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Surveillants blessés à la maison d'arrêt d'Osny: le parquet antiterroriste se saisit de l'enquête


Lundi 5 Septembre 2016 à 11:39 | Lu 2072 fois

FRANCE - Le parquet antiterroriste de Paris s'est saisi de l'enquête sur l'agression dimanche de deux surveillants pénitentiaires par un détenu placé dans l'unité de prévention de la radicalisation de la maison d'arrêt du Val-d'Oise, a-t-on appris lundi de source judiciaire.


Crédit photo : Google Map
Crédit photo : Google Map
L'enquête de flagrance est ouverte pour "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste". Le détenu avait été condamné en 2016 dans une affaire d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, selon la source judiciaire.
 
La section antiterroriste s'est saisi de l'affaire notamment sur la base de propos du détenu tenus lors de sa garde à vue, a précisé une source proche de l'enquête. 
 
Selon le délégué régional FO Jérôme Nobécourt, le détenu "arrivé depuis environ trois mois dans l'unité" et qui ne posait "pas de problème particulier", a reconnu devant les policiers avoir prémédité son acte.
 
Les faits ont eu lieu dimanche après-midi au moment du départ en promenade. "Le détenu a agressé avec une arme artisanale le surveillant venu le chercher", avait indiqué la Chancellerie dans un communiqué dimanche soir. Un collègue venu à son secours a lui aussi été blessé au bras.
 
Les deux agents étaient parvenus à s'enfuir et le détenu avait été "rapidement maîtrisé". Conduits à l'hôpital, les deux surveillants sont hors de danger. Le surveillant le plus grièvement blessé a eu le "cou traversé de part en part par une espèce de poinçon de 15 cm", selon M. Nobécourt. 
 
Juste avant l'agression, le surveillant remarque que le détenu sort de sa cellule avec une serviette paraissant dissimuler un objet, a raconté M. Nobécourt à l'AFP. Il lui demande de ramener la serviette dans sa cellule et, alors que le détenu fait semblant d'obéir, il reçoit un premier coup au thorax. Alors que l'agent prend la fuite, le détenu le poursuit et le frappe "par derrière, dans le cou", a ajouté M. Nobécourt.
 
Une équipe régionale d'intervention et de sécurité (ERIS) est appelée. Dans l'intervalle, le détenu "dessine un cœur sur une fenêtre avec le sang des collègue et fait sa prière", d'après M. Nobécourt. Puis il "fonce" en direction des renforts, "arme à la main et souriant", avant d'être maîtrisé d'une balle de caoutchouc.
 
Le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, qui s'est entretenu avec les deux blessés, a salué "le sang-froid et le professionnalisme des surveillants et de l'ensemble du personnel de l'administration pénitentiaire".
 
Critique envers les Unités de prévention de la radicalisation (UPRAD), le syndicat pénitentiaire UFAP-Unsa Justice a demandé lundi "l'arrêt immédiat de cette hérésie" et "la mise en place de structures adaptées et sécurisées". "Finalement, ce que l'UFAP-Unsa Justice redoutait tant depuis la mise en œuvre des unités dédiées est arrivé", a regretté le syndicat.
 
Le député-maire (LR) de Pontoise, Philippe Houillon, qui avait visité l'unité le 23 août, estime qu'il est "trop tôt" pour évaluer le dispositif. "Vous pouvez avoir des gens qui donnent l'impression d'être accessibles à la déradicalisation mais qui en fait simulent", a-t-il relevé auprès de l'AFP. L'unité de prévention de radicalisation de la maison d'arrêt d'Osny, accueillait 18 détenus avant l'agression, tous en cellule individuelle.
 
Il existe en France cinq quartiers dédiés au regroupement d'islamistes en prison. Ces unités de prévention de la radicalisation sont répartis dans quatre établissements pénitentiaires : Fresnes (Val-de-Marne), Lille-Annoeullin (Nord), Osny (Val-d'Oise) et Fleury-Mérogis (Essonne).
 
AFP







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