SOCIÉTÉ

Fortes pluies : risque accru de dengue et de leptospirose


Lundi 18 Février 2019 à 11:06

SANTÉ - La docteure Marine Giard, responsable du bureau de veille sanitaire à la direction de la santé, était notre invitée du journal ce dimanche 18 février. Elle est revenue sur les risques de leptospirose suite aux fortes pluies qui ont frappé la Polynésie ces derniers jours et à mis également en garde contre les dangers des proliférations des gîtes à moustiques.


Avec les fortes pluies qui viennent de tomber, les risques de transmission de la leptospirose sont plus accrus...
"Le message que je voudrais faire passer à toutes les personnes qui sont en train de nettoyer... qui ont probablement les pieds dans la boue parce qu'on a vue toutes ces rivières boueuses... c'est de vous protéger, de mettre des chaussures fermées, de nettoyer les plaies et de les couvrir afin d'éviter d'attraper la leptospirose."

Suite aux épisodes pluvieux que nous avons connus ces derniers mois, est-ce que le nombre de cas de leptospirose a augmenté  ?
"Il a augmenté. Dès qu'il y a des pluies, on sait que une semaine à dix jours après, le nombre de cas de leptospirose va augmenter. Et c'est ce qu'il s'est passé depuis les dernières pluies."

>>> Lire aussi : Dengue : comment protéger les plus jeunes

L’autre risque qui inquiète beaucoup plus le bureau de veille sanitaire, c’est la multiplication des gîtes à moustiques, ainsi des risques de transmission de la dengue de type 2.
"La dengue de type 2 est une inquiétude parce qu'il y a actuellement une épidémie en Nouvelle-Calédonie. Ce virus ne circule pas en Polynésie depuis l'an 2000 donc la population est faiblement immunisée, et si le virus est introduit et diffusé en Polynésie, il pourrait être à l'origine d'une grosse épidémie."

Justement, il y a eu récemment une campagne de démoustication pour prévenir la propagation de cette dengue.
"Il y a eu un cas importé de Nouvelle-Calédonie. On sait qu'il y a un avion par semaine qui nous relie en direct avec la Nouvelle-Calédonie, donc il y a des risques d'importation de personnes qui sont porteuses du virus. Cela a été le cas le week-end dernier. C'est pour ça qu'il y a eu une campagne de démoustication. Partout où cette personne est passée, le centre d'hygiène et de salubrité publique est passé pour pouvoir éliminer les moustiques qui auraient pu piquer la personne malade."

Est-ce que ces pulvérisations restent le moyen le plus efficace de prévenir la propagation ?
"Cela reste le moyen le plus efficace tant que l'épidémie n'est pas enclenchée. C'est-à-dire tant qu'on a un seul cas et que l'on peut éliminer les moustiques qui auraient pu piquer la personne malade, cela reste efficace. Une fois que le virus se diffuse et que l'on est en période épidémique, le moyen le plus efficace, -qui est d'ailleurs un message à faire passer en permanence- est de lutter contre les gîtes larvaires. Donc d'éliminer toutes les rétentions d'eau."
 
Où en sommes-nous aujourd'hui avec la dengue en Polynésie française ? Est-ce que le nombre de cas reste stable au fil des années ?
"Il n'y a pas d'augmentation comme la leptospirose. La dernière épidémie date de 2013 et il y a eu des fluctuations en 2015 et 2016, mais on est maintenant en période d'endémie. Cela veut dire qu'il y a un nombre presque constant de cas de dengue de type 1 qui circulent depuis 2013. Et les autres types de dengue, 2, 3 et 4, ne circulent pas actuellement en Polynésie."

>>> Lire aussi : Vers une éradication des moustiques vecteurs de maladie en Polynésie ?

Le bureau de veille sanitaire reste vigilent quant à l'importation de ces cas-là. Êtes-vous en relation étroite avec les aéroports ou les services d'hygiène des autres pays qui pourraient nous transmettre le virus en Polynésie ?
"Bien-sûr. On surveille tout ce qui se passe dans le Pacifique. Il y a eu des épidémies de dengue dans plusieurs îles du Pacifique. Non seulement on est en lien avec eux mais on met aussi en œuvre des mesures de prévention dans les avions qui sont en ligne directe avec ces îles, il y a des messages qui sont affichés dans les aéroports avant l'immigration et au niveau du tapis de récupération des bagages. On surveille également certains événements et regroupements internationaux comme les événements sportifs par exemple."

Pouvez-vous nous rappeler quelles sont les différences entre la dengue de type 1 et la dengue de type 2, notamment sur les symptômes ?
"Il faut considérer que ce sont deux virus différents. Quand on a eu la dengue de type 1, on ne peut plus l'avoir. Par contre, on peut avoir les autres types de dengue. Et quand on a eu la dengue de type 2, c'est la même chose, on ne peut plus avoir la dengue de type 2. Par contre les symptômes sont toujours les mêmes : une forte fièvre brutale avec des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête. En général, il n'y a pas de signes respiratoires comme dans la grippe."

Il n'y a pas de véritable traitement efficace à ce jour ?
"Il n'y a pas de traitement efficace comme dans un certain nombre de maladies virales. C'est un traitement symptomatique. Il est important de consulter, surtout ces temps-ci suite au cas de type 2 qui a été importé de Nouvelle-Calédonie pour qu'on puisse diagnostiquer très rapidement s'il y a d'autres cas secondaires et qu'on puisse toujours mettre en œuvre cette lutte périfocale autour de la personne malade."
 
Rédaction web avec Sam Teinaore







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