FAITS DIVERS

Affaire de la citerne de Erima : 3 ans de privation des droits civiques requis contre Gaston Flosse


Jeudi 6 Juin 2019 à 19:27

JUSTICE - Edouard Fritch et Gaston Flosse étaient jugés ce jeudi matin pour détournement de bien public dans le dossier dit de la citerne d’eau de Erima. Une station de pompage installée à Pirae, mais qui aurait servi à alimenter en eau la résidence du président du Tahoera’a située à Arue.


Gaston Flosse et Edouard Fritch ce jeudi, au tribunal correctionnel. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
Gaston Flosse et Edouard Fritch ce jeudi, au tribunal correctionnel. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
Ils ne se seront pas adressé un seul regard, mais c’est bien côte à côte que Gaston Flosse et Edouard Fritch comparaissaient ce jeudi devant le tribunal correctionnel. De même que deux sœurs, résidentes du lotissement de Erima à Arue.

La justice leur reproche d’avoir bénéficié depuis 1989 d’une alimentation gratuite en eau grâce à une station de pompage bâtie sur la rivière Nahoata. Une infrastructure située sur la commune de Pirae dont Gaston Flosse fut maire, mais alimentant les hauteurs de Erima, lieu de résidence du président du Tahoera’a. Et les factures d’électricité, évaluées à quelques 600 000 Fcfp par mois, étaient de surcroît supportées par les administrés de Pirae.

Mais pour l’avocat de Gaston Flosse, le conseil municipal de Pirae avait voté une délibération permettant la prise en charge de ces factures. Et cette station alimentait aussi une vingtaine d’habitations de Erima. "C'est vrai qu'on a construit un réservoir d'eau, et on s'est branché sur la station de pompage de la Nahoata, mais on ne l'a pas fait pour nous. On l'a fait pour tous les habitants du quartier qu'on voulait développer. Alors il s'est trouvé que le premier habitant c'était Jackie Teuira, et que Gaston Flosse a du suivre pas longtemps après. Mais c'est quelque chose qui concourt au bien de la commune, au bien des habitants" a déclaré maître François Quinquis, avocat de Gaston Flosse

Le lotissement Erima. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
Le lotissement Erima. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
Quant à Edouard Fritch, il est en substance accusé de ne pas avoir dénoncé la situation lorsqu’il a pris en main les rênes de Pirae. Selon son avocat, il paie surtout sa proximité avec Gaston Flosse à l’époque. "Mon client serait coupable parce qu'il était le gendre de monsieur Flosse et parce qu'il était son dauphin politique. Et à partir de là, on inverse totalement la proposition : il est dans ses relations avec monsieur Flosse, monsieur Flosse aurait du payer de l'eau, il a pas payé, donc monsieur Fritch est coupable. Mais c'est pas comme ça que ça se présente, pas du tout", a déclaré maître Yves Piriou, avocat d’Edouard Fritch.

Partie civile au dossier : la commune de Pirae. Elle demande le remboursement de 87 millions de Fcfp, bien que son maire figure sur le banc des prévenus. "Les textes sont bien fait puisque évidemment, et pour garantir les intérêts de la commune et de ses administrés, dans un cas de conflit d'intérêt, c'est le premier adjoint qui suit le dossier. Les intérêts de la commune doivent être préservés, et c'est ce qui est fait",  précise maître François Mestre, avocat de la commune de Pirae.

En ouverture de l’audience, les avocats de la défense ont soulevé divers moyens de nullité de procédure et de prescription des faits. Le tribunal tranchera ces questions au moment de rendre son jugement.

Ce jeudi soir le procureur a requis contre Gaston Flosse 2 ans de prison avec sursis et une mise à l'épreuve avec exécution provisoire ainsi que 3 ans de privation des droits civiques et 10 millions de Fcfp d'amende. Le procureur a requis également le remboursement de la commune.
Contre Edouard Fritch, le procureur a requis 5 millions de Fcfp d'amende. "Je ne requiers pas de peine d'inéligibilité", a déclaré Hervé Leroy.
Contre les deux soeurs, résidentes du lotissement, le procureur a requis respectivement 5 millions et 10 millions de Fcfp d'amende.
Le jugement ne devrait pas être rendu le 27 juin. 
Rédaction web avec Sam Teinaore et J-B. Calvas







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