POLITIQUE

Vidéo - Edouard Fritch : "Je n'ai pas de combat politique avec Tauhiti et le monde sportif"


Vendredi 1 Septembre 2017 à 10:26 | Lu 737 fois

INVITE DU JT - Le président Edouard Fritch était l'invité de nos journaux jeudi. Il est revenu sur son voyage à Paris, mais aussi sur l'actualité locale et la participation de la Polynésie au 48e Forum des îles du Pacifique.


> De retour de Paris, il a fait le point sur ses rencontres, notamment avec la ministre des Outre-mer, Annick Girardin. 

À la sortie de votre entrevue avec la ministre des Outre-mer, vous avez déclaré sur notre antenne que la ministre "ne vous faisait pas rêver",  en référence aux contraintes budgétaires qui s'annoncent. Est-ce que vous craignez pour les engagements de l'État en Polynésie ? 
"C'est les raisons pour lesquelles nous nous sommes déplacés avec le vice-président, ministre des Finances, à Paris : pour avoir confirmation sur certains engagements de l'État. C'est vrai que la ministre Annick Girardin a toujours un discours qui est franc et direct. Effectivement elle a mis en avant les problèmes financiers que connait l'Etat en ce moment. Mais elle confirme que l'État tiendra ses engagements surtout en matière de financement pour ce qui concerne les contrats de projet Etat-Pays et surtout Etat-Pays-Communes puisqu'aujourd'hui les communes se lancent dans de gros chantiers. Je pense en particulier à l'eau potable et l'assainissement. Elle nous promet que les crédits seront libérés. Le Pays de son côté est prêt à investir."

Vous disiez également qu'il allait falloir réajuster certains programmes qui devaient être financés par l'État. Lesquels exactement ?
"Je n'ai pas de précision à vous donner ce soir sur les réajustements qui vont se faire, mais c'est vrai que les crédits qui apparaissent sur les documents financiers de l'État sont aujourd'hui à 80% finançables. Il va falloir que l'on puisse trouver un complément de financement. Je pense qu'on le saura assez rapidement, fin septembre, début octobre. Si cela ne peut pas se faire cette année, naturellement nous serons obligés de réajuster les projets.  Plusieurs projets : tous les projets d'équipement prévus au contrat de projet, et puis certains gros projets au niveau des communes, l'assainissement, l'intervention du Pays et de l'État en matière d'assainissement ou d'eau potable. C'est surtout l'eau potable qui nous préoccupe aujourd'hui, car ça devient une vraie priorité pour les communes."

Teva Rohfritsch, lui, assurait que le financement du service oncologie du Taaone et la promesse de trois nouveaux spécialistes allait être honorée. Est-ce que vous savez dans quels délais ?
"Pour l'investissement, les crédits disponibles sont aujourd'hui entre les mains du haut-commissaire (...) Je pense que les chantiers pourront être lancés d'ici la fin de l'année. De ce côté-là, on est effectivement parés. Pour ce qui concerne les oncologues, nous devons préalablement remettre à jour la convention qui lie le ministère de la Santé avec le CHU de Bordeaux qui doit nous envoyer les personnes concernées (...) Mais je pense que la mobilisation se fera avant la fin de l'année. Ce programme fonctionne bien et la ministre de la Santé en métropole nous a confirmé son souci pour que les engagements de l'État soient tenus."

Vous avez également rencontré le secrétaire d'État chargé de la transition écologique Sébastien Lecornu  qui devrait se rendre en Polynésie le 12 septembre prochain. Avec lui, vous avez parlé notamment des conséquences environnementales des essais nucléaires. Quel est son avis sur le sujet ?
"C'est un peu les raisons pour lesquelles il veut venir en Polynésie française. Pour la partie environnementale, nous en parlerons lors de sa venue. Je veux particulièrement faire le point avec lui sur la situation de Hao. 
Mais ce qui me préoccupe le plus c'est la transition énergétique parce que là aussi l'État dispose de moyens et pourrait nous accompagner dans le développement de ce plan. Je vous rappelle qu'on vise à très court terme les 50% d'énergie renouvelable. Je voudrais lui présenter les projets que le gouvernement a mis en place. Je voudrais aussi lui parler de l'assainissement, le problème environnemental posé par l'assainissement qui manque dans nos grandes communes.(...) Nous allons essayer de faire en sorte qu'il soit sensible aux problèmes en Polynésie et surtout au coût que doivent supporter les populations pour aboutir enfin à un vrai assainissement comme il y en a à Bora Bora."


> Le président du Pays est également revenu sur l'actualité locale. 

Autre sujet. C'est l'annulation à la présidence du COPF de Tauhiti Nena par la justice. Le Pays est en conflit avec le COPF qui refuse de changer ses statuts comme vous le lui avez demandé. Quelle est votre réaction à cette décision ? 
"Je suis aussi désolé que tous ceux qui sont aujourd'hui mêlés à ces imbroglios entre le Pays, le COPF... Je n'ai qu'un seul message : je crois qu'il faut aujourd'hui qu'on se mette en conformité avec les textes. C'est la première phase. Il y a une autre phase qui doit arriver, sur le statut du COPF lui-même. Je crois que pour la quiétude de nos sportifs, il faut que le COPF aujourd'hui adopte les règles qui ont été adoptées par le Conseil des ministres. Il faut se mettre en conformité."

Est-ce qu'on peut parler de combat politique ?
"Non, je n'ai pas de combat politique avec Tauhiti ni avec le monde sportif. Je les respecte beaucoup. Ce sont des gens qui à un moment donné représentent le Pays. Notre seul voeu c'est que ce comité olympique joue son rôle dans les rencontres. Il y a le Vanuatu qui doit arriver bientôt. Il faut préparer les Jeux qui vont suivre... Ce que nous voulons c'est gagner dans les compétitions. Il faut que sur le plan administratif, on se mette en conformité. Je crois que les choses iront mieux."

> Jeudi Edouard Fritch s'apprêtait à repartir, cette fois pour les Samoa où doit se tenir le 48e Forum des îles du Pacifique. C'est la première fois que la Polynésie y participe en tant que membre à part entière. 

Vous décollez pour les Samoa où se déroulera le 48e Forum des îles du Pacifique. Pour la première fois, la Polynésie y sera en tant que membre à part entière. Qu'attendez-vous exactement de ce sommet ?
"J'y vais en fait pour deux réunions. Il y a une première réunion qui est celle des Polynésiens, le fameux PLG qui était venu ici pour la COP21. Nous devons nous réunir, car il y a des sujets importants : le câble trans-pacifique que nous allons mettre en place avec les Cook, Niue et Samoa. Nous allons parler de la desserte régionale puisque c'est un besoin fort aujourd'hui pour le développement du tourisme. Et puis l'intégration de Wallis-et-Futuna dans ce groupe des Polynésiens. 
Dans un second temps, c'est le Forum. C'est un peu la grande cérémonie, la grande messe durant laquelle nous serons acceptés comme membres à part entière avec la Nouvelle-Calédonie. S'en suivra la réunion des chefs de gouvernement vendredi la semaine prochaine. Là le gros sujet sera surtout notre océan : comment faire pour protéger notre océan, comment faire pour avoir une gouvernance commune que les visions de chaque pays du Pacifique convergent à un moment donné et que les objectifs soient les mêmes. C'est un sujet lourd puisque vous savez que la COP23 va se tenir en Allemagne au mois d'octobre prochain. Et nous tentons de porter une même voix pour ce qui concerne le Pacifique, devant les instances internationales afin qu'au moins, nos sensibilités soient comprises par les autres."
Rédaction web  Propos recueillis par Sophie Guébel







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