SOCIÉTÉ

La CTC pointe du doigt la gestion environnementale du fenua


Vendredi 22 Septembre 2017 à 07:04 | Lu 963 fois

INFO TNTV - Avec moins de 300 000 habitants, on pourrait penser que les écosystèmes polynésiens subissent peu de pressions et restent préservés. Pourtant notre biodiversité est menacée. Nous comptons le plus grand nombre d’espèces éteintes ou menacées des outre-mer. Un constat que rappelle la Chambre Territoriale des Comptes, dans un rapport sur la politique de l’environnement au fenua que nous nous sommes procurés.


Crédit photo: TNTV
Crédit photo: TNTV
Dans ce document, portant sur la période 2010 à aujourd’hui, la CTC pointe du doigt l’absence d’une politique environnementale globale sur le long terme. Elle met aussi en évidence l’absence de véritable plan de prévention des risques et les risques qui pourraient en découler, ainsi que son manque de stratégie d’ensemble.
 
Et malgré les moyens alloués par le Pays, l’Etat et l’Union Européenne, les études s’accumulent, mais sont peu souvent suivies d’effets.
 
Le Pays ne montre d’ailleurs guère l’exemple dans le cadre de ses grands projets. Le béton et la ferraille récupérés lors de la déconstruction de l’ancien hôtel Sofitel ont été enfouis en CET, alors qu’ils auraient pu être réutilisés pour d’autres chantiers, évitant ainsi de nouvelles extractions en rivière.
 
Autre lacune pointée par le rapport, la gestion et la conservation des espaces terrestres. Seules 17 communes sur 48 sont dotées d’un plan général d’aménagement.
 
Pour ce qui est de la gestion des déchets, la situation n’est pas non plus brillante. Il y a 15 ans, le pays prévoyait deux unités de traitement par archipels. Aujourd’hui, seuls les CET de Paihoro, de Nuku Hiva et de Bora Bora fonctionnent. Contrairement à ceux de Rapa et Tubuai.

Dans de nombreuses communes, les déchets ménagers, et parfois d’autres dangereux, continuent à être stockés dans des dépotoirs. Les piles, batteries et huiles usagées ne sont pas collectées régulièrement. Pour d’autres déchets, électroniques ou de santé, il n’y a tout bonnement aucun service organisé.

 La CTC s’inquiète aussi de l’absence de stratégie de contrôle. Il n’existe en Polynésie que quatre agents assermentés, pour réprimer les infractions. Depuis 2010 sur 121 affaires seulement cinq ont débouché sur des poursuites.
 
Plus grave encore, la chambre épingle l’absence de plan de prévention des risques efficace.
 
L’urbanisation galopante, la prolifération de remblais non déclarés, ou la construction de bâtiments à l’intérieur des lits des rivières constituent des facteurs de risques significatifs. Les intempéries du début d’année l’ont douloureusement rappelé.
 
La CTC formule donc de multiples recommandations comme l’organisation d’un véritable centre de ressources dédié à l’environnement, la simplification des textes ou l’adoption dans les meilleurs délais d’un plan de prévention des risques naturels.

Malgré l’importance des enjeux, le ministre de l’environnement confessait lui-même aux magistrats de la CTC que "la politique environnementale n ’est pas considérée comme prioritaire. Elle est encore trop souvent perçue comme un frein (..) au développement économique et urbain."
 
Rédaction web avec Tamara Sentis






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