SOCIÉTÉ

Vegan, une véritable philosophie de vie


Lundi 16 Janvier 2017 à 15:01 | Lu 7971 fois

​ALIMENTATION - Le seul restaurant végétalien du fenua a fermé ses portes le 30 décembre dernier. Pour autant, le veganisme ou végétalisme intégral prend de l'ampleur au fenua. Plus qu'un phénomène de mode, c'est une véritable philosophie à laquelle de nombreux Polynésiens adhèrent.


Source : instagram Vegan Tahiti
Source : instagram Vegan Tahiti
"Une personne vegan ne consomme aucun produit issu d’animaux. Donc aucune viande, poisson, oeuf et produits laitiers. Le véganisme est aussi un mode de vie qui consiste tout simplement à protéger les droits des animaux et leur place sur terre. Le dévouement pour cette cause dépend de chaque personne. Nous pouvons choisir de ne pas acheter de fourrure, de cuir ou de produits cosmétiques testés sur les animaux", explique Hereiti Seaman qui partage ses recettes sur la toile.

"Cette cause défend le respect de l'environnement et du développement durable. L'élevage et l'industrie sont directement liés à la pollution et la surconsommation de nos ressources naturelles. L'élevage est un des postes de l'industrie qui consomme le plus d’eau, d’espace et de matières premières végétales. Cet état d’esprit est déjà bien développé à l’étranger, et ne commence tout juste qu’à susciter la curiosité des Polynésiens", estime la jeune femme.

Les publications de Hereiti commencent à devenir populaires. La jeune femme qui vit aux Marquises cultive ses propres fruits et légumes et partage ses recettes en photo et vidéo sur Facebook et instagram.

Hereiti Seaman créatrice de la page Vegan Tahiti
Hereiti Seaman créatrice de la page Vegan Tahiti
Devenir vegan est souvent un long processus. Pour Hereiti, cela s'est fait petit à petit. Elle est d'abord devenue végétarienne (plus de viande, volaille, poissons, fruits de mer...), à l'âge de 15 ans. "Je vivais à Hawaii et je me posais déjà d’innombrables questions sur le rôle de l’être humain sur la terre, je ne comprenais pas pourquoi il y avait tant de tristesse, d’inégalité homme/femme et d’abus envers les animaux. La découverte de ce mode de vie a été un déclic, je me suis retrouvée dans cette cause et suis devenue végétarienne progressivement, mais assez rapidement", raconte-t-elle. C'est finalement sept ans plus tard, qu'elle est devenue vegan.

Tevaiarii Frébault quant à elle, proposait jusqu'à il y a peu un service de traiteur vegan sur Tahiti. Pour elle, la réflexion sur son alimentation a aussi démarré à l'âge de 15 ans. "Un homme me disait donner de la viande rouge à son chien pour le rendre plus agressif. Alors j’ai pensé que ça devait avoir le même impact sur nous, les êtres humains et j’ai observé mon comportement lorsque j’arrêtais la viande plusieurs jours et j’avais remarqué que j’étais plus calme", confie-t-elle.

Mais c'est devenue maman qu'elle a eu un vrai déclic. À Noël, elle sert du canard. Mais sa fille de trois ans refuse de manger. "Elle s’inquiétait pour les animaux. J’ai trouvé ça tellement beau, tellement innocent, tellement plein d’amour. Ça m’a servi de levier. Pour ma fille j’ai décidé de le faire."

Décider, c'est déjà un premier pas. Mais changer son alimentation, cela peut être difficile. Pour Hereiti, "à chaque personne son rythme, ses découvertes, et son degré d'implication. Je dirais que le plus difficile dans ce changement d’alimentation c’est le côté social (surtout à Tahiti). Manger dehors avec des amis devient un peu plus compliqué, mais on apprend vite les petites astuces et on n’hésite pas à chambouler les habitudes des cuistots" 

Hereiti a la chance de pouvoir cultiver ses propres légumes. Et de prendre le temps de réaliser des recettes bien à elle. "Ma mère m’a toujours incité à planter mes propres légumes, mais j’ai souvent pensé ne pas avoir la main verte et ne pas avoir assez de temps pour m’en occuper. Cette vision des choses a bien changé depuis que je réside à Hiva oa aux Marquises. Le fait justement de prendre le temps d’apprendre à cultiver ses propres légumes de manière naturelle c’est important et une fois le fruit de son travail récolté c’est tellement satisfaisant."

À Tahiti, Tevaiarii Frébault vendait des plats vegan. Elle continue à partager ses conseils sur Facebook. Aux Marquises, Hereiti se concentre sur la toile. Elle utilise Facebook et Instagram pour diffuser ses recettes. "J'ai créé Vegan Tahiti dans le but, non pas de "convertir"  les gens au véganisme, mais juste pour leur montrer que manger vegan est aussi savoureux, frais et sain ! J’ai découvert énormément de nouvelles saveurs, textures et odeurs que je ne connaissais pas. Je partage mes recettes pour inciter les gens à avoir une alimentation équilibrée, variée et pourquoi pas se donner un jour dans la semaine sans consommer de produits animaux."

Et il est vrai que ses photos donnent plutôt faim...

La jeune femme ne semble pas en manque d'idées. "Etant passionnée de cuisine depuis petite, je regarde depuis toujours les émissions de cuisine à la télévision. Mon inspiration vient donc de là, et des voyages que j’ai eu la chance de faire en Australie et à Hawaii. Telle une grande gourmande, j’ai toujours goûté à tout et c’est ce qui me permet d’associer aisément les saveurs. Ce que je vois, je le reproduis "à ma sauce" et j'en fais profiter ma famille".

Hereiti ne pense pas se lancer un jour dans un projet de traiteur ou de restaurant. Mais l'idée d'un livre de recettes à base de produits locaux pourrait prendre forme...  
 
Manon Kemounbaye Della-Maggiora







SOCIÉTÉ | TAHITI VA'A 2017 | VA'A PORTRAITS | FenuaHeroes | FAITS DIVERS | POLITIQUE | SPORT | CULTURE | BUZZ | MONDE | Pharmacies et Médecins de Garde | L'IMAGE DE LA SEMAINE | EMISSION WEB | HawaikiNuiVaa2017