SOCIÉTÉ

Portrait : Léon, coprahculteur au Rahui de Faaite


Mardi 19 Février 2019 à 09:08

AGRICULTURE - À Faaite, comme dans bon nombre d’atolls de l’archipel des Tuamotu-Gambier, le coprah fait vivre de nombreuses familles. Un dur labeur, pour lequel il faut parfois s’exiler plusieurs jours voire plusieurs semaines, pour récolter les noix de coco…


Au même titre que la pêche, le coprah participe au maintien des populations dans les atolls des Tuamotu-Gambier. À Faaite, il se récolte en partie au village, mais la plus grosse production provient du secteur "Le Rahui", situé à près de 3 heures en bateau. Léon Hauata et sa famille s’y rendent régulièrement pour collecter et sécher les noix. "Ici, il y a beaucoup de cocos. En plus, il y a six ans de cela, notre association a planté des cocotiers qui, cette année, sont en pleine production, et c'est ce que nous venons récolter. Et par la même occasion, entretenir le terrain" explique Léon, coprahculteur au Rahui de Faaite.

Selon papa Léon, ils étaient autrefois beaucoup plus nombreux à se rendre au Rahui. Mais avec l'exode des jeunes, certains se sont résignés à rester au village. "Avant, on y allait en famille, mais aujourd'hui, tous mes enfants travaillent à Tahiti, et je n'ai que mon beau-fils pour m'accompagner au secteur et m'aider au coprah" confie Celestin Tufaunui, coprahculteur de Faaite.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
Au secteur, Léon prend son temps. La chaleur y est écrasante et mieux vaut ne pas s'épuiser dès le premier jour.  Une fois les noix de coco fondues en deux, les hommes commencent à en extraire la pulpe pendant que les femmes récupèrent les "uto", les noyaux cotonneux. "Quand vous n'avez pas le temps de cuisiner, vous récoltez quelques germes, et au retour, il ne vous reste qu'à les écraser et à en faire soit du karapu, soit du de faraoa nounou" nous dit Agnes Hauata, habitante de Faaite. Une préparation typiquement Pa’umotu dégustée après le travail. "Le fara nounou se fait à base de germes de "uto", de farine et d'un peu de sucre. Alors que le karapu nounou, c'est du "uto" que l'on va faire presque caraméliser, puis on y ajoute de l'amidon et du lait de coco à la fin" explique Sabrina Tufaunui, habitante de Faaite.
 
Après une semaine passée au Rahui, nous retrouvons les sacs de coprah au village où ils seront acheminés par bateau vers Tahiti. À ce jour, 65% de la production de coprah provient des Tuamotu qui recensent plus de 5 500 coprahculteurs.
 
Rédaction web avec Rony Mou-Fat







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