SOCIÉTÉ

Exercice Marara 2017: un cyclone nommé Scarlett


Vendredi 6 Octobre 2017 à 14:50 | Lu 6850 fois

FORCES ARMEES - Si les forces armées de Polynésie française estiment peu probable une menace militaire sur la Polynésie française, il est un événement qu'elles prennent très au sérieux en cette période de dérèglement climatique. Celui de l'arrivée d'un cyclone dévastateur. C'est l'objet de l'exercice interarmées Marara 2017 qui se déroulera du 14 au 20 octobre.


Photo Archives TNTV
Photo Archives TNTV
Le théâtre d'opération de cet exercice grandeur nature s'étendra sur une zone qui couvre Tahiti, Moorea, Maiao, Tupai, Tahaa et Raiatea, où sera basé le centre de dispositif des secours en coordination avec les services du Haut-commissariat.
 
Le scénario: le 5 octobre naissance du cyclone "Scarlett" sur les Cook du Nord. Le 8 octobre, il monte en puissance et se dirige vers nous. Le 12 et 13 octobre, il touche les Îles Sous le Vent, essentiellement les îles de Tupai, Raiatea et Huahine.

Si bien entendu destructions, inondations, blessés et morts sont inscrits au programme, des tensions sociales dans un pays fictif affecté durablement par plusieurs phénomènes climatiques, ont été incorporées par les "scénaristes" des armées. Comme on le voit rien n'a été laissé au hasard et toutes les possibilités, envisagées.

Si quelques esprits chagrins ne manqueront pas de reprocher à l'armée de se raccrocher au wagon d'Irma et de prendre le train en marche, il faut savoir que cette opération est sur les starting block depuis fin 2016, début 2017. Soit bien avant la catastrophe qui a touché les Antilles. Changement climatique aidant, les forces armées anticipent et se parent à toutes éventualités.

Au total, 300 militaires seront déployés, deux Casa, un Gardian, un hélicoptère Dauphin et une Alouette III, ainsi que du matériel terrestre, camions etc… Du fret sera emporté par le Taporo pour la base de soutien à Raiatea. Tout cela dans le but d'éprouver les procédures mises en place et les éventuelles améliorations à apporter, préparer les troupes et les matériels afin d'être prêt le jour où la réalité dépassera la fiction.
 
Si les forces armées, Terre, Air, Mer, basées en Polynésie participent à cet exercice, ainsi que la Nouvelle-Calédonie, les civils seront aussi de la partie. En effet, l'Aviation Civile, le MRCC, les sapeurs-pompiers et policiers municipaux de différentes communes auront leur rôle à jouer.

En outre, dans le cadre de la collaboration avec les nations du Pacifique, des officiers venant d'Australie, Chili, Fidji, Nouvelle-Zélande, Tonga, Vanuatu, USA, Cook, Kiribati soit 19 personnes, seront intégrées à l'Etat-major soit en tant qu'actifs ou bien en observateurs, pour les Cook et Kiribati, qui ne possèdent pas d'armée.

"La menace climatique est une préoccupation commune de l'ensemble des pays de la zone Asie-Pacifique et, pour ce qui nous concerne, des pays du Pacifique Sud", explique le Contre-amiral Denis Bertrand, poursuivant, "La réponse à un évènement majeur se trouve dans la coopération et l'aide internationale".

Indiquant que les forces armées en Polynésie françaises sont intervenues aux Vanuatu et aux Fidji dans le cadre du secours aux populations après un évènement climatique de grande ampleur, pour le Contre-amiral, "Il est donc fondamental que nous nous entrainions aussi à la coopération internationale face à un tel évènement."

Dans l'esprit du Contre-amiral, "L'objectif d'un exercice comme celui-là est d'entraîner l'Etat-major et les forces armées de Polynésie française à réagir et agir en cas d'évènement majeur, en l'occurrence, un cyclone, pour porter secours à la population."

Preuve s'il en est besoin que le dispositif de l'armée est relativement bien rodé, il suffit de se rappeler des intempéries de janvier 2017. "Quelques heures après ces pluies survenues au milieu de la nuit, les militaires étaient à pied d'œuvre, le commandement organisé, les compagnies déployées sur le terrain sur demande du haut-commissaire pour aller à Arue, Pirae, Mahina, et Paea, afin de dégager des axes et des ponts, et ravitailler en eau la population."

Si, selon le Contre-amiral Denis Bertrand, il reste quelques points à améliorer, "Cet évènement, de ce point de vue a montré la justesse de notre organisation." Gageons que l'exercice Marara 2017 permettra à l'Etat-major de gommer les éventuels dysfonctionnements d'ici que la Polynésie soit confrontée à un cyclone dévastateur.
 
Pascal Bastianaggi







Dans la même rubrique :
< >

SOCIÉTÉ | TAHITI VA'A 2017 | VA'A PORTRAITS | FenuaHeroes | FAITS DIVERS | POLITIQUE | SPORT | CULTURE | BUZZ | MONDE | Pharmacies et Médecins de Garde | L'IMAGE DE LA SEMAINE | EMISSION WEB | HawaikiNuiVaa2017