SOCIÉTÉ

Roland Oldham: "Connaissant l'Etat français, j'ai des craintes."


Mardi 7 Février 2017 à 16:31 | Lu 812 fois

NUCLEAIRE - Suite à l'adoption à l'unanimité par la commission mixte paritaire de la suppression du principe de risque négligeable de la loi Morin, texte qui doit encore être voté par l’Assemblée nationale puis par le Sénat la semaine prochaine, nous avons voulu savoir quelles seraient les conséquences sur les demandes d'indemnisation des victimes du nucléaire.


Roland Oldham. Crédit photo: TNTV
Roland Oldham. Crédit photo: TNTV
Pour le président de l'association anti-nucléaire Moruroa e tatou, Roland Oldham, "le risque négligeable ne veut rien dire." S'expliquant, "le risque négligeable, cela veut dire pour la loi que tu as bien eu un cancer en travaillant à Moruroa, mais ton dossier est rejeté à cause du risque négligeable."

"Et à cause de cela, 90 à 95% des dossiers que nous présentons à la CIVEN, (Comité Indemnisation des Essais Nucléaires) sont rejetés". Pour ce fervent anti-nucléaire, "c'est juste un système de blocage pour que l'on ne soit pas indemnisé. (...) L'Etat français est malhonnête et ne prend pas ses responsabilités". Les mots sont durs, mais partagés par de nombreux Polynésiens, vétérans ou pas des essais nucléaires.

Les derniers rebondissements sur la loi Morin, à savoir dans un premier temps, l'adoption à l'unanimité par la commission mixte paritaire de la suppression du principe de risque négligeable, puis dans un deuxième temps, le lobbying que semblerait mettre en place le gouvernement socialiste pour convaincre le parlement de retirer l'amendement ne risquent pas d'adoucir les propos de Roland Oldham.

"C'est dégueulasse! il semblerait que la gauche et la droite fassent des pressions sur les députés et les sénateurs pour que cet amendement ne passe pas". Ca l'est d'autant plus pour le président de Moruroa e tatou que "la France a toujours dit qu'elle assumera ses responsabilités et qu'elle reconnaît que notre pays a été contaminé." Pour Roland Oldham, il est clair que l'Etat refuse catégoriquement l'indemnisation des victimes.

Dans l'hypothèse où les manœuvres gouvernementales échouent, que changerait la suppression du "risque négligeable" pour les personnes qui ont des dossiers déposés à la CIVEN. "Normalement, on se base sur le lien de présomption."

A savoir si l'on a travaillé sur un site comme Moruroa ou si l'on était dans une des îles qui ont subi des retombées radioactives,  et que l'on a contracté l'un des cancers répertoriés dans la liste des maladies radio induites, on devrait être automatiquement indemnisé.
Méfiant, Roland Oldham anticipe. "Connaissant l'Etat français, j'ai des craintes. Ils sont encore capable de glisser dans la loi, un ou deux alinéas qui feraient encore blocage pour l'indemnisation des Polynésiens." Chat échaudé craint l'eau froide.

 
Rédaction Web avec Juliano Tautu et Naea Bennett

Changement à la tête du CIVEN

Alain Christnacht a été nommé président du CIVEN. Crédit photo: DR
Alain Christnacht a été nommé président du CIVEN. Crédit photo: DR
Par décret du 3 février 2017, Alain Christnacht a été nommé président du comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires. Ex-préfet et ancien directeur de cabinet de Christiane Taubira,  Alain Christnacht a travaillé sur les accords de Nouméa pour le gouvernement Jospin, et plus récemment avait présidé la commission nationale d’expertise indépendante pour conseiller les évêques dans l’évaluation des situations de prêtres ayant commis des abus sexuels. 







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