SOCIÉTÉ

Le 5 Mars est "toujours une fête importante" estime le pasteur Taaroanui Maraea


Lundi 4 Mars 2019 à 11:30

INVITÉ DU JOURNAL - Le président de l’Église protestante maohi, le pasteur Taaroanui Maraea, était notre invité en plateau dimanche afin d’évoquer les célébrations du 5 Mars, la foi des jeunes, les problèmes de société que rencontrent ces derniers et le dossier du nucléaire.


L'Église protestante maohi célébrera comme chaque année l’Arrivée de l’Évangile ce 5 mars. Quels seront les moments forts de cette journée pour l’Église ?
"D’abord j’aimerais rappeler que le 5 Mars est toujours une fête importante dans l’histoire de l’Église, mais pas seulement. Peut-être aussi pour la société tout entière puisque c’est un jour férié décidé par le législateur, donc c’est très important. Pour cette année, ce sera un 5 Mars qui se fêtera dans les paroisses. Il y aura quand même quelques rassemblements à Aorai Tini Hau ou à la salle Maco Nena. Et aussi un rassemblement de jeunes de l’enseignement protestant à Mataiea que je trouve très important parce qu’ils vont se rassembler pour vivre un temps du 5 Mars, mais aussi utiliser ce temps du 5 Mars pour des activités pédagogiques au niveau de l’enseignement. J’irai d’ailleurs à ce rassemblement à Mataiea."
 
En 2019, la foi des fidèles de l’Église ne faiblit pas ?
"C’est difficile à évaluer, mais ce que je peux constater dans les paroisses, c’est qu’elles sont toujours assez vivantes. Mais il faut être honnête, nous sommes aussi dans une société de plus en plus sécularisée, ce qui veut dire que les gens sont un petit peu plus émancipés aujourd’hui, vaquent à leurs occupations, ont besoin de temps de repos et de remise en forme pour la nouvelle semaine qui s’annonce. Donc ce sont des moments très précieux et qu’il faut utiliser vraiment pour répondre aux attentes des membres de l’Église."
 
Qu’en est-il de la foi des plus jeunes, suivent-ils aujourd’hui les pas de leurs aînés ?
"Si je regarde ce qu’il se passe dans nos paroisses, dans nos mouvements de jeunesse, il y a effectivement quelques difficultés dues non pas simplement à la personne, à nos jeunes enfants, aux jeunes ou nos animateurs, mais dues aussi à l’influence extérieure. Parce que nos enfants, lorsque vous vous promenez dans la ville ou alors dans nos familles, ce sont des enfants avec des tablettes qui sont confrontés à longueur de journée devant tout ce qu’ils peuvent avoir comme information. Donc il faudra qu’au niveau de l’encadrement des paroisses, des pasteurs et de tout le monde, que cela puisse suivre. Ou alors proposer aussi des choses intéressantes pour les jeunes et nos enfants."
 
Les bagarres, l’alcool et l’ice touchent de plus en plus les jeunes et les moins jeunes. Ce sont des questions de société auxquelles vous restez attentifs ?
"Bien sûr, toutes les questions qui tournent autour de la jeunesse et nous essayons d’amener des réponses. La première réponse que nous avons essayé concrètement de mettre en place, c’est la question de l’éducation et de la formation, c’est-à-dire d’ouvrir par exemple d’autres possibilités, d’autres pistes de formation, d’où d’ailleurs le projet de formations qui a été ouvert à Taravao. C’est-à-dire faire revenir les enfants dans le domaine de la mer et de l’agriculture, mais pas simplement en mettant les enfants dans les fa’a’apu, mais en disant aux enfants que c’est aussi un très beau métier et avoir la maîtrise dans ces domaines, c’est tout aussi important. Je ne vois pas pourquoi on emmènerait des Chinois à Hao pour exploiter la mer et que nos enfants ne peuvent pas le faire. Il faudrait que nos enfants puissent le faire aussi."
 
L’Église protestante maohi se défend de faire partie de la politique bien qu’elle partage certains idéaux du Tavini Huiraatira, sur le dossier du nucléaire notamment. Pourquoi ne pas avoir participé au sit-in avec eux et l’association 193, vendredi devant le Tahiti Ia Ora Beach Resort ?
"Je pense d’abord qu’il faut féliciter le travail qui a été fait par 193, mais il faut reconnaître aussi, et nous avons été interpellés à ce sujet, mais pour nous, en tant qu’Église, il est important aussi de savoir où il faut aller, où il ne faut pas aller. Néanmoins, la lutte anti-nucléaire ou alors le soutien des anciens travailleurs et des victimes des essais nucléaires, nous les maintenons. Nous sommes très attentifs à cette question-là et notamment aux nouvelles propositions qui disent qu’il faut que la victime ait au moins 1 mSv de contamination pour bénéficier des aides. Je trouve que ça remet en question l’ancienne loi qui était beaucoup plus souple et beaucoup plus apte à répondre aux attentes des victimes."
 
En octobre dernier, vous étiez à l’ONU à Genève pour demander au comité international des droits de l’Homme de diligenter une enquête sur des conséquences des essais nucléaires en Polynésie. Qu’est devenue cette demande ?
"Vous savez, lorsque vous allez devant une organisation internationale telle que l’ONU, les choses ne sont pas aussi rapides qu’on aimerait que ça se passe. De toute façon, la communication a été déposée devant le comité, maintenant nous attendons la réponse du rapporteur, mais je vois qu’il y a beaucoup de choses qui se font aujourd’hui telles que la réforme statutaire sur la question du nucléaire qui, à mon sens, oublie une grande page de notre histoire, c’est-à-dire la partie de lutte, la partie d’injustice que ce peuple a reçu dans cette histoire-là."
 
Rédaction web avec Tauhiti Tauniua-Mu San






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