SOCIÉTÉ

Quand la Polynésie s'éveillera au tourisme chinois


Dimanche 26 Février 2017 à 16:49 | Lu 2440 fois

ECONOMIE - Actuellement en visite en Polynésie française, le groupe AVIC (Aviation Industry Corporation of China) après s'être entretenu avec le gouvernement local sur le développement d'échanges économiques et touristiques entre la Polynésie française et la Chine, a rencontré les acteurs économiques du fenua, samedi soir à la CCISM. Le but: avoir une première prise de contact avec les forces vives du fenua, afin d'investir dans le transport aérien inter-îles et éventuellement dans l'hôtellerie.


Zhang Guan Cjian, pdt de AVIC International. Crédit photo: TNTV
Zhang Guan Cjian, pdt de AVIC International. Crédit photo: TNTV
Les investisseurs chinois ne sont pas venus les mains vides. Avec eux, des projets concrets, des données chiffrées et des études qu'ils ont réalisées sur la Polynésie. Ce qui ne semble pas étonner Olivier Kressmann, à la tête du Medef Polynésien: "Ce sont tout d'abord des entrepreneurs. Ils ont donc d'abord travaillé leur dossier avant de venir. (...) Ils ont écouté le retour des touristes chinois venus l'année dernière et pris la mesure de ce qu'ils pouvaient, dans leur activité, proposer à la Polynésie."

Poursuivant, "Ils sont venus avec le respect des acteurs déjà présents sur le territoire, avec le désir que l'on travaille ensemble et celui d'apporter leur expérience en plus".

Mais, pour l'homme fort du Médef polynésien, "il faut rester vigilant. La Polynésie est toute petite, c'est comme si cette major compagnie s'intéressait à un petit quartier de Beijing. Malgré tout, il faut savoir les accueillir, les écouter et tirer les leçons de ce qu'ils peuvent nous dire de bien, sur ce que nous avons, et ce qu'il nous faut améliorer."

Pour Olivier Kressmann, "Si nous ne représentions pas un attrait certain pour eux, ils ne viendraient pas."

La question est de savoir dans quel secteur, AVIC International qui totalise un chiffre d'affaires annuel de 35 milliards de dollars US, pourrait investir en Polynésie.  

Zhang Guan Cjian, pdt de AVIC International, société spécialisée dans l'aéronautique, nous répond. "En tant que producteurs d'aéronefs, nous souhaitons mettre à disposition nos appareils pour pouvoir rendre les transports inter-îles beaucoup plus pratique. (...) Mon but principal est qu'il y ait plus de touristes chinois qui viennent en Polynésie".

Et pour cela, il faut des hôtels. "Dans notre groupe, nous avons aussi une branche hôtelière qui possède plus de quarante hôtels en Chine et lorsque nous rentrerons nous discuterons avec eux pour étudier les possibilités de partenariat avec des chefs d'entreprises locaux pour mettre en place un de nos hôtels ici, dans le but de pouvoir augmenter le nombre de touristes chinois en Polynésie".

Selon les dires de Zhang Guan Cjian, si il existait une ligne directe Pékin / Papeete, cela ferait au minimum 100 000 touristes de plus par an.

Quant au désir des touristes chinois de vivre des expériences touristiques dans les pensions de famille dans les îles autres que Tahiti, comme il a été évoqué, Mélinda Bodin, présidente de l’association des hôtels de famille de Tahiti et de ses îles, acquiesce.

"Ce premier rendez vous avec les investisseurs chinois prouve que la Polynésie est aussi en Chine, très demandée, et qu'ils ont aussi envie de venir chez nous. (...) Ce désir des touristes chinois est très encourageant pour nous, car la population de toutes ces îles ont besoin de vivre, de rester chez eux et d'avoir un peu plus de pouvoir d'achat."

Mais de nos jours, pas de tourisme sans Internet. Et les îles ne bénéficient pas toutes d'une connexion digne de ce nom. C'est ce qui transparait dans les retours des touristes chinois, qui avaient noté  deux points négatifs concernant la destination: peu ou pas d'Internet dans les îles et la fréquence des dessertes inter îles peu développée.

"Ce qu'il nous faut, c'est un haut débit. Les touristes quand ils viennent chez nous, veulent pouvoir prendre des photos et les envoyer dans l'instant à leur famille restée au pays. C'est important pour eux. C'est cela le modernisme. On a que trop attendu pour investir la dedans." se désespère Melinda Bodin.

 
Rédaction Web avec Sam Teinaore







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