SOCIÉTÉ

La rotative de La Dépêche de Tahiti bientôt "à la ferraille"


Vendredi 10 Août 2018 à 14:51 | Lu 1411 fois

PRESSE – La vente aux enchères de la rotative de La Dépêche de Tahiti a été organisée ce vendredi matin. Seuls des particuliers intéressés par le petit mobilier de l’ancienne imprimerie et quelques salariés du groupe se sont déplacés.


(Crédit photo : TNTV)
(Crédit photo : TNTV)
Les rotatives de l’imprimerie de La Dépêche de Tahiti ne tourneront sans doute plus jamais. A l’arrêt depuis six mois, elles n’ont pas trouvé de repreneur ce vendredi matin. La société La Rotative de La Dépêche qui gère l’imprimerie a été placée en liquidation judiciaire au mois de mars dernier.

>>> Lire aussi : Le tribunal de commerce prononce la liquidation judiciaire de l'imprimerie de La Dépêche de Tahiti

Ce vendredi, une vente aux enchères a été organisée au siège du journal, à la Fautaua, pour vendre le matériel qui a permis l’impression du journal pendant 54 ans. Serge Leontieff, commissaire-priseur, a orchestré cette vente.

Il n’y avait pas de mise à prix de départ. Personne ne s’est prononcé pour racheter la rotative. Le commissaire-priseur explique : "La rotative, c’est une grande machine qui coûte horriblement cher. J’ai contacté beaucoup de professionnels pour qu’ils viennent et il s’avère que personne n’est venu. Je n’ai pas vendu la rotative. […] Je crois que personne n’en veut. Elle risque de partir à la ferraille." Il y a quelques mois, l’entrepreneur Teva Sylvain aurait fait une offre à trois millions de francs mais n’a pas donné suite.

>>> Lire aussi : Teva Sylvain veut racheter la rotative de la Dépêche de Tahiti

Ce vendredi, seuls des particuliers sont venus pour acheter du matériel de bureau. Au total, la vente s’élève à 100 000 francs. Veroarii Montaron, propriétaire d’une quincaillerie, détaille : "Ce matin, j’ai pris des étagères, de la ferraille. J’en ai eu en tout pour 40 000 francs. Cela servira à notre atelier et à notre magasin."

Salariés et anciens employés de La Rotative de La Dépêche ont aussi fait le déplacement. Heimana Tetaria, responsable de la maintenance, regrette que la machine sur laquelle il a travaillé pendant plus de 20 ans ne trouve pas de repreneur. Il souligne : "Cela me fait mal au cœur… J’ai 23 ans de service. Lui (NDLR : Dominique Auroy, P-dg du groupe), en quatre ans, il a tout cassé. Ça me fait mal… 15 salariés sont sur le carreau, ce n’est pas facile."

Le responsable de la maintenance est un des rescapés. Il devrait commencer la semaine prochaine dans une autre imprimerie, qui appartient au concurrent.

> La descente aux enfers

Depuis le rachat du journal par son actuel directeur, c’est la descente aux enfers pour le groupe : fermeture des Nouvelles, suppression des éditions du week end, les ressources humaines du groupe ont fondu comme neige au soleil, à l’image du réseau de correspondants des îles. Certains affirment ne pas avoir été payés depuis plusieurs mois. Plusieurs salariés évoquent des retards de paiement des salaires.

Avec des dettes estimées à plusieurs centaines de millions de francs, le groupe a été placé en redressement judiciaire par le tribunal mixte de commerce il y a deux mois. Les créanciers ont jusqu'au 3 septembre pour faire valoir leur droit auprès du mandataire judiciaire.

Une période d’observation de six mois a été fixée. A l’issue, La Dépêche de Tahiti pourra continuer son activité si ses dettes sont épongées ou qu’un plan de redressement est accepté, à moins qu’un repreneur se fasse connaître. Sinon, le groupe connaîtra le même sort que Les Nouvelles.
 
Rédaction web avec Laure Philiber et Mata Ihorai 







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