CULTURE

Inscription du tatau à l'Unesco : l'association Patutiki indignée


Jeudi 18 Avril 2019 à 16:40

PATRIMOINE - Le 17 février dernier, Younous Omarjee, un député européen réunionnais demandait au Président de la République d’inscrire "l’art du tatouage polynésien au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco". Une demande totalement déplacée selon l'association Patutiki.


(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
L'association Patutiki qui a pour but de protéger et de promouvoir l'art traditionnel marquisien, a souhaité réagir dans un communiqué suite à la publication d'un article du 17 avril de Tahiti Info s qui rappelait la demande formulée au Président de la République française en février dernier par un député européen réunionnais. Younous Omarjee a en effet demandé à Emmanuel Macron d’inscrire "l’art du tatouage polynésien au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco". Et de rappeler : "L’art du tatouage, aujourd’hui mondialement répandu, comme l’étymologie du mot, trouve sa source dans les îles polynésiennes en Océanie".

En septembre dernier déjà, TNTV avait contacté le ministre de la Culture Heremoana Maamaatuaiahutapu qui expliquait ne pas  envisager pour l'instant se lancer dans la procédure (lire notre article ici). Pour l'association Patutiki, il serait également inopportun de faire cette demande alors qu'un dossier a déjà été déposé à l'Unesco afin d'inscrire le Ori Tahiti au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco et que cela risquerait d'entraîner son déclassement : "la France ne pouvant déposer qu’un seul dossier à la fois, devra donc prioriser son choix au détriment de tous les autres dossiers en liste d’attente. Dans cette hypothèse, même peu probable, la France ne proposerait pas 2 dossiers d’affilé issus de la même région... le dossier du Ori Tahiti pourrait donc être repoussé de plusieurs années ! L’association Patutiki, soutient le dossier du Ori Tahiti, et souhaite de tout cœur qu’il soit le premier dossier de Polynésie française à être inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco conformément aux priorités déterminées par le gouvernement de Polynésie française et les aspirations de la population de l’archipel des Îles de la Société".

Et si l'association partage un certain nombre d’idées émises dans le courrier du député réunionnais, elle a souhaité "faire part de sa désapprobation profonde et déterminée concernant un certain nombre d’amalgames réducteurs" comme le fait que l'art du tatouage ne se limitait pas qu'à la Polynésie française, mais sur une grande partie de l'océan Pacifique, que "chaque île dispose ainsi de ses propres méthodes, motifs et significations", et que le "tatouage ne s’appelle pas de la même manière, dans les archipels de la Polynésie française et dans les autres Pays polynésiens du Pacifique". En effet, aux Marquises on parle de Patutiki, à Hawaii de Kakau, à Rapa Nui de Takona ou encore en Nouvelle-Zélande de Aotearoa.

Enfin, l'association exprime son indignation profonde quant au fait que le député européen de l'île de la Réunion n'ait même pas consulté les Polynésiens avant de formuler sa demande au Président de la République et de conclure : "L’association Patutiki remercie le député de la France insoumise pour la sincérité de son intervention mais préférerait, à l’avenir, le voir s’abstenir sur les sujets qui sont les nôtres".
 

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