SOCIÉTÉ

Tetiaroa peut-elle devenir victime de sa beauté ?


Samedi 7 Juin 2014 à 09:00 | Lu 390 fois

ENVIRONNEMENT. La loi prévoit que seul l'accès au lagon est autorisé car il dépend du domaine public.


L'atoll qui appartient aux héritiers de Marlon Brando attire de plus en plus les visiteurs. La société TBSA en charge de l’hôtel The Brando et la succession Brando tiennent à rappeler que l'atoll est privé.
L'atoll a maintenant des vigiles. Ils ont pour mission de surveiller et informer les excursionnistes de passage sur ces plages paradisiaques. Des panneaux de signalisation ont été installés et une lettre de rappel a été envoyé par l'avocat de la succession Brando aux différentes sociétés de charters. Le courrier précise " que de nombreuses atteintes étaient portées par des excursionnistes peu respectueux de l'environnement" et qu'il " est interdit de porter atteinte à la propriété privée".
La loi prévoit que seul l'accès au lagon est autorisé car il dépend du domaine public. La limite naturelle étant à la marée la plus haute, comme le rappelle Me Vasanti, avocate de la société Frangipani, propriétaire de Tetiaroa.
Comme le souhaitait Marlon Brando, ses héritiers et la Société TBSA en charge de l’hôtel au nom de l'acteur tiennent à préserver l'atoll. On y trouve néanmoins des déchets, y compris au cœur de la végétation d'un des motu (îlot).
Pour le représentant de la société Laurent Darcy, l'enjeu est aussi de trouver un juste équilibre entre intérêt économique et préservation de l'environnement.
Tetiaroa accueille de nombreux utilisateurs : une société hôtelière, des pêcheurs, des excursionnistes ou encore des plaisanciers. L'augmentation de l'activité humaine menace l'équilibre écologique fragile de ce lagon fermé. La Tetiaroa Society, une entité scientifique avec son laboratoire équipé, surveille de près l'évolution de cet écosystème.
Afin de préserver les ressources , une réglementation rigoureuse de la pêche dans le lagon de Tetiaroa est en cours. La prise de conscience doit être globale. Tetiaroa est aussi un nid douillet pour de nombreuses espèces d'oiseaux marins. Et là aussi les pas de l'homme sont une menace. L'affluence des curieux entraîne la fuite des oiseaux et perturbe leur reproduction. La mise en de distances d'observation et le respect de règles d'éco tourisme pourraient  permettre de préserver l'attol tout en le faisant découvrir.

On trouve sur place une centaine d'essences endémiques, ainsi que des frégates, nodis, sternes blanches, raies et requins, cétacés (les baleines à bosse passent entre juillet et fin novembre), corail ou tortues vertes. Ces dernières sont déjà l'objet de savantes observations menées par le docteur Cécile Gaspar, spécialiste passionnée par leur migration de 4 500 km qui les conduit jusqu'aux Fidji avant qu'elles reviennent à Tetiaroa pour la ponte (octobre à mars). Cécile Gaspar proposera aux hôtes du Brando d'accompagner les chercheurs pour partager leurs découvertes. Elle fera aussi venir des enfants des écoles de Tahiti pour les sensibiliser à la fragilité et à la richesse des atoll.
L'héritage Brando ne devrait donc pas être galvaudé. Reste à savoir comment le fonctionnement d'un hôtel 5 étoiles (avec majordome pour chaque villa, un spa avec thalasso-thérapie haut de gamme, une cuisine confiée au chef étoilé français Guy Martin, une cave précieuse, etc.) et les exigences des clients pourront s’accommoder de la préservation d'un atoll exceptionnel.







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