MONDE

Deux morts dans une attaque au couteau à Marseille, prudence sur le caractère terroriste


Dimanche 1 Octobre 2017 à 08:47 | Lu 757 fois

MARSEILLE - Deux jeunes femmes ont été tuées à coups de couteau dimanche sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille par un homme qui aurait crié "Allah Akbar", avant d'être abattu par des militaires.


L'enquête, confiée au parquet antiterroriste de Paris, en plus du parquet de Marseille, doit encore établir s'il s'agit bien d'un acte terroriste, a déclaré sur place le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. "A partir du moment où le parquet anti-terroriste a été saisi, c'est qu'il y a cette possibilité, mais aujourd'hui nous ne pouvons l'affirmer de façon assurée", a insisté M. Collomb.
 
Une dizaine d'auditions de témoins étaient en cours, a-t-il précisé dimanche soir, alors que plusieurs ont rapporté avoir entendu l'assaillant, âgé d'une trentaine d'années, crier "Allah Akbar".
 
Les deux victimes de cette attaque, perpétrée vers 13H30 sur le parvis de la gare principale de Marseille, doivent encore être identifiées. Elles "auraient environ 20 ans", selon une source policière. L'une aurait été égorgée, et l'autre poignardée, selon une source proche de l'enquête.
 
Connu pour des faits de droit commun, sous plusieurs identités, l'assaillant n'avait "pas de papiers sur lui", mais a été identifié grâce à ses empreintes digitales, selon cette source. Il a été rapidement abattu par des militaires de Sentinelle, après les sommations.
 
Son comportement a été qualifié "d'étrange" par le ministre de l'Intérieur, au vu des bandes de vidéo-surveillance : il "commence par commettre (son) crime sur une première personne, s'enfuit, puis revient sur ses pas pour tuer la seconde personne". "C'est un élément d'interrogation", a souligné M. Collomb.
 
Côté judiciaire, l'enquête a été ouverte pour assassinats et pour tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique, et selon des sources proches, la piste terroriste est privilégiée. "Pour moi, c'est un attentat", a déclaré le maire LR de Marseille, Jean-Claude Gaudin, présent à côté du ministre.
 
"Profondément indigné par cet acte barbare, en peine avec les familles et les proches des victimes de Marseille", a tweeté le président de la République Emmanuel Macron, saluant militaires et policiers.
 
- "Une personne s'est effondrée" -
 
Les faits se sont produits à l'extérieur de la gare, sur le parvis, en haut des 104 marches de l'Escalier Monumental, et ont provoqué un bref mouvement de panique. La gare a été paralysée et le trafic des trains interrompu pendant quatre heures, pour permettre aux importants moyens de police -- 200 hommes -- de travailler.
 
"J'ai entendu crier et une personne s'est effondrée", a décrit Mélanie Petit, une étudiante de 18 ans qui attendait une correspondance sur cette esplanade dominant la cité phocéenne. "J'ai entendu crier 'Allah Akbar', et j'ai vu un homme vêtu tout en noir, il me semble", a raconté cette étudiante à l'école des Mines d'Alès (Gard), contactée par téléphone.
 
Robert, salarié de la SNCF, a été confiné avec plusieurs dizaines de voyageurs dans les bureaux de la compagnie. Après l'attaque, "des flics sont arrivés de partout, immédiatement", a-t-il décrit. "Des gens, pas en treillis, peut-être des policiers en civil, nous criaient de partir. Beaucoup dans la foule restaient sur place", a complété Jeanne, une voyageuse de 33 ans.
 
- "Marseille pleure" -
 
Sur Twitter, le président LR de la région Paca, Renaud Muselier, a déploré "un acte barbare". "#Marseille pleure avec ses pauvres victimes. L'assassin aussi répugnant que ses motifs", a écrit le député de Marseille et chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.
 
Marine Le Pen, présidente du Front national, a dénoncé "le terrorisme", qui est "un acte de guerre contre notre pays". "La vraie liberté, c'est la sécurité", a tweeté la sénatrice PS des quartiers nord Samia Ghali, faisant le lien avec le projet de loi antiterroriste, qui "doit nous permettre d'être plus efficace".
 
Dans l'attente de l'adoption de ce texte, le gouvernement a renouvelé jusqu'au 1er novembre l'état d'urgence, sur fond de menace très élevée en France, frappée depuis 2015 par une série d'attentats qui ont fait 239 morts.
 
Plusieurs attaques récentes ont visé les forces de l'ordre. La dernière attaque meurtrière de ce type remonte au 20 avril, lorsque Karim Cheurfi avait tué un policier sur les Champs-Elysées.

 
AFP






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