SOCIÉTÉ

Exclusif - Le plan prévention de la délinquance 2018-2020


Dimanche 11 Novembre 2018 à 16:09

PRÉVENTION - TNTV s’est procuré le plan qui doit être présenté mardi prochain. Les quatre cibles prioritaires établies pour les deux années à venir : les pratiques addictives, la délinquance des mineurs, les violences intrafamiliales et la délinquance routière.


(Crédit: archives TNTV.)
(Crédit: archives TNTV.)
C’est un document de 36 pages qui doit être rendu public le 13 novembre à l’occasion de la réunion plénière du Conseil de prévention de la délinquance (CPD) en Polynésie française. Ce plan de prévention de la délinquance 2018-2020 sera présenté conjointement par le haut-commissaire, René Bidal, le président du Pays, Edouard Fritch et le procureur général près de la cour d’appel de Papeete Thomas Pison.

Dans un premier temps, le rapport fait un « diagnostic territorial de sécurité ». On retrouve ici les chiffres et les tendances qui avaient été dévoilées par le haut-commissaire le 10 octobre dernier. Des chiffres qui montrent que la délinquance est globalement contenue ou en baisse en Polynésie française, à l’exception des violences intrafamiliales et de la délinquance routière.
Le document rappelle également toutes les actions concrètes qui ont été engagées depuis 2016 et la création du CPD. « 46 actions ont été engagées ciblant quatre domaines d’intervention : les addictions, la délinquance des jeunes, les violences intrafamiliales et la tranquillité publique ». Au rang de ses actions on retrouve le renforcement des peines pour la vente d’alcool aux mineurs, le travail du Pays engagé sur le décrochage scolaire, l’augmentation des capacités d’accueil en internat, la mise en œuvre du système de téléphone grave danger pour les femmes battues, la création d’une page Facebook du procureur de la République, la constitution de « brigade » de médiateurs dans certaines communes, etc.
 
 

Les quatre priorités du plan 2018-2020

Pour mener à bien ce nouveau plan, le rapport du CPD rappelle les acteurs qui doivent conjointement travailler à sa réussite : le haut-commissariat (à travers les actions de préventions de la police et la gendarmerie), le gouvernement de la Polynésie (à travers le travail des différents ministères impliqués dans la prévention), la justice (qui doit adapter la réponse pénale et prévenir la récidive), les communes (par leurs actions de proximité et de coordination des actions de prévention) et bien sûr les associations qui travaillent toute l’année sur le terrain et au sein du CPD. Le financement de ces mesures n’est pas chiffré.
 
  1. Réduire les pratiques addictives : les deux cibles sont "la consommation banalisée de l’alcool bien souvent associée au cannabis" et l’ice. Le plan préconise une approche globale très en amont. Onze actions sont listées. Une première série concerne la prévention en milieu scolaire et périscolaire, pilotée par la DGEE et la direction de la protection judiciaire de la jeunesse. La seconde série d’actions propose un nouvel arsenal de textes pour lutter contre l’alcool. Avec notamment une loi du Pays pour instaurer une taxe sur la publicité de l’alcool destinés à financer des actions de prévention. Le CPD propose également de réviser la réglementation en matière de vente promotionnelle d’alcool, sans rentrer dans le détail. Concernant le fléau de l’ice, le CPD propose d’élaborer une grande campagne d’information sur la méthamphétamine et ses dangers avant juin 2019. Mais dès décembre prochain, une campagne plus générale sur les conduites addictives devrait voir le jour. Le ministère de la Santé doit aussi "poursuivre"  le projet de création d’une structure d’accueil de désintoxication au pôle de santé mentale.
 
  1. Intensifier les actions de prévention de la délinquance des mineurs : alors même que les chiffres de mineurs mis en cause sont en baisse depuis 2015, le rapport note tout de même que cette délinquance, « conséquente à une rupture éducative, une carence de l’autorité parentale ou une conduite addictive » génère un fort sentiment d'insécurité auprès de la population. La première série d’actions concerne là-aussi le milieu scolaire où il faut « développer les mesures de prévention » et aussi développer « les signalements par sms des absences à destinations des parents ». Une mission étalée sur deux ans et largement dévolue au Pays à travers le ministère de l’Education de la jeunesse et des sports.  Le plan propose par ailleurs de faire évoluer dès 2019 les textes législatifs sur la responsabilité des parents en impliquant les maires, le Pays et la justice.
L’échelle des sanctions suivraient cette progression : 1. Rappel des obligations ; 2. Stage d’alternative aux poursuites ; 3. Poursuites et sanctions. Il n'est pas dit si ces sanctions toucheraient aux allocations familiales. Pour lutter contre la violence scolaire, il est proposé de faire travailler ensemble police, gendarmerie et l’Education pour diagnostiquer l’ensemble des établissements et d’accentuer la formation à la gestion de crise les cadres de l’enseignement. Le document prône ensuite toute une série de mesures pour développer la prise en charge et les activités pour les jeunes en dehors du temps scolaire avec notamment le recrutement et la formation de personnels d’animation et d’encadrement. Enfin la justice doit travailler à la mise en place de mesures alternatives à la condamnation.
 
  1.   Améliorer la prévention des violences intrafamiliales : on le sait, c’est l’un des points noirs en matière de délinquance au fenua. Sur ce sujet plusieurs actions sont proposées : d’abord développer avant la fin de l’année des groupes de paroles (auteurs et victimes) et des stages « de responsabilité parentales pour les auteurs de violences» et des « camps famille ». Et tout cela notamment dans les archipels en manque cruel de structures. Un spot télé est aussi à l’étude. Pour mieux détecter les victimes il est proposé enfin de mieux coordonner le travail des forces de l’ordre et des travailleurs sociaux et de développer les formations auprès du corps médical pour améliorer les taux de signalement de violences.
 
  1. Lutter contre la délinquance routière : au départ cette priorité n’était pas prévue dans le plan 2018-2020. Lors de la communication des chiffres de la délinquance sur les 5 dernières années, René Bidal avait étrangement aussi escamoté les chiffres de la route. Mais face aux statistiques préoccupantes de cette année (déjà 30 morts,  + 50% par rapport à l’an dernier à la même époque) la lutte contre la délinquance routière a été rajoutée dans les priorités.  Mais pour l’instant aucune action précise n’a été mise au point. Selon nos information, un programme court qui serait diffusé à la télé est à l'étude.
 
Bertrand Parent 







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