SPORT

Le MMA cherche sa reconnaissance au fenua


Jeudi 28 Mars 2019 à 10:40

DOSSIER DE LA RÉDACTION - Longtemps décrié car jugé trop violent, le MMA fédère au fenua un public de plus en plus important. En métropole comme en Polynésie, les compétitions sont interdites et les jeunes talents sont contraints de s’expatrier pour combattre. Mais la situation pourrait bientôt changer. La direction de la Jeunesse et des Sports se dit en effet favorable à la légalisation de la discipline, à condition qu’elle soit structurée et encadrée.


La Polynésie française regorge de talents dans les sports de combat et notamment dans les Mixed Matial Arts, le MMA, qui est un mélange de tous les sports de combat. Cette discipline explose dans le monde entier.
 
Pourtant elle reste encore interdite dans quelques pays comme la France et donc par extension en Polynésie française. L’autorisation de frapper l’adversaire au sol et la cage où les combats se déroulent ne plaisent pas à tout le monde.  
 
Alors que "la cage, c’est l’espace de combat le plus sécurisant pour les combattants de MMA", assure Raihere Dudes, un combattant professionnel de la discipline. "C’est-à-dire que si tu es projeté et qu’il y a la cage, ça t’empêche de passer par-dessus. C’est l’espace le plus adapté pour les combats de MMA."
 
Le directeur de la Jeunesse et des Sports, Anthony Pheu, estime de son côté qu’il y a "toute une publicité négative de la part des gens qui ne connaissent pas le MMA, alors qu’il existe un protocole, des procédures éducatives qui sont apprises dans les formations aux éducateurs de MMA et qui permettent de tirer des bénéfices importants pour la lutte contre la délinquance. Et c'est ce qui est visé par le gouvernement."
 
 

> "Un moyen pour nos jeunes de se défouler et d'être encadrés à la fois"

Les compétitions sont interdites. Pourtant de nombreux clubs proposent des entraînements de MMA. Certains professionnels n’ont pas hésité à ouvrir des salles pour que les jeunes ne fassent pas n’importe quoi.
 
Problème pour nos combattants : tant que la discipline ne sera pas reconnue par le ministère des Sports, il ne pourra y avoir aucun encadrement officiel de la formation des moniteurs et les athlètes seront toujours obligés de s’exporter pour combattre.
 
"Légaliser ce sport, ça permet d’encadrer, de créer des diplômes, de créer des centres de formation, explique Avaro Neagle, secrétaire de la fédération polynésienne de lutte et disciplines associées. Mais comme ce n’est pas un sport légalisé en France, il n’y a aucun diplôme qui existe et on ne peut pas inventer quelque chose comme ça. Il faut qu’on travaille tous dessus."
 
"Parce que là, il y a certains clubs qui entraînent au MMA, mais ce ne sont pas vraiment des coachs de MMA, renchérit Raihere Dudes. Du coup on pourra apporter un bagage technique à tout le monde pour former des encadrants diplômés et structurer la démarche. Il faudra bien faire les choses, dans le sens où il faudra travailler dans un but éducatif en amateur, et pas forcément penser à la compétition professionnelle. On va déjà penser à l’éducatif parce que ça va être un moyen pour nos jeunes de se défouler et d’être encadrés à la fois."
 
"Si on ne légalise pas, ça va être un peu compliqué pour les éducateurs, ça va être compliqué aussi pour nous, l’administration, parce qu’on va contrôler ces éducateurs, ces établissements d’activités physiques et sportives, explique à son tour le directeur de la Jeunesse et des Sports. Donc pour mettre tout le monde en règle, à un moment donné, il faut qu’on arrive soit à donner une délégation de mission de service public pour le MMA à une fédération, soit à créer une fédération de MMA qui serait autonome pour pouvoir fonctionner."
 
 

> Vers une reconnaissance avant la fin de l'année

Là où il est autorisé, le MMA est une discipline très stricte et très réglementée. Le Pays voudrait utiliser ses valeurs et nos champions comme outils de prévention de la délinquance, comme le phénomène des bagarres de rue qui sont filmées et diffusées sur les réseaux sociaux. 
 
"On a une diminution de la délinquance dans certains quartiers où les éducateurs de MMA et de lutte aussi interviennent, confie Anthony Pheu. On a ces expérimentations qui prouvent que ça marche."
 
"Je pense que c’est un bon outils pour commencer à endiguer les combats de rue, mais il faudra qu’on travaille main dans la main avec les instances du Pays, la police et les associations", estime Raihere Dudes.
 
La direction de la Jeunesse et des Sports est en train "de peaufiner les détails de la manière avec laquelle on va pouvoir 'légaliser' le MMA", conclut Anthony Pheu.
 
Le dossier avance. Depuis 1999, la Polynésie française possède un statut d’autonomie dans le domaine du sport. Le MMA pourrait être ainsi reconnu officiellement au fenua avant la fin de l’année, et avant la métropole.  
 
Rédaction web avec Oriano Tefau et Jeanne Tinorua







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