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Une TV met les informations à nu pour augmenter l'audience


Dimanche 28 Février 2016 à 08:19 | Lu 3166 fois

ALBANIE - Des bulletins d'informations présentés par de jolies filles au buste nu sous une veste largement ouverte qui dissimule à peine leur poitrine, le plus souvent généreuse: c'est la nouveauté lancée en Albanie par une chaîne de télévision privée en quête d'audience.


Greta Hoxhaj (Crédit : STRINGER / AFP)
Greta Hoxhaj (Crédit : STRINGER / AFP)
Face à une concurrence féroce, le propriétaire de Zjarr TV, Ismet Drishti, a décidé de mettre l'information à nu, affirmant vouloir ainsi la rendre plus proche de la vérité. "En Albanie, où les nouvelles sont manipulées par les pouvoirs politiques, l'audience avait besoin d'un média qui présenterait les information telles quelles, à nu", explique M. Drishti, un ancien metteur en scène et journaliste.

De fait, ces bulletins dénudés diffusés par câble et par internet ont pour conséquence une audience qui "ne cesse d'augmenter", assure-t-il.
"Nous ne vendons pas du sexe, nous reproduisons l'actualité pour ce qu'elle est, c'est à la fois symbolique mais c'est aussi une bonne publicité", estime M. Drishti.

Il projette d'ailleurs d'élargir prochainement le modèle de ses "informations nues" à des éditions en anglais et en français.
Pour la présentatrice Greta Hoxhaj, 24 ans, travailler en petite tenue représentait un véritable raccourci vers la gloire.
"J'ai travaillé dur pendant cinq ans dans une télévision locale où je suis restée inaperçue", explique cette étudiante en droit et en psychologie.

Aujourd'hui, Greta Hoxhaj présente des éditions informatives sur Zjarr TV en tenue légère et ne "regrette rien". "En l'espace de trois mois, je suis devenue une vedette", souligne cette jeune femme gaie et décontractée.

Elle dit examiner actuellement une offre d’emploi venant de Sydney où elle serait appelée à faire le même travail pour une chaîne australienne.
Chaque soir à 19H30, nue sous une veste savamment ouverte, de préférence de couleur rose, Greta, sérieuse et appliquée, présente les informations comme si de rien n'était.

Elle s'empresse de préciser que dans la vie de tous les jours, elle s'habille comme toutes les jeunes filles de sa génération. Le dénudé, "ce n'est que pour la télévision, pour les infos", affirme-t-elle.

Greta a succédé à ce poste à une étudiante de 21 ans, Enki Braçaj, à laquelle sa poitrine plantureuse a apporté une célébrité virale dans les Balkans, en dehors même des régions où l'on parle albanais.
Officiellement, Enki est parti car elle était mécontente de son salaire, mais selon ses collègues, elle a réussi à décrocher un poste de modèle dans une revue de mode.

Greta, qui rêve de "faire carrière dans le monde des médias et de la publicité", ne se soucie guère des commentaires négatifs que son engagement professionnel a provoqués, principalement sur les réseaux sociaux, en Albanie.
Ce pays d'environ 3 millions d'habitants, majoritairement musulmans, est en effet une société patriarcale et traditionaliste. Les critiques ont fusé.

"C'est pitoyable d'avoir accepté une chose pareille juste pour être à l'écran", fustige un internaute à l'adresse de la jeune présentatrice. Un autre se permet des commentaires inappropriés sur la taille de ses seins. "C'est scandaleux ce que l'on fait pour augmenter l'audience", constate un troisième, avant de conclure qu'il s'agit d'un acte "sexiste répugnant".

"Ces réactions ne me touchent pas (...) j'ai eu le courage de faire ce que je fais et je suis désormais une star", répond Greta à ses détracteurs.
Étonnamment peut-être, le phénomène n'a pas suscité de réactions des groupes féministes. Et bien peu de la part des journalistes.
"La nudité ne peut résoudre la crise des médias qui, pour survivre, sont en train de servir n'importe quoi au public", a déclaré Aleksandër Cipa, président de l'Union des journalistes albanais.

Ariol Dedaj, 22 ans, étudiant en journalisme à l'Université de Tirana, déplore que "tout le monde parle des seins et pas un mot sur les informations transmises..."
Analyste spécialisé dans les médias, Leonard Olli, lui, ne jette la pierre à personne: "il existe une diversité de choix et chacun est libre de changer de chaîne".
AFP








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