SOCIÉTÉ

Deux médecins experts à la rencontre des victimes des essais


Mercredi 24 Avril 2019 à 11:08

NUCLÉAIRE - Deux médecins experts sont en Polynésie afin de rencontrer les personnes dont le dossier a été approuvé par le comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen). Trente-six familles seront reçues tout au long de la semaine.


(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
Quels préjudices pour les victimes avérées des essais nucléaires ? C’est la question à laquelle devront répondre deux médecins experts mandatés par le comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen). Ils ont débuté mardi une nouvelle mission qui les conduira de Tahiti à Fakarava, en passant par les îles Sous-le-Vent.
 
"Ce ne sont pas des experts du nucléaire, précise Dr Arnaud Castelnerac, médecin chef du centre médical de suivi. Ce sont des gens qui font de l’expertise en France, des professeurs qui sont renommés dans le domaine de l’expertise médicale en réparation du dommage corporel. C’est-à-dire que d’habitude, ils vont plutôt traiter d’accidents de voiture pour évaluer les conséquences suite à une atteinte corporelle et ensuite proposer une indemnisation. Mais ils ne viennent pas du tout traiter de la causalité de l’événement, de la maladie, donc le lien entre l’essai et la maladie qui a pu naître…"
 
Pour ces médecins experts, "les principales questions, c’est de savoir ce qui est indemnisé ou pas, ou ce qu’on évalue, sachant qu’il y a des choses qui sont dans le préjudice, explique Dr Norbert Telmon, l’un d’entre eux. Ce qu’on évalue, c’est bien le préjudice médical, pas les préjudices économiques, même si certains peuvent découler l’un de l’autre…"
 
L’association 193 accompagne 20 des 36 cas reçus par les experts. Sa 2e vice-présidente, Léna Normand, rappelle que les anciens travailleurs ne sont pas les seuls à pouvoir déposer un dossier de demande d’indemnisation.
 
D’ailleurs, "l’association souhaiterait attirer l’attention des personnes qui remplissent les conditions : avoir séjourné en Polynésie française entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998, et souffrir et avoir développé une des 21 pathologies, dont deux nouvelles qui vont être ajoutées sous peu", détaille-t-elle.
 
Mais à quel niveau évaluer le préjudice subi ? L’une des victimes reçues mardi matin, et qui a souhaité garder l’anonymat, a vu sa vie basculer il y a 20 ans, après un premier cancer du sein.
 
"Il y a 20 ans, c’est-à-dire en 1997, on m’a diagnostiqué un cancer du sein droit, confie-t-elle. Ça a été très dur, j’ai dû quitter ma famille pour partir très loin en France. En 2001, j’ai récidivé sur le même sein, ce qui a conduit à une ablation du sein droit. Il y a deux à trois semaines, on m’a découvert un autre cancer, mais cette fois-ci dans le sein gauche. Ça a été radical, je suis passée d’une femme coquette à une femme complètement repliée sur elle, avec une baisse de l’estime de soi, et plus le goût de vivre. Pour moi, ma vie est foutue, c’est fini, souffle-t-elle. Donc comment peut-on chiffrer ça ?"
 
Rédaction web avec Laure Philiber et Jeanne Tinorua
 






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