POLITIQUE

L’association 193 a finalement rencontré Annick Girardin


Samedi 2 Mars 2019 à 17:22

NUCLÉAIRE – La ministre des Outre-mer a rencontré très tôt ce samedi matin, juste avant de prendre l’avion pour Paris, les membres de l’association 193 qui réclamaient un entretien. Durant 40 minutes, les deux parties ont échangé sur les problématiques liées aux essais nucléaires et trois points principaux ont été évoqués.


(crédit photo : haut-commissariat de la République en Polynésie française)
(crédit photo : haut-commissariat de la République en Polynésie française)
C'est très tôt ce samedi, que les membres de l’association 193 ont eu l’occasion de s’entretenir avec la ministre des Outre-mer Annick Girardin. Ils lui ont présenté trois revendications principales liées au nucléaire.

La première concerne le toilettage du statut. Selon l’association, cette nouvelle mouture exempte la France de sa totale responsabilité quant aux dégâts causés par les essais. "Ce fameux toilettage du statut de la Polynésie est pour nous un nouveau mensonge, a asséné le père Auguste, à l'issue de cette réunion. Faire croire que la Polynésie a contribué signifie tout simplement qu’on n’a plus rien à dire, or pour nous la reconnaissance n’est pas une contribution. On nous a imposé ces essais nucléaires et ils n’ont pas le droit de réécrire l’histoire de ce pays dans ce sens-là."

Le deuxième point porte sur les amendements déposés par la sénatrice Lana Tetuanui. L’association estime qu’ils pourraient remettre en question la suppression de la notion de risque négligeable de la loi Morin. "Entre le fait que le Civen reconnaît que toute une population a reçu près de 17 mSv et entre le fait que la loi dit que la réparation doit aller jusqu’à présent au 31 décembre 1998 alors que tous les dossiers des personnes nées après 1974 sont rejetés, comme si le problème du nucléaire s’est arrêté en 74... Et donc on ne comprend pas, a soufflé le père Auguste. C’est au malade à prouver ce fameux 1 mSv et comme tous les habitants de ce pays sont dans l’incapacité de prouver ce fameux 1 mSv, ça revient encore à dire que c’est à l’État de décider si toi tu es malade ou si toi tu n’es pas malade des essais nucléaires."

Le dernier point portait quant à lui sur les maladies transgénérationnelles qui, pour les membres de 193, sont en lien avec les essais. 
 
À l’issue de cette rencontre, la ministre a rejoint l’aéroport sans faire de déclaration. Mais vendredi soir, Annick Girardin s’était félicitée d’une évolution positive des indemnisations versées aux victimes des essais nucléaires.
 
"Je suis assez fière de ce qu’on a pu faire depuis les 20 derniers mois, avait-elle déclaré à l'issue du Forum des PTOM-UE. Le travail avait commencé bien avant, mais sur ces 20 derniers mois, dans une dynamique de l’Accord de l’Élysée, on a avancé sur les indemnisations des victimes du nucléaire, on a avancé sur le centre de mémoire, on a avancé sur le statut de la Calédonie et je crois que chacun peut comprendre qu’avec le président Fritch et l’ensemble des parlementaires, nous avons un travail régulier."
 
 
Rédaction web avec Hitiura Mervin
 






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