délai ce lundi matin. Il va tenter des recours, qui ont peu de chances d'aboutir. Même sort pour Corinne Atger, et pour Maire Flohr. Une quatrième personne, Jérémy Belese, a même souhaité déposer une liste d'une dizaine de personnes, alors qu'il en faut 73, avant de tenter de s'inscrire comme colistier chez les autres. Pour tous ceux-là, la course aux Territoriales est déjà terminée.
 
Longtemps bipolaire, le paysage politique local s’est diversifié avec l’instabilité et les schismes au Tahoeraa. Trois formations politiques peuvent espérer une majorité à l’assemblée, qui élira ensuite le président.

Sur le papier, le Tapura Huiraatira part avec plusieurs avantages : c’est le parti de la majorité sortante, il bénéficie d’une légère embellie économique et rassemble une bonne partie des maires et de leur électorat. 

Mais le Tahoeraa Huiraatira a montré ce week-end qu’il faudrait compter avec lui. Malgré l’inéligibilité de Gaston Flosse, remplacé par Geffry Salmon, le parti orange a rassemblé près de 9 000 militants (selon les organisateurs) et insiste sur ses douze mesures populaires.

Le Tavini Huiraatira, lui, a moins rassemblé, mais veut faire campagne autrement, en organisant des débats ou en utilisant les réseaux sociaux. Face aux candidats autonomistes condamnés, il joue la carte de la probité.

D’autres candidats sont-ils en mesure de contester l’hégémonie des trois grands partis ? Pour eux, l’objectif est surtout de tenter une percée à l’assemblée.

Tauhiti Nena y croit. Plusieurs fois ministre dans les gouvernements d’Oscar Temaru, il a repris sa liberté en créant le parti Tau Hotu Rau. Il a le soutien de Hei-ura Les Verts de Jacky Bryant, et de Quito Braun Ortega.

Marcel Tuihani y croit aussi. Les deux hommes ont tenté une alliance, mais n’y sont pas parvenus. Le président sortant de l’assemblée a cheminé au côté de Gaston Flosse, avant de faire cavalier seul. Peu de têtes connues auprès de lui : il veut lancer de nouveaux visages en politique.

L’UPR, avec son candidat Jérôme Gasior, va tenter de susciter le débat au-delà des clivages politiques traditionnels, à l’image de son candidat à la Présidentielle, François Asselineau.

Heia Parau, enfin, est la seule femme tête de liste. Au côté du syndicaliste Vatea Heller, elle a déposé la sienne juste avant midi. Elle rassemble surtout des dissidents du Tavini et veut incarner, elle aussi, une manière différente de faire de la politique.

 

Jérôme Gasior, le candidat de l'UPR (à gauche)
Jérôme Gasior, le candidat de l'UPR (à gauche)
En dehors des trois grosses formations, il sera difficile aux petits partis d’entrer à l’assemblée, sauf s’il parviennent à atteindre les 5% pour tenter une alliance avec les partis qualifiés pour le second tour (plus de 12,5% des suffrages exprimés).

Le Fenua Insoumis, émanation de La France insoumise, le parti d’extrême-gauche de Jean-Luc Mélenchon, n’a finalement pas déposé de liste. Quant à Bruno Sandras, qui avait brièvement annoncé sa candidature, ils s'est rallié au Tahoeraa Huiraatira.
 
Après cette séquence très politique d’alliances, les candidats vont sans doute mettre en avant leur programme. Avec une invitée au centre des débats : la réforme de la PSG. Edouard Fritch a annoncé qu’elle serait sa priorité s’il conservait le pouvoir. Le principal adversaire de la réforme, Angelo Frébault, figure sur la liste du Tahoeraa. Et Heia Parau a monté sa liste pour dénoncer le manque de réaction des politiques face à la grève. La campagne est bien lancée.
 
Mike Leyral et Laure Philiber

Tevai Haumani, le benjamin des candidats, déposera un recours pour que sa candidature soit officialisée, malgré son arrivée hors délais
Tevai Haumani, le benjamin des candidats, déposera un recours pour que sa candidature soit officialisée, malgré son arrivée hors délais
Les sept listes officiellement déposées (par ordre de dépôt, avec leurs têtes de liste) : 

. E reo manahune - Tauhiti Nena
. Tavini Huiraatira - Oscar Temaru
. Tapura Huiraatira - Edouard Fritch
. Te ora api no Porinetia - Marcel Tuihani
. UPR - Jérôme Gasior
. Tahoeraa Hiraatira - Geffry Salmon
. A ti’a mai - Heia Parau

Les listes devraient être officialisées sous trois jours.

 



Lundi 26 Mars 2018 à 14:58 | Lu 1582 fois






Territoriales 2018