FAITS DIVERS

Video. Radio Bleue : prison ferme et 10 millions d’amende requis contre Emile Vernaudon


Mardi 17 Janvier 2017 à 18:29 | Lu 3444 fois

JUSTICE - L’ex-maire de Mahina Emile Vernaudon, l’ancien ministre Gilles Tefaatau et le descendant de la famille royale Joinville Pomare ont comparu, ce mardi, devant le tribunal correctionnel pour détournement de fonds publics et abus de confiance dans le cadre du dossier Radio Bleue, du nom de feue la station communale de Mahina.


Il est reproché au « Shérif » d’avoir accordé, de 2006 à 2008, environ 95 millions Fcfp de subventions, hors de tout cadre légal, à radio bleue pour faire sa propagande, selon l’accusation. 

Gilles Tefaatau et Joinville Pomare, qui tenaient les rênes de la station, sont quant à eux suspectés d’avoir perçu d’importantes rémunérations, environ 3 millions Fcfp pour le premier et 27 millions Fcfp pour le second, alors que selon les statuts de la radio communale, ils auraient du avoir une fonction bénévole.

A la barre, les trois hommes ont nié toute manœuvre et ont investi le champ politique. Ils ont ainsi reconnu que Radio Bleue était un outil de l’opposition de l’époque. « On avait un objectif : éliminer Gaston Flosse. Mais comment faire ? On a utilisé la radio », a déclaré Gilles Tefaatau.

Emile Vernaudon a de son côté fait valoir que les délibérations accordant des subventions à la station avaient fait l’objet de  contrôles des services de l’Etat.

« Pourquoi le haut-commissaire a visé ? Pourquoi le trésorier payeur général a payé ? Et c’est moi qui écope aujourd’hui. Mais je n’ai pas piqué un franc », a-t-il lâché avant de se dire « pire qu’un indépendantiste » aujourd’hui « après tout ce qu’on -lui- a fait », lui qui a « travaillé pour l’Etat ».

Son avocat, Me Sylvain Fromaigeat a dit, en substance, la même chose. « Le haut-commissaire et le CSA –Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, Ndlr- avaient connaissance de cet état de fait. Mais le haut-commissaire ne s’est jamais opposé au versement des subventions et le CSA a renouvelé la convention qui le liait à Radio Bleue. Ils ont donc considéré que la radio était dans les clous », a indiqué le conseil en marge de l’audience.

L’avocate de la commune de Moorea, Me Myriam Toudji a pour sa part réclamé le remboursement des 95 millions Fcfp de subventions, estimant que ces fonds publics avaient été utilisés « sans rapport avec l’intérêt général communal ».

Un avis partagé par la représentante du parquet. Celle-ci a requis la condamnation des trois prévenus. Contre Emile Vernaudon, elle a réclamé une peine d’un an de prison ferme, une amende de 10 millions Fcfp et cinq années d’inéligibilité. 

6 mois ferme, 5 millions d’amende et 5 ans d’interdiction d’exercer une fonction publique ont été requis contre Joinville Pomare. Quant à Gilles Tefaatau, la représentante du ministère public a demandé  4 mois de prison avec sursis, une amende d’un million et pour lui aussi 5 ans d’interdiction d’exercer toute fonction publique. Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 28 mars.

L’audience ne se sera pas déroulée sans incident. Clément Pito, un temps proche de Joinville Pomare, a failli en venir aux mains avec ce dernier. Il estime avoir été floué lorsqu’il œuvrait sur les ondes de Radio Bleue et a réclamé au tribunal 3,5 millions Fcfp de dommages et intérêts. « C’est un pique-assiette », a rétorqué, cinglante, la tête couronnée.

J-B. C. 

 

Accrochage entre Clément Pito et Joinville Pomare :


Emile Vernaudon :


Me Myriam Toudji, avocate de la commune de Mahina







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