SOCIÉTÉ

Double peine pour les personnes à mobilité réduite


Samedi 28 Avril 2018 à 15:37 | Lu 3469 fois

HANDICAP - Rowena Nouveau, est une jeune femme qui fait partie de ce que notre société appelle, des personnes à mobilité réduite. A cet handicap viennent se rajouter beaucoup d'autres difficultés. Difficulté à être embauché, à s’amuser et à profiter de la vie comme une personne valide.


Crédit photo: TNTV
Crédit photo: TNTV
Nous l’avons suivi un samedi matin pour une balade aux allures de parcours du combattant. Aller à la plage quand il fait beau, pour tout le monde est un plaisir simple et gratuit. Un plaisir dont aimerait aussi profiter Rowena. Malheureusement pour elle, une fois garée sur la place réservée aux Personnes à Mobilité Réduite, c’est un vrai challenge qui l’attend.

"Tout est fait au niveau du parking pour faciliter l'accès au personnes à mobilité réduite, sauf qu'une fois garée et sortie de la voiture, c'est un peu le parcours du combattant pour aller en fauteuil roulant  jusqu'à l'eau." explique en souriant la jeune femme.

Si ce ne sont pas les solutions qui manquent pour pallier à cet inconvénient,  tel qu'un chemin praticable pour que l'on puisse pousser le fauteuil sans qu'il ne s'enlise, il n'en reste pas moins qu'avoir des loisirs à Tahiti lorsque l'on est handicapé, n'est pas une sinécure.

"Déjà qu'à Tahiti les loisirs sont assez restreints, mais pour nous les PMR c'est encore moins évident. C'est un peu une expédition, et pourtant cela devrait être simple. On est des citoyens comme tout le monde et on voudrait profiter avec la famille du soleil et de l'eau. Alors que notre pays est réputé pour ses lagons dans le monde entier, nous on ne peut pas en profiter." explique t-elle sans se départir de son sourire.

Après la plage direction le restaurant. Ici, c’est l’établissement préféré de Rowena, pour ses atouts indéniables, mais aussi parce qu’il est l’un des rares à lui autoriser l’accès. "L'accessibilité à un lieu est la question  que je dois me poser à chaque fois que je dois aller quelque part. Est ce que c'est accessible ?". Loin de se plaindre de sa condition, "J'ai une vie sociale, des amis, une super famille.", il n'en reste pas moins que pour Rowena, l'accessibilité aux endroits publics est à revoir, "Histoire d'avoir un peu plus de liberté."

Et cette accessibilité manque cruellement en Polynésie dans les infrastructures de loisir. Les plages, les restaurants, mais aussi les trottoirs, les boutiques et les salles de cinéma, autant de loisirs dont sont privés les personnes à mobilité réduite."Moi je peux encore me déplacer, mais il y a d'autres personnes avec un handicap plus lourd qui n'osent pas bouger. "

Si Rowena souhaite dénoncer le manque de liberté de circuler dont elle est victime, c’est aussi parce que selon elle, il renforce le sentiment de discrimination. "C'est le regard des gens qu'il faut savoir gérer. il faut savoir vivre avec. Si les endroits étaient plus accessibles, on se déplacerait plus naturellement, librement et on attirerait pas tous les regards."

Pourtant, un texte de loi impose à tous les établissements publics de proposer un accès aux personnes à mobilité réduite. Une loi trop peu souvent appliquée, pourtant, l’accessibilité est un enjeu pour 12% de la population.
 
Rédaction web avec Tamara Sentis






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