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Séisme: les trois premiers jours cruciaux pour retrouver des survivants


Jeudi 21 Septembre 2017 à 08:26 | Lu 484 fois

Mexique - Après un séisme comme celui ayant frappé mardi le Mexique, de nombreuses vies peuvent être sauvées mais à condition d'agir vite, dans les 48 heures. Après 72 heures, les chances de survie diminuent beaucoup, explique un médecin spécialiste des catastrophes. Au moins 248 personnes ont péri et parmi les victimes figurent au moins 21 enfants, morts dans l'effondrement de leur école dans la capitale.


Séisme: les trois premiers jours cruciaux pour retrouver des survivants
Pour autant, rappelle à l'AFP le Dr Henri Julien, président de la Société française de médecine de catastrophe (SFMC), il existe toujours des cas de personnes retrouvées vivantes plus longtemps après, cas souvent qualifiés de "miraculeux".

Il cite le cas, à Agadir dévastée par un séisme en 1960, d'un épicier coincé sous son comptoir, qui disposait d'eau et de nourritures et qui a pu en sortir trois semaines après.

Il y a aussi celui d'une dizaine de nouveau-nés sortis vivants des décombres d'une maternité, dont les derniers le 28 septembre 1985, le 9e jour après le tremblement de terre ayant frappé Mexico, ajoute ce médecin, qui faisait partie des secours cette année-là au Mexique. 

D'autres sources évoquent le cas d'une femme, au Cachemire (Pakistan) en 2005, qui aurait été extraite des décombres de sa maison deux mois après un séisme et qui aurait survécu en s'abreuvant du ruissellement de l'eau de pluie et en mangeant ce qu'elle avait sous la main.

Le problème est donc de savoir à quel moment arrêter les recherches, à cause de ces cas de survie déjà observés, remarque le Dr Julien.

Car on ne dispose pas d'études bien solides sur les possibilités réelles de survie, estime-t-il. Cela supposerait de rechercher la date de décès des victimes avec des autopsies, ce qui n'est pas fait vu les circonstance, relève-t-il.

Avec les effondrements des immeubles, les secours sont confrontés aux "emmurés"  et aux "incarcérés". Les "emmurés", prisonniers dans un recoin ou sous une cage d'escalier, peuvent se manifester en criant ou en tapant sur un tuyau qui conduit le son. 

Les "incarcérés", coincés sous des plaques de béton ou des piliers, souffrent d'une pression énorme sur les muscles. Ce syndrome d'écrasement ou "crush syndrome", pathologie typique des tremblements de terre, peut être aggravé pas des plaies, des fractures.

Lors du dégagement, le danger vient d'une libération dans le sang des toxines accumulés par les muscles, privés d'oxygène sous l'effet d'une compression prolongée. Ces toxines vont bloquer le fonctionnement des reins, entraînant une insuffisance rénale, avec un risque d'évolution mortelle.

Autant que possible, des traitements préventifs avec perfusion intra-veineuse sont administrés au blessé avant de le dégager, pour réduire ce danger.

Les possibilités de dialyse ne sont pas toujours suffisantes dans les pays touchés, vu le grand nombre de blessés, en plus des besoins habituels pour les malades insuffisants rénaux. Toutefois, des hôpitaux sous tente ou en conteneurs équipés avec des appareils de dialyse peuvent être envoyés sur place.

Mais les tremblements de terre causent également des traumatismes psychologiques importants. Le cas de ce médecin de l'hôpital central de Mexico retrouvé en 1985 trois jours après le séisme et qui refusait de sortir donne une idée du choc subi, relate le Dr Julien.
 
AFP






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