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Collision de Millas : cinq enfants tués, défaillance technique ou erreur humaine ?


Vendredi 15 Décembre 2017 à 09:25 | Lu 1643 fois

METROPOLE - Défaillance technique ou erreur humaine ? Rien n'est tranché mais l'enquête a progressé vendredi au lendemain de la terrible collision entre un autocar scolaire et un train à Millas (Pyrénées-Orientales), dans lequel au moins cinq enfants ont été tués.


Collision de Millas : cinq enfants tués, défaillance technique ou erreur humaine ?
Des témoignages recueillis évoquent "très majoritairement" des "barrières (du passage à niveau) fermées", a indiqué le procureur de la République de Marseille qui s'est saisi de l'enquête via son pôle spécialisé dans les accidents collectifs. Mais tous les témoins n'ont pas été entendus, a précisé Xavier Tarrabeux.

De son côté, l'employeur de la conductrice du car scolaire, Christian Faur, a affirmé que son employée avait "traversé en toute confiance et en toute sérénité le passage à niveau, barrières ouvertes et feu clignotant éteint".

L'émotion est immense à quelques jours des fêtes de Noël. "On est tous choqués, ils passaient tous les jours par là, ce sont des enfants qu'on côtoie tous les jours", a déclaré, très émue, Maria Baptiste, mère au foyer. 

Tous les enfants, âgés de 11 à 17 ans, venaient du village de Saint-Féliu-d'Avall, à quelques kilomètres du lieu de la catastrophe. A la mairie, où les drapeaux étaient en berne, une cellule psychologique a été mise en place. Un office liturgique a été célébré dans l'église en mémoire des victimes.

Des dizaines de personnes ont par ailleurs fait la queue pour donner leur sang. Comme Delphine Ponthieux:  "Ça me touche beaucoup, je le fais pour apporter mon soutien aux familles. On sait que cela aurait pu être les nôtres", a-t-elle souligné, en versant des larmes.

Le président Emmanuel Macron a exprimé "la solidarité de la Nation" avec les victimes de cette catastrophe, une des plus meurtrières impliquant le transport d'enfants depuis 1982. La carcasse de l'autocar a été coupée en deux par la violence du choc. 

Et le bilan pourrait encore s'alourdir car le pronostic vital de 6 blessés, tous des collégiens, est encore engagé. 

Faire la lumière

Le conducteur du TER a été interrogé, tout comme 13 autres personnes. La conductrice, une quadragénaire employée des autocars Faur, a été grièvement blessée et n'a pas encore été entendue.

La SNCF a indiqué jeudi que "selon des témoins, le passage à niveau a fonctionné normalement, mais il faut évidemment que cela soit confirmé par l'enquête". Il s'agit d'un passage à niveau "classique" doté d'une signalisation automatique et de deux barrières, qui "n'était pas considéré comme particulièrement dangereux", selon elle. 

Un père d'élève, Samuel Conegero, a cependant affirmé, se basant sur une photo prise par son fils, que "la barrière (était) complètement relevée et qu'il n'y (avait) pas de barrière cassée". "Il y avait une barrière levée", a également indiqué Robert Taillant, le maire de Saint-Féliu d'Avall.

Vendredi, le ton est monté d'un cran entre la société des autocars Faur et la SNCF. Christian Faur, co-dirigeant de l'entreprise, a accusé la SNCF de "porter des allégations" et souhaité "qu'à la fin lorsque la vérité sera connue, la SNCF assume ses responsabilités".

La SNCF a très rapidement réagi se déclarant "choquée par les accusations particulièrement graves qui viennent d'être formulées à son encontre", formulées selon elle "sans aucun élément tangible de preuve" mais avec "un but purement polémique".

Face aux informations et témoignages contradictoires, les enquêteurs restent très prudents. Plusieurs investigations sont en cours: une enquête judiciaire, une autre de la SNCF, une enquête administrative a été aussi ouverte par le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT).

"Il est indispensable qu'on puisse faire la lumière", a déclaré Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, afin qu'"à l'avenir, sur les 15.000 passages à niveau de France, ce type d’événement tragique ne puisse pas se reproduire".

Dans la petite commune rurale de Millas, sous le choc, le collège a rouvert ses portes vendredi matin. Les collégiens étaient accueillis par une cellule médico-psychologique. Le ministre de l'Education Nationale Jean-Michel Blanquer est venu témoigner "le soutien de l'ensemble de la France".

Le procureur de Marseille se rendra samedi matin sur les lieux de l'accident, où 100 militaires sont mobilisés.
AFP






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