SOCIÉTÉ

Retour aux sources d’un soldat polynésien


Dimanche 8 Juillet 2018 à 16:38 | Lu 12624 fois

ARMEE - Comme de nombreux Polynésiens, Jessi Patu a choisi l’armée. Le soldat a quitté le fenua en 2001 à 19 ans. Depuis les occasions de retrouver ses proches ont été rares. Ce matin, à 36 ans, et désormais père de quatre enfants, Jessi est arrivé à Tahiti accompagné de sa famille où tous ses proches restés au fenua l'attendaient.


Crédit photo: TNTV
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C’est un moment que cette famille attendait depuis de longues années. Elle vient accueillir l’ainé de la fratrie qui s’apprête à poser ses valises pour trois mois à Tahiti. En 17 ans de carrière, Jessi Patu le soldat est revenu seulement à trois reprises au fenua. Pour la première fois, il est accompagné de ses quatre enfants et de son épouse. "Il y a beaucoup d'émotions ce matin, pour moi, ma femme et mes enfants. Revoir ma famille, mes amis, tout ça. C'est beaucoup d'émotions."

Jessi se souvient d’avoir choisi l’armée par curiosité, pour découvrir la France et trouver un métier. Contrat signé, il est envoyé au 1er régiment génie de Strasbourg.  Il se forme quelques années plus tard au déminage. Caporal Chef, il a couvert plusieurs missions sur des zones à risques, au Liban et en Afghanistan . "Il y a d'autres pays dans lesquels j'ai été, mais c'est confidentiel. Je n'ai pas le droit d'en parler.", confie t-il à mi-voix. "Quand on part sur le terrain, ce n'est pas évident. On a pas le choix. Ce qui est bien, c'est que je n'étais pas seul. J'avais des amis, et on s'est soutenus jusqu'à la fin."

Les parents du soldat ont toujours respecté le choix de leur fils. Ils l’ont accepté malgré leurs craintes notamment lors des missions d’intervention en zone de conflit. "On connaît les dangers liés aux métiers de l'armée, surtout dans son domaine. En plus, moi et ma femme on est ici, et lui dans un autre pays. Et dès qu'une famille avec un enfant militaire se retrouve endeuillée, nous ressentons la même détresse et pensons à notre fils", avoue Yvon Patu, le père.

Ces trois dernières années, Jessi et sa famille vivaient à Libreville au Gabon, où la présence militaire française reste discrète. "Il y a quelques tensions là bas, notamment lors des élections. C'est pas évident. Il faut pas sortir en fait, il faut rester dans le camp. Surtout pour les familles. Ce n'est pas évident pour eux.", reconnait Jessi.

Entouré de ses cinq frères et trois sœurs, le soldat souhaite profiter de sa famille pour se ressourcer.. Si tous ses proches ont de nombreuses questions à lui poser sur sa vie, sur ses missions,  Jessi préfere rester discret sur sa carrière militaire. Père de famille, il porte désormais un regard différent sur son engagement auprès des forces armées.  Sa famille passe en priorité et le soldat ne souhaite plus participer à des interventions à l’étranger. Son retour définitif au fenua est déjà programmé pour 2020.
 
Rédaction web avec Thomas Chabrol et Jeanne Tinorua







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