SOCIÉTÉ

Journée de lutte contre le SIDA : les maladies sexuellement transmissibles progressent toujours


Vendredi 1 Décembre 2017 à 18:21 | Lu 863 fois

SANTÉ - Nous célébrons, ce vendredi, la journée mondiale de lutte contre le Sida. Les chiffres restent stables au fenua avec 8 nouveaux cas, mais la progression des maladies sexuellement transmissible, elle, explose.


Journée de lutte contre le SIDA : les maladies sexuellement transmissibles progressent toujours
136 personnes sont porteuses du virus du Sida en Polynésie française. 8 nouveaux cas ont été détectés en 2017. Des chiffres stables. 
Pourtant, la vigilance est de mise, car les maladies sexuellement transmissibles ne cessent, elles, de gagner du terrain : 1000% d’augmentation en 4 ans pour la syphilis qui passe de 13 à plus de 140 cas selon les chiffres du laboratoire du CHPF. Les gonococcies et chlamydioses progressent elles de 600 et 300% dans le même labs de temps. 
"C'est exactement le même mode de transmission : ça se passe par les rapports non protégés. Si vous avez pu attraper la syphilis, la gonococcie ou un herpès, c'est que vous ne vous protégez pas. Ce qui veut dire que si votre partenaire a le VIH, vous pouvez aussi être contaminé puisque c'est la même voie de transmission", rappelle le docteur Lam Nguyen, médecin référent et membre fondateur de l'association Agir contre le Sida. 
"Les IST sont un peu le reflet avant coureur de ce qu'il va se passer si on ne fait rien, parce-qu'il n'y a pas de raison que le VIH ne suive pas dans la foulée. On a de la chance parce-que la transmissibilité du virus VIH est moins grande que les germes responsables des gonococcies, chlamydia, etc. Mais si on voit que ça augmente, il faut vite réagir" ajoute le médecin. 

Ce vendredi,  7000 préservatifs seront distribués au cours d’une grande soirée de sensibilisation à destination des jeunes, à partir de 20h au Parc Paofai. Des dépistages gratuits seront également proposés. 
"Ceux qui viennent, ils ont conscience qu'ils ont pris des risques. Mais ceux qui m'intéressent, ce sont aussi ceux qui ne sont pas venus mais qui ont pris des risques", explique taote Lam. "Il faut changer la perception des gens. On n'a pas toujours conscience qu'on a pris un risque, pourtant, quand on s'engage dans une activité sexuelle, il y en a. C'est rapide, on prend quelques gouttes de sang, on vous donne le résultat dans la foulée, et c'est gratuit. Même si vous n'avez pas changé de partenaire, mais que vous avez des doutes sur la fidélité de votre partenaire : testez-vous."
 

L'Association Agir contre le Sida renaît de ses cendres...

L'association Agir Contre le Sida, en sommeil depuis trois ans, a découvert ce vendredi, ses nouveaux locaux. 
Des locaux que la formation politique Ia Mana te Nunaa, dont le siège se situe à Paofai, partagera avec elle. 
"On souhaite ouvrir notre association à des thématiques sociétales. La question du Sida, celle des infections sexuellement transmissibles, en fait partie. C'est quelque chose qui est important mais il y a un tabu par rapport à ça. Le rôle de l'association est de faire tomber les préjugés", explique Ioane Wong, secrétaire général du parti rouge. "Il y aura une convention de mise à disposition du local qui sera signée entre nos deux associations. 
"On profite de l'offre que nous fait le Ia Mana te Nunaa de faire une place, pour pouvoir faire nos réunions, de bénéficier de leur soutien logistique avec le secrétariat qui pourra nous aider à monter des dossiers. On est heureux de pouvoir saisir cette opportunité. Nous avons bien mis au clair qu'il ne s'agit pas d'une démarche politique. De toute façon, je ne pense pas qu'il y ait de grandes voix à gagner sur cette question. On dit merci au Ia Mana de se soucier de cette question et de nous aider",
indique Maire Bopp Dupont, la présidente d'Agir contre le Sida.
"On a eu une perte de vitesse, et vu la situation actuelle, on essaie de remonter quelque chose parce-que les structures associatives sont nécessaires et complémentaires aux actions de santé publique", ajoute taote Lam. 

"On attend que les gens s'expriment. On va essayer d'ouvrir un forum pour tâter le terrain. Quand on a commencé en 1999, les problématiques n'étaient pas exactement les mêmes. Nous avons progressé sur certains domaines, cependant, entre temps, nous nous sommes arrêtés. Chez les jeunes, il y a un manque de connaissances. Doit-on remettre en place des choses? On va réfléchir durant les prochains mois pour dégager des voies stratégiques avec des actions bien définies", conclut Maire Bopp Dupont. 

L'association cherche des bénévoles pour relancer son activité. 
 
Laure Philiber et Mata Ihorai







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