SOCIÉTÉ

Winiki Sage : "Il faut absolument faire des carrières"

ENVIRONNEMENT


Lundi 3 Août 2015 à 11:21 | Lu 334 fois

Les travaux d'aménagement des vallées et particulièrement l'extraction, inquiètent les associations de protection de l'environnement et les riverains. Une carrière devrait prochainement s'ouvrir à la Punaruu. Winiki Sage, président de la fédération des associations de protection de l'environnement était l'invité du journal de Tahiti Nui Télévision dimanche


Quelle est votre analyse sur les travaux d'extraction du gouvernement ?
"Les images parlent d'elles-mêmes. On est tous terrifiés à voir ces travaux et l'ampleur qu'ils ont pris aujourd'hui. Ce qui est contesté par les associations et les riverains, c'est que les gravats qui sont dans le lit de la rivière devraient rester à côté et ne pas servir à autre chose."

Pourtant, cette semaine, le ministre a affirmé que tout ce qui sort de la rivière appartient au pays. 
"Effectivement, il y a une réglementation. Quand on annonce par exemple 1000 m3 de curage, on sait très bien que les sociétés à qui on a confié ces chantiers vont en extraire beaucoup plus et que c'est devenu un business. Ca fait des années que les associations se battent pour qu'il y ai plus de contrôle. Aujourd'hui c'est quand même anormal que ce soit les associations qui soient obligées de dénoncer ce qui se passe. Il n'y a pas suffisamment de contrôleurs sur place pour vérifier que ce qui a été annoncé en terme de cubage, et c'est ce qui se passe dans la Taharuu, entre les 30 000 m3 qui étaient annoncés au début et ce qui se passe aujourd'hui, il y a une différence. Et c'est là que ça ne va pas."

Ce problème a également été débattu au sein du CESC. Vous êtes représentant au CESC...
"Effectivement, je siège au CESC. Il y a déjà 3 ans, un dossier est sorti, très complet, qui a fait un état de ce qui se passe sur le territoire et qui est parti sur plusieurs axes. Le premier axe c'était : essayons de construire avec moins de gravats. Essayons de développer des filières différentes, notamment le bois etc. Donc on a demandé au gouvernement dans ce dossier d'avoir des mesures incitatives, de faire en sorte que les gens aient envie de construire avec du bois et autre chose. C'est également une source de nouveaux emplois qui pourrait être développée puisque, aujourd'hui, autour de nous dans le Pacifique, que ce soit aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande ou même en France, il y a d'excellentes constructions en bois. Et donc on a préconisé depuis longtemps en gouvernement de montrer l'exemple et de ne pas construire systématiquement en béton depuis la dalle jusqu'au 4e étage."

Pensez-vous réellement qu'on puisse construire des logements sociaux avec du bois ?
"Aujourd'hui les fare MTR sont en bois. Ce sont des constructions qui résistent aux cyclones. Demain on va être confrontés aux changements climatiques. On annonce des cyclones qui seront de plus en plus difficiles. Au contraire, on est persuadés que c'est un axe qu'il faut développer. Ce que l'on regrette, c'est que les préconisations qui ont été faites dans ce dossier du CESC, quand le CESC se prononce sur des problématiques de cette sorte, il fait appelle à tous les experts du territoire. Ce sont des préconisations qui ne sont pas issues simplement de ceux qui siègent au CESC, mais bien des personnes compétentes qui ont été interviewées dans le cadre de commission."

Le ministre de l'Équipement, Albert Solia, se rendra dans la vallée de Te Vai Faara. Est-ce que vous serez sur place ?
"Il y a des associations qui seront sur place. Personnellement, je ne pense pas que j'y serais pour d'autres motifs. Mais ce qu'on sait c'est que le combat continuera et qu'effectivement on est absolument contre le fait d'aller extraire des gravats dans les rivières. Il faut absolument développer des carrières. Cela faisait partie des préconisations premières du CESC."

Donc vous êtes pour le projet de mise en place d'une carrière dans la Punaruu ?
"Oui, il faut absolument faire des carrières. C'est-à-dire aller chercher des gravats dans les falaises qui sont aux côtés et ne pas toucher aux rivières. La rivière, c'est la vie. C'est un appel que je veux lancer aux gens de Papara. Quand on touche à la Taharuu, on touche également au rivage. C’est moins de poissons. Ce sont les surfeurs, les chasseurs, ce sont toutes les personnes qui vivent à Papara qui devraient soutenir l'action de Claudine ( Claudine Tuarau, présidente de l'association Ia Ora Taharuu, NDLR)
qui se sent un peu seule". 







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